Aujourd’hui, j’ai envie de m’adresser à tous ceux qui croient que l’amour est seulement possible entre un homme et une femme. Cette croyance vient du « sexe-reproduction », prôné par la religion, qui refusait les rapports sexuels non reproductifs, estime Eveline Dumoulin-Dutil.

Lutter contre l'homophobie et la transphobie

Dans plus de 70 pays du monde, l’homosexualité est criminelle. Dans 12 de ces pays, elle est encore passible de peine de mort. Non, ce n’est pas le cas au Canada, et il faut en être fier. Cependant, est-ce que tous les Canadiens acceptent complètement la différence en ce qui concerne les orientations et identités sexuelles ? Non, et je trouve cela extrêmement désolant.

Dans le contexte d’un sondage mené au Canada en 2015, on dit qu’environ 81 % des répondants ont été témoins ou victimes de « dérapages homophobes dans un contexte sportif », peu importe s’il s’agissait de harcèlement, d’une attaque verbale ou carrément d’une agression physique. Je suis absolument outrée de savoir que ces chiffres sont, encore à ce jour, aussi élevés. Ce 81 % ne vient pas du Nigéria ou encore d’Égypte où ils jugent et emprisonnent des gens seulement soupçonnés d’être homosexuels, il vient des équipes de sport canadiennes. C’est la réalité actuelle des homosexuels du Canada.

Être homophobe ou transphobe ne s’arrête pas au fait d’avoir des propos ou des comportements haineux et/ou violents envers les différentes orientations et genres sexuels. Une personne peut être accusée d’homophobie ou de transphobie dès que le commentaire ou l’action posée rejette ou écarte une personne homosexuelle ou transsexuelle à cause de son genre et/ou de son orientation sexuelle. Dès que le mot « mais » est ajouté après la phrase « Je ne suis pas homophobe ». Dès que des stéréotypes transsexuels et/ou homosexuels du genre « une femme lesbienne doit être masculine et un homme gay, efféminé » sont appliqués, peu importe si la personne l’est ou non. Aussi, croire que quelqu’un qui défend les droits homosexuels et transsexuels a automatiquement une orientation ou identité sexuelle autre qu’hétéro.

Je suis attristée de voir qu’encore aujourd’hui, pour plusieurs Canadiens, c’est une insulte de dire de quelqu’un qu’il est gay, c’est tabou de parler d’homosexualité et de transsexualité aux enfants, c’est un outrage que quelqu’un veuille obtenir un changement de sexe pour arriver à bien se sentir dans sa peau. 

Aujourd’hui, j’ai envie de m’adresser à tous ceux qui croient que l’amour est seulement possible entre un homme et une femme. Cette croyance vient du « sexe-reproduction », prôné par la religion, qui refusait les rapports sexuels non reproductifs. S’il existe toutes sortes de moyens de contraception de nos jours et que les familles sont composées en moyenne de deux enfants par foyer, ce n’est pas pour rien ! Nous sommes dans l’ère du « sexe-plaisir », où faire l’amour est, en général, bien plus récréationnel que procréatif. Aussi, il faut arrêter de croire que quelqu’un qui défend les droits homosexuels et transsexuels a automatiquement une orientation ou identité sexuelle autre qu’hétéro.

On est tous attirés par des gens différents, peu importe notre orientation ou notre genre sexuels. On ne contrôle pas nos sentiments, seulement nos actions. On est tous différents, alors si tu peux accepter la différence d’un, accepte celles de tous les autres. 

Eveline Dumoulin-Dutil

Étudiante au Cegep de Granby-Haute-Yamaska