Lorsque nous allons au resto, ce dont je me souviens le plus est l’accueil souriant de la serveuse qui se rappelle ce que nous commandons fréquemment, qui prend de nos nouvelles, qui nous mentionne avoir été fière de nous servir et dit espérer nous revoir bientôt, affirme Nicole Gagné.

Le pouvoir ignoré… de l’accueil

LA VOIX DES LECTEURS / Après une escapade d’une journée, qui s’est terminée par une pièce de théâtre qui s’est avérée pas aussi drôle qu’espérée, je me suis retrouvée quand même en pleine forme le lendemain, avec de bons souvenirs et alors, je me suis demandé pourquoi. J’ai eu ma réponse très rapidement. Le sentiment positif que je ressentais était dû aux personnes rencontrées, à l’atmosphère et au climat d’accueil qui avaient prévalu tout au long de l’activité.

La personne qui voit à son organisation ne fait pas que régler des technicités, elle et son équipe « prennent soin des gens », voilà toute la différence.

Cela m’a amenée à réfléchir au fait que, lorsque nous allons au resto, ce dont je me souviens le plus est l’accueil souriant de la serveuse qui se rappelle ce que nous commandons fréquemment, qui prend de nos nouvelles, qui nous mentionne avoir été fière de nous servir et dit espérer nous revoir bientôt. Ce sont des détails, mais tellement importants.

Vous allez me dire que cette personne en retire un profit ? C’est normal, elle offre un service et on s’en prévaut, donc nous payons. Mais la différence, c’est qu’elle va au-delà de ce que la simple offre de service requiert.

Cela m’amène à me questionner à savoir pourquoi, dans la société, on ne peut pas offrir la même chose partout et surtout… dans nos différentes associations. Toutes les associations qui ciblent les retraités ont un point en commun, elles disent vouloir briser l’isolement des personnes aînées. Cependant, nous entendons parfois des histoires vécues de ces dernières qui me mettent vraiment mal à l’aise. N’y a-t-il pas une énorme différence entre ce que nous disons et faisons ?

Combien de personnes disent s’être présentées à des activités où on leur a indiqué qu’elles ne devaient pas s’assoir à une telle table parce que celle-ci était réservée à un groupe de personnes, et pourtant, nulle part n’apparaissait une affiche « Réservé » ; naturellement, elles n’y sont plus retournées.

Des gens disent avoir assisté à des cours ou conférences bien spécifiques et on s’aperçoit que la période de temps alloué sert, en grande partie, à certaines personnes pour afficher leur propre savoir, au détriment du contenu dispensé par le professeur ou le conférencier. Dans d’autres cas, l’attention n’est portée qu’à certains participants et non à l’ensemble. Là aussi, on ne s’inscrit pas pour une prochaine activité.

Combien de remarques entendues lors de réunions sur le fait que telle personne a engraissé, a maigri, n’a pas d’allure, ne sait pas s’arranger, vient d’ailleurs, n’a pas de classe, ne viendra pas voler notre mari ou notre femme, etc. Cela ne donne surtout pas le goût de renouveler une telle expérience.

Est-ce qu’il se pourrait que, collectivement, nous ayons oublié un élémentaire savoir-vivre ? Avons-nous perdu, avec les années, le goût de nous intéresser à un autre être humain ? Si on ne se sent pas capable de sourire aux personnes ou de les saluer en leur demandant comment elles vont, essayons au moins de ne rien dire de négatif, ce serait déjà un bon départ.

L’accueil est, selon moi, l’ingrédient essentiel dans les relations humaines. De la même manière que nous accueillons notre conjoint, nos enfants, les membres de notre famille, nos amis, essayons de nous garder une petite dose pour l’utiliser avec les gens que nous rencontrons dans nos activités. Cela pourrait faire toute une belle différence si nous osons aller vers l’autre. En effet, nous pourrions faire de nouvelles et intéressantes rencontres.

Également, ne nous le cachons pas, si nous désirons assurer la pérennité de nos organisations, l’accueil est la denrée de base. Si une entreprise d’affaires l’a compris et réussit très bien, il est grand temps que nous nous mettions à cette agréable tâche… moi la première.

Nicole Gagné - Secrétaire de l’AQDR Granby