Pascal Bonin, maire de Granby

Message au maire Bonin

LA VOIX DES LECTEURS / Le monde des médias vit une période de grand bouleversement, et notre unicité québécoise n’est pas épargnée. Ce n’est pas une raison pour s’emporter et mettre de l’avant des propositions ridicules, voire nuisibles. Un conglomérat dans le rouge, avec des retraites en déficit actuariel majeur (1), voici ce qu’est Groupe Capitales Médias (GCM). Pourtant notre bon maire de Granby, Pascal Bonin, tout en affirmant que La Voix de l’Est est profitable (sic!), se refuse à impliquer la Ville dans la reprise de La Voix de l’Est (2), voici que moins de 24h plus tard, il s’engage à la sauver coûte que coûte (3).

Un organe comme La Voix de l’Est est primordial dans notre démocratie. Des médias forts et indépendants sont synonymes d’une société libre. Leurs difficultés sont plus que le canari dans la mine. Ils sont les premiers signes d’un âge sombre. Parce qu’en effet, à l’instar du récent travail de Mme Martel à Stukely-Sud, les médias ne sont pas les «haut-parleurs» des politiciens (désolé M. le maire), mais bien leurs premiers analystes qualitatifs, positifs ou négatifs.

Mais à cette étape-ci, alors que les états financiers vous sont inconnus et qu’une commission parlementaire se met en branle à Québec, il est irresponsable et opportuniste de votre part de mettre une telle proposition sur la table.

Un OSBL ne sauvera pas La Voix de l’Est, mais bien une revue en profondeur des paliers supérieurs des modes de financement. Désolé, mais ça se joue à un autre niveau que le vôtre.

Déjà, votre discours a recommencé à changer, en envisageant toutes les difficultés (4). On pourrait s’en réjouir, mais ce n’est pas avec de la frivolité que nous aurons une solution pérenne.

Militez pour le maintien des avis publics dans les journaux. Faites-vous entendre à ce sujet. Ce sera déjà plus productif que d’engager la Ville dans un modèle d’affaire dont le déficit est abyssal.

Francis Lepage

Granby