Le premier ministre désigné du Québec, François Legault

Lettre au premier ministre désigné

COURRIER DES LECTEURS / Je n’ai pas encore assimilé toutes les promesses que vous avez faites au cours de cette campagne, mais il y a en une que je ne peux accepter: celle de la maternelle à quatre ans pour tous. Votre objectif est prétendument de faire de la place dans les CPE, mais où trouverez-vous la place et le personnel dans les écoles pour accueillir ces nouveaux jeunes ?

Mon épouse et moi avons enseigné toute notre vie et nous savons que l’école est un très bon endroit pour instruire et éduquer, mais nous savons également que la famille est le meilleur endroit pour instruire, éduquer et aimer. Vous pouvez vérifier cette affirmation auprès de nos enfants devenus grands ainsi que nos petits-enfants qui eux sont maintenant à l’école.

J’espère que votre approche ne tend pas vers la prise de contrôle de nos enfants par l’État. Certains pays se sont inspirés de cette philosophie et on connaît les résultats. La société n’est pas une machine à produire des enfants qui vont faire fonctionner et alimenter plus tard celle de la consommation. Je me souviens encore de cette époque où Maurice Duplessis, de connivence avec les représentants de l’Église catholique, préconisait cette tendance. Ils exigeaient par la menace d’avoir plusieurs enfants qui malheureusement devaient commencer à travailler dès l’âge de treize ou quatorze ans.

Nous avons eu le bonheur de pouvoir garder nos deux garçons à la maison jusqu’à l’âge d’entrer en première année, même si nous travaillions tous les deux. Dans ce milieu familial, je crois qu’ils ont appris beaucoup de choses, dont les principales grandes valeurs et surtout l’amour et l’amitié. Si je pousse votre promesse, M. Legault, l’État providence prêtera-t-il à l’avenir les enfants à leurs parents une fin de semaine sur deux ? Nous connaissons tous l’origine de votre réussite financière, mais attention Monsieur que vos nouvelles fonctions vous amènent à voler trop haut, car ici-bas, il n’y a pas que l’entrepreneuriat, le commerce et l’argent. 


Yvon Lavoie

Granby