Le dépôt de garantie… une embûche supplémentaire

LA VOIX DES LECTEURS / Madame la Ministre Andrée Laforest, considère la demande des propriétaires d’édifices locatifs, de légaliser « le dépôt de garantie ». Cette mesure, si elle est légalisée, aura un fort impact sur les personnes en situation de pauvreté, à la recherche d’un appartement.

« C’est un enjeu que nous étudions », explique la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, par le biais de son attachée de presse.

Suite à la lecture des différents articles publiés dans La Presse, à la veille du 1er juillet, grand jour de déménagement pour plusieurs Québécois, il est difficile pour le GASP de rester indifférent face à la question du « dépôt de garantie ».

On comprend les propriétaires de logements de vouloir se protéger contre les mauvais payeurs et les locataires négligents.

Mais cette mesure de « dépôt de garantie » risque de nuire grandement à l’accès au logement pour plusieurs. Il faut savoir que les gens vivant sous le seuil de pauvreté sont souvent contraints de dépenser plus de 50 % de leur revenu pour se loger, ce qui ne laisse pas une grosse marge de manœuvre pour les autres dépenses.

Ces gens sont littéralement en situation de survie et peinent à combler leurs besoins de base. Si le « dépôt de garantie » devient légal, ces personnes n’auront pas les moyens de fournir l’avance monétaire réclamée et ne pourront donc pas avoir accès à un logement. Qu’en adviendra-t-il ? Vont-ils aller rejoindre les rangs des sans-abri ? Ce qui irait à l’encontre de la stratégie canadienne de lutte contre l’itinérance : Vers un chez-soi ; qui a pour but de diminuer le taux d’itinérance.

La construction de logements sociaux faciliterait grandement l’accès à un appartement abordable et salubre pour les personnes en situation de vulnérabilité. C’est une solution qui est souhaitée en réponse aux besoins de logements. Sans la construction de nouveaux logements sociaux, il est difficilement envisageable que le « dépôt de garantie » puisse être appliqué sans conséquence pour les plus vulnérables.

Madame la Ministre Andrée Laforest étudie la requête des propriétaires qui réclament une meilleure protection. Elle souhaite s’entretenir avec les associations de propriétaires et de locataires pour connaître l’opinion de tous avant de rendre une décision, ce qui est tout à son honneur. Il est à souhaiter que durant ces consultations, les plus vulnérables ne soient pas oubliés et qu’une solution soit mise en place pour alléger leur fardeau.

Kim Verreault, coordonnatrice du Groupe Action Solutions Pauvreté