Éric Bédard est décédé subitement lundi d'une embolie pulmonaire, à l'âge de 51 ans. Il était président du Syndicat de l'enseignement de la Haute-Yamaska.

La Voix des lecteurs

Adieu, Monsieur le Président

Éric Bédard était un mentor pour moi. Je ne lui ai pas dit, j’aurais dû ; cette bête pudeur à dire ce qu’on ressent…

[lire également «Décès subit d'Éric Bédard»]

Il se battait pour de hauts idéaux, de forts principes, mais luttait dans le réel, sans illusion sur les exigences du concret et les grandeurs et petitesses de l’humain.

Éric en aura pris beaucoup sur ses épaules, pour nous. Il nous offrait son temps, son écoute, sa fougue et prenait sur lui le stress, la fatigue, la surcharge. Qu’il faut être grand pour porter une telle charge sur soi ! Notre besoin était toujours traité avec importance :

— Éric, as-tu le temps ?

— On va le prendre le temps !

Quelle noblesse que de se mettre ainsi au service des autres, de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force.

Je lui demandais encore, à la fin janvier, quelle était la source de son ardeur inépuisable : « La colère, l’indignation face à l’injustice ». La colère, comme un feu qu’il a progressivement dû dompter pour mieux en canaliser l’énergie, doublée d’un amour puissant pour la profession d’enseignant. Et pour ceux qui l’exercent. Pour nous.

Nous avions discuté ensemble de spiritualité, de ce qui donne du sens : « Faire le bien autour de soi. Ici et maintenant, en ce monde ». Ni plus, mais ni moins.

Gardons le souvenir, avec un sourire attendri, de cet homme coloré : son plaisir évident et irrépressible à faire des rappels historiques des dossiers (avec la mémoire de l’année, du mois et du jour des évènements !), sa gestuelle typée (la joviale salutation avec la paume en rotation, la compulsive remontée de ses lunettes avec l’index) et ses expressions pittoresques (« Oh que oui ! », « Comme disait mon grand-père… », « On n’est pas fou à temps plein », « Ceci étant… », « Ils ne m’auront pas », et des meilleures).

Éric, il avait le fond et la manière.

Lors de la dernière assemblée générale à laquelle j’ai assisté, le 26 février dernier, il a eu cet éditorial, dont je cite l’esprit, de mémoire : « Le jour où les enseignants exigeront d’être reconnus à leur pleine valeur, qu’ils seront convaincus de leur pleine valeur, le reste suivra. » Tout est là, dans ce propos qui prend aujourd’hui une allure testamentaire…

L’adage dit que personne n’est irremplaçable, mais certains le sont plus que d’autres. Éric était de ceux-là.

Adieu, Monsieur le professeur, adieu monsieur le Président.

Je te lève mon chapeau bien haut, Éric,

« Nous vaincrons ! », [lire également https://www.lavoixdelest.ca/actualites/deces-subit-deric-bedard-93d6bfaadb1e2d6fe7aa919ec77fed5d

Joel Mailloux, enseignant à JHL

Granby

Éric Bédard

Tu vas nous manquer, Éric

La rigueur, la défense des droits, la dénonciation quand des personnes se sentaient non respectées ou brimées, le don de soi total parfois au détriment du temps accordé à sa famille et à sa vie personnelle.

Il prenait le temps de nous écouter, de nous conseiller, de nous épauler ; il avait de la considération pour les personnes qu’il rencontrait. 

Il est parti beaucoup trop tôt... Il laissera un gros vide au SEHY.

Merci au nom de toutes les personnes que tu as aidées. Tu vas nous manquer !


Claire Bergeron, enseignante en ÉCR à l’école J.-H.-Leclerc

Granby

Elle n’est ni médecin ni infirmière, mais son sourire et son empathie ont été bien souvent, pour plusieurs patients, le seul médicament de la journée qui offrait quelque réconfort.

Bonne retraite Christiane !

Comme tous les matins d’ouvrage, elle s’est levée tôt, a pris sa douche, fait son café et son déjeuner, est allée à sa porte chercher son journal La Voix de l’Est et peut-être est-elle, comme vous, présentement, en train de lire ces lignes.

Tantôt, elle mettra son uniforme et partira à pied vers l’Hôpital de Granby pour commencer sa journée de travail, comme elle le fait depuis plus de 40 ans maintenant. Quarante ans, même travail, même employeur, même hôpital. Elle est une espèce en voie de disparition, pourrait-on dire de nos jours…

Elle arrivera avant l’heure prévue, comme toujours. Le retard n’est jamais une option, même l’hiver, car bien entendu, elle chausse ses crampons… au besoin.

Arrivée à l’hôpital, la course commence et elle s’arrêtera à 17 h 15, 17 h 30, bien que sa journée se termine officiellement à 17 h. Ces 15 ou 30 minutes de travail supplémentaires, elle vous en fait cadeau, à vous, la société, depuis plus de 40 ans, sans regret ni arrière--pensée. Technicienne en diététique, une fonctionnaire comme on dit, tel est son travail. 

Comprenez bien ; une fonctionnaire qui, avec les infirmières, les auxiliaires, les préposées aux bénéficiaires et tous les techniciens en santé, soutiennent le système de santé à bout de bras.

La traduction anglophone du mot fonctionnaire est civil servant soit ; au service de sa communauté. Et c’est bien ce qu’elle fait depuis 40 an : servir sa communauté.

Elle n’est ni médecin ni infirmière, mais son sourire et son empathie ont été bien souvent, pour plusieurs patients, le seul médicament de la journée qui offrait quelque réconfort.

Si vous ou un de vos proches avez été hospitalisés au cours des 40 dernières à Granby, il est plus que probable que vous l’ayez déjà rencontrée dans une chambre de patient en train d’élaborer avec lui ou elle le prochain repas. Afin d’assurer votre confort et votre sécurité, elle et ses collègues supervisent quotidiennement l’assemblage de chaque plateau de nourriture pour chaque patient de l’hôpital. Elle s’occupe de cette tâche minutieusement, jour après jour, mois après mois, année après année.

Ainsi passe la vie, sa vie, depuis 40 ans, à rendre la vie des autres plus agréable au quotidien.

Cette Granbyenne d’adoption a aussi donné à sa ville trois enfants, Marie, Hélène et Gabriel, qui font sa fierté et qui s’appliquent au quotidien, à Granby eux aussi, à rendre ce monde meilleur.

Infirmière à l’Hôpital de Granby, conseillère en communication au Zoo de Granby, enseignant à l’école secondaire J.-H.-Leclerc, ses trois enfants perpétuent son service et son implication dans la collectivité. Voilà sa vraie richesse.

Demain, dimanche, elle se lèvera tôt, prendra sa douche, déjeunera, mettra son uniforme, se rendra à pied à l’hôpital, distribuera à tous son merveilleux sourire et ses bons mots, finira sa journée de travail et quittera l’hôpital vers 17 h 30... le soir de sa retraite.


On t’aime tous, Christiane ! 

Merci pour tout et bonne retraite !


Ton conjoint Michel Bienvenue, ainsi que tes enfants, tes patients et tes collègues.

Granby