Quel beau cas que celui de cette fausse infirmière au Saguenay-Lac-Saint-Jean qui a consacré vingt ans de sa vie à soigner des malades et ça sans jamais faire de fautes professionnelles !

Pas les bons papiers

Quel beau cas que celui de cette fausse infirmière au Saguenay-Lac-Saint-Jean qui a consacré vingt ans de sa vie à soigner des malades et ça sans jamais faire de fautes professionnelles! Aujourd’hui, on la condamne en l’accusant presque de criminelle et on la congédie manu militari sans plus d’analyse, tout cela pour un diplôme qu’elle n’avait pas.

On doit peut-être voir là les failles de notre système d’éducation et également l’emprise et le contrôle des fonctionnaires, des syndicats et des ordres professionnels sur les travailleurs de notre société. Ces derniers rembourseront-ils cette dame pour toutes les cotisations qu’elle leur a versées ?

Moi, j’ai un frère qui a toujours travaillé en mécanique automobile, il pouvait démonter un moteur en petits morceaux et le remonter sans problèmes, un autre frère qui, lui, a été chef cuisinier et ni l’un ni l’autre n’ont suivi de cours, encore moins des diplômes. Suis-je plus utile et compétent dans mon domaine vis-à-vis la société parce que j’ai des beaux diplômes universitaires ? En passant, je ne les ai jamais fait encadrer comme beaucoup de professionnels de la santé.

Très jeune, j’ai eu des institutrices que l’on appelait dans le temps des maîtresses d’école qui avec la formation qu’elles avaient à cette époque ne seraient probablement pas aptes à enseigner aujourd’hui. Comme j’ai enseigné toute ma carrière au Cégep, on est parfois à même de déceler chez certains étudiants et étudiantes des aptitudes et des capacités hors de l’ordinaire qu’aucun diplôme ne peut donner.

Finalement, que fera-t-on de cette fraudeuse, la poursuivre, la détruire — ça c’est déjà fait —, la ruiner et même l’emprisonner et pour quelles raisons ? On connaît déjà le plaidoyer et probablement la sentence sera que vous êtes coupable, Madame, de vous être dévouée auprès de gens qui ont reconnu tacitement vos bons soins, car ils ne se sont jamais plaints. Vous n’aviez pas le papier requis pour exercer cette profession tout comme ces nombreux immigrants qui n’ont pas les « bons » papiers pour travailler ici au Québec dans leur domaine.

Yvon Lavoie - Granby