Pénurie du personnel de soutien scolaire

Partout, on parle de la pénurie des enseignantes et enseignants. Une situation extrêmement préoccupante. Et si nous en sommes là, c’est que les différents gouvernements qui se sont succédé ont laissé la situation dégénérer. Ils ont fait de même avec celle du personnel de soutien scolaire. Et c’est maintenant que la pénurie nous frappe. Solide.

Mais de qui parle-t-on ici ?

Le chauffeur d’autobus qui conduit nos enfants à l’école tous les matins fait partie du personnel de soutien scolaire. L’éducatrice du service de garde qui console nos petits en notre absence en fait partie aussi. Tout comme la secrétaire d’école qui répond à nos questions de parents et le concierge qui s’assure de procurer un environnement sain à tous les élèves. Le personnel de soutien scolaire, c’est 81 classes d’emplois essentielles au bon fonctionnement des différents milieux de l’éducation.

Cependant, alors que les besoins sont de plus en plus grands, nous sommes de moins en moins nombreuses et nombreux à vouloir occuper ces postes traditionnellement moins « valorisés » du milieu de l’éducation. 

Mais soyons honnêtes. Que serait la vie des parents sans service de garde ? Et celle des enfants à besoin particulier sans TES pour les accompagner ? De quoi auraient l’air les bâtiments s’il n’y avait pas d’ouvriers pour les entretenir ? Autant d’exemples qui illustrent une supposition qui pourrait bien devenir réalité.

Faire d’une pierre deux coups

Pour régler la pénurie actuelle, le gouvernement Legault doit offrir des conditions de travail décentes et des salaires compétitifs au personnel de soutien scolaire. 

Prenons cet exemple très simple : actuellement, 70 % du personnel de soutien scolaire occupe un emploi précaire, malgré le contexte de pénurie de main-d’œuvre. Pour attirer plus d’employées et employés, il est essentiel de corriger cette situation en leur offrant des emplois stables et un nombre d’heures hebdomadaire fixe.

Pourquoi ne pas permettre au personnel de soutien de surveiller les récréations, par exemple ? En plus de leur offrir quelques heures de travail supplémentaires par semaine, les enseignantes et enseignants auraient le loisir de pouvoir souffler un peu entre deux périodes de classe. 

Résultat : du personnel de soutien scolaire qui travaille plus et des enseignantes et enseignants moins à bout de souffle. Tout cela dans l’intérêt des élèves.

Des solutions comme celles-ci, nous en avons proposées plusieurs au ministre de l’Éducation. Mais, celui-ci semble faire la sourde oreille. Je m’adresse donc au premier ministre lui-même. En cette période de négociation, cessez de dire que les syndicats sont des groupes de pression. Nous ne le sommes pas tous. La Fédération du personnel de soutien scolaire est un groupe de solutions. Demandez à votre ministre, il vous le confirmera. Et demandez-lui, par la même occasion, pourquoi il s’obstine à ignorer nos propositions qui amélioreraient grandement la situation actuelle… et ce, à peu de coûts.

Parce que l’éducation, c’est aussi NOUS !


Éric Pronovost

Président de la FPSS-CSQ (et technicien en service de garde)