Le maire de Granby fait-il vraiment son mea-culpa ?

LA VOIX DES LECTEURS / Dans l’édition du 11 mars de La Voix de l’Est, Pascal Bonin s’excuse d’avoir blessé des gens lors de sa sortie dans les médias le 3 février dernier. Néanmoins, il précise tout de même ceci : « Il y a des choses que j’ai dites et je les maintiens », sans plus d’explications.

J’en conclus donc qu’il est désolé d’avoir blessé des gens par ses propos, mais qu’il maintient ce qu’il a dit, ou du moins, une partie.

En d’autres mots, serait-il désolé de la forme, mais pas du fond ? Je suis perplexe.

Monsieur Bonin, je suis désolée d’apprendre que votre état de santé vous a mené à une dépression. Je salue votre courage pour en parler à cœur ouvert et je vous souhaite un bon retour à la mairie de Granby. Tout le monde a ses hauts et ses bas, ses défis et ses difficultés. Là où j’accroche, c’est de lire que vous critiquez ouvertement et publiquement vos élus en place, qui prennent la barre de leur mieux. Vous dites maintenir certaines choses que vous avez dites sans les spécifier. Si vous ne voulez pas les spécifier, pourquoi prendre le temps de les mentionner ? Pourquoi vous excusez si c’est fait à moitié ?

La journaliste Marie-France Létourneau a rapporté, toujours dans l’édition du 11 mars, que vous avez tenu des propos avec la « photo » que vous aviez à l’époque. Que vous n’auriez pas tenu les mêmes si vous aviez eu l’ensemble des informations. N’est-il pas votre devoir d’aller chercher l’ensemble des informations avant de porter un jugement quelconque ?

M. Bonin, j’ai suivi votre carrière, votre ascension au pouvoir.

Je me souviens du mouton noir. De votre guerre ouverte avec notre précédent maire. J’ai voté pour vous à vos deux précédents mandats. Vous disiez vouloir adopter un ton non condescendant. Vous parliez d’esprit d’équipe, de cohérence, de discussions. Je lis vos sorties dans les médias. Je suis perplexe… Je n’aime pas votre ton. Vous n’avez pas été là pendant plusieurs mois. Des gens ont été là pour vous, pour nous.

Ne méritent-ils pas un peu de considération, de courtoisie ? De reconnaissance ? Ne méritent-ils pas, de votre part, un peu de retenue, un peu de temps pour que vous preniez le temps de vous déposer, de discuter avec eux, un temps d’adaptation avant une quelconque sortie dans les médias ? Un temps pour collecter les informations manquantes, vous faire une meilleure idée du portrait ?

À tous les conseillers et conseillères en place, je vous remercie d’avoir mené le bateau à bon port. Sachez que je me suis sentie en sécurité le temps de la convalescence du maire. Je n’endosse pas et ne pense pas, comme d’autres citoyens et citoyennes, je l’espère, ses propos négatifs à votre égard, dits ou non. J’apprécie votre dévouement, votre professionnalisme, votre respect envers ce qu’il a vécu et le respect que vous avez les uns envers les autres. Vous vous êtes serré les coudes et je n’étais nullement inquiète du sort de la Ville en l’absence de M. Bonin.

Bonne continuité à tous et à toutes !

Lyne Laliberté

Granby