Les miracles de l’intelligence artificielle à la CSVDC

LA VOIX DES LECTEURS / Vous avez peut-être lu l’article sur la prévention du décrochage scolaire paru en page 3 de l’édition du 25 octobre dernier de La Voix de l’Est. On y relate que la commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC) a développé un outil afin de dépister les élèves à risque de décrochage scolaire.

Étant enseignante depuis août 2006 et représentante syndicale du Syndicat de l’enseignement de la Haute- Yamaska (SEHY) depuis août 2013, j’ai été choquée de lire certaines des affirmations du directeur général de la CSVDC.

En entrevue, ce dernier a déclaré avoir « toujours été obsédé par la réussite des élèves et le fait qu’on en perdait en cours de route sans s’être rendu compte qu’ils étaient sur une voie de décrochage ».

Or, il semble que pour le dépistage du décrochage scolaire, comme pour bien d’autres choses, la CSVDC préfère se fier sur des sources externes, ici un outil informatique, plutôt que sur le jugement professionnel des enseignants qui sont pourtant les premiers intervenants auprès des élèves. Pourquoi ?

Est-ce possible que l’opinion d’un enseignant soit moins manipulable que le résultat d’un programme informatique ?

Le SEHY est interpellé quasi presque quotidiennement par des enseignants qui revendiquent de l’aide pour leurs élèves, mais qui ne sont pas entendus par la CSVDC. Des enseignants désespérés de voir des élèves s’enliser sans avoir les moyens de les aider.

Pourquoi est-ce qu’on les ignore ?

L’article nous informe que ce programme permettra de dépister les élèves à risque et de leur « fournir l’aide nécessaire » dès le début du secondaire.

Pourquoi n’est-ce pas possible dès maintenant ?

Pourquoi est-ce que les enseignants qui demandent de l’aide maintenant pour leurs élèves en difficulté maintenant se font répondre, notamment, qu’il n’y a plus d’argent ou que personne n’est disponible ?

Est-ce que le fait de cibler les élèves à l’aide d’ordinateur aura aussi pour effet de faire apparaître des ressources financières et humaines ? Poser la question c’est y répondre !

Va-t-on encore tenter de nous faire croire qu’on fera plus avec moins ?

Je rêve du jour où on cessera de parler de beau projet et qu’on commencera à agir pour régler ces problèmes. C’est à ce moment seulement que nous aurons une chance de réellement nous améliorer et de donner à notre jeunesse les chances de réussite qu’elle mérite.

Sophie Veilleux

Présidente du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska