#MoiAussi, un an après !

Il y a un an, presque jour pour jour, les réseaux sociaux s’enflammaient étant donné que des milliers de femmes utilisaient ces plateformes pour témoigner de leur vécu d’agression sexuelle.

Le 15 octobre 2017, lors du retentissement de l’affaire Weinstein, l’actrice Alyssa Milano invitait les survivantes à joindre « #MeToo » (#MoiAussi) à leur témoignage afin de susciter une vague de solidarité et pour réveiller la conscience collective quant à la problématique des violences sexuelles. Cette initiative était en fait une reprise du mouvement de la militante afro-américaine Tarana Burke qui, en 2007, avait créé son organisation afin de venir en aide aux survivantes. S’identifiant elle-même comme telle, elle invitait les femmes à reprendre leur pouvoir en se recevant mutuellement dans leur vécu, d’où lui est venue l’idée d’appeler cette chaîne d’entraide «Me too».

Au mois d’octobre 2017, le Québec a été lui-même touché par le mouvement comme plusieurs victimes se sont mobilisées afin de faire un recours collectif contre Gilbert Rozon et Éric Salvail. Le mot-clic #MoiAussi a eu le même effet que le témoignage de Nathalie Simard 12 ans plus tôt : des dévoilements et un sentiment de collectivité. Malgré une plus grande prise de parole publique, de nombreuses victimes qui s’ouvrent en ligne quant à leur vécu sont encore sujettes aux jugements de la population, particulièrement sur les réseaux sociaux qui octroient un caractère anonyme aux détracteurs. Il y a deux ans, Nathalie Simard reprenait la parole publiquement : « Les victimes se retrouvent toujours dans une certaine prison à cause des commentaires irrespectueux. » Bien que certaines personnes s’indignent grâce au mouvement, les survivantes ne sont tout de même pas à l’abri des commentaires haineux. En France, selon le Haut Conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes (2018), 73 % des femmes mentionnent avoir été victimes de violences motivées par le sexisme et la domination masculine au moins une fois sur les réseaux sociaux. Pour contrer ces violences, un travail de déconstruction de mythes et de préjugés sur les agressions sexuelles doit se faire, pas uniquement par les ressources, mais également par la collaboration de la population.

Il y a quelques semaines, le regroupement québécois des CALACS a lancé le mouvement #ToiAussi. L’objectif de ce mot-clic est de sensibiliser les gens quant à leurs responsabilités et leur rôle à jouer en tant que citoyen face aux violences sexuelles faites aux femmes. Les agressions à caractère sexuel ne concernent pas uniquement les victimes et les ressources spécialisées, c’est l’affaire de tout le monde. Pour enrayer cette problématique, il est primordial de se mobiliser et de ne pas hésiter à se prononcer. Des gestes simples comme signaler un commentaire haineux, mentionner son désaccord quant à un préjugé véhiculé sur les agressions sexuelles et écrire un message d’appui à une survivante de notre réseau font toute la différence.

Le CALACS tient à souligner que même un an après le #MoiAussi, des victimes et leurs proches peuvent en ressentir des secousses et que des besoins d’aide peuvent survenir. Si c’est votre situation, nous sommes là pour vous. CALACS de Granby : (450) 375-3338.

Isabelle Corbin, Intervenante et agente de prévention et de communication du CALACS de Granby