La Voix des lecteurs

Le Zoo a remis les pendules à l’heure ?

Le 31 juillet dernier, Karl Fournier du Zoo de Granby, s’est exprimé dans La Voix de l’Est pour apparemment « remettre les pendules à l’heure » à la suite de notre vigile antispéciste du 29 juillet près du Zoo. Avant même de faire un retour sur les arguments émis par M. Fournier, nous voudrions simplement signifier qu’il est faux que le Zoo de Granby nous a invités à visiter ses installations avant notre vigile (voir la déclaration de M. Fournier au Téléjournal Estrie (SRC) 29 juillet 2018). 

Dans l’article du 31 juillet dernier, on prétend réfuter les propos de Jude Arsenault (activiste) concernant l’implication du Zoo (voire des zoos) à protéger les animaux dans leur milieu naturel. Il faut bien comprendre que les propos de Jude représentent une critique du degré (« il [le Zoo] aiderait davantage ») d’implication et non de savoir si le Zoo s’implique ou non. 

Mettre les choses en perspective

Un peu plus loin dans l’article, M. Fournier mentionne les 220 millions d’investissements par l’Association des zoos et des aquariums (dont le Zoo est membre) pour « la protection d’espèces à risque dans le monde en 2017 ». Mais qu’est-ce que ce chiffre signifie ? Dans le rapport 2017 de l’AZA (disponible en ligne), on comprend que ce montant est la somme investie par 208 membres zoos et aquariums. Que ce soit dans ce rapport, ou sur le site de l’AZA, bien difficile de connaître leur budget moyen d’opération. En d’autres mots, comment savoir si 220 millions par 208 membres représentent un montant substantiel si nous ne pouvons pas le mettre en perspective avec ce qui est dépensé par ceux-ci dans leurs attractions et importantes infrastructures pour attirer le plus de visiteurs ? 

Les membres de l’AZA peuvent bien nous parler de centaines de projets avec de nombreux partenaires pour la protection des animaux et de leurs milieux naturels, mais si les dépenses associées sont très faibles par rapport à tout ce qui est dépensé pour maintenir les zoos attrayants et ludiques, on peut raisonnablement conclure que les zoos font beaucoup plus dans le divertissement que pour la protection des animaux. D’autant plus que les zoos nourrissent des millions de gens avec de la viande et des produits animaux, encourageant donc l’industrie de l’élevage pourtant reconnue pour sa destruction environnementale majeure.

Finalement, contrairement à ce qui a été véhiculé dans l’article, nous ne prêtons pas faussement des sentiments aux animaux (projection anthropomorphique). Les animaux dont il est question sont conscients d’un point de vue scientifique et méritent par le fait même une reconnaissance morale et politique : droit à la liberté, à l’intégrité physique et à la vie, par exemple. Nous nous revendiquons de l’antispécisme et souhaitons l’abolition de toute exploitation animale. Le Zoo, et a fortiori les zoos, sont intrinsèquement spécistes parce qu’ils ne respectent pas les droits fondamentaux des animaux dans leurs parcs d’attractions. Conséquemment, il est douteux que cette institution soit dans une bonne position pour juger du soi-disant « bien-être animal ». 

Jean-Christophe Pagé, Actions Antispécistes Sherbrooke

Sherbrooke

IL EST À GRANBY, LE BONHEUR!

Si vous aviez le privilège d’assister au spectacle Carte Blanche de Jean-Luc Hébert et compagnie mardi soir dernier, vous savez pertinemment que plus d’un millier de personnes ont chanté d’une même voix Il est où le bonheur ? de Christophe Maé, lors du rappel de son éblouissant spectacle. Croyez-moi, ils l’avaient déjà trouvé sur place !

Depuis plusieurs années, Jean-Luc Hébert —claviériste et arrangeur bien connu— accompagné des talentueux chanteurs et chanteuses Joanne Buisson, Valérie Plante, Hélène Bienvenue, Marie-Claude Dubeau et Benoît Chabot, de JF Noiseux aux percussions et, cette fois, de Marie-Ève Poupart, brillante violoniste de l’ensemble I Musici (qui sera d’ailleurs en spectacle au Palace cet automne) clôture de façon brillante les spectacles estivaux gratuits sous le chapiteau. On s’attend toujours à de belles surprises de sa part. Justement, cette année, nous avons eu droit à une magistrale interprétation de son fils Julien (12 ans) au clavier avec la pièce Malaguena, en compagnie de Marie-Ève Poupart. Cela leur a valu une bruyante et pertinente ovation debout ! La jeunesse fait preuve de beaucoup de brio, il faut le mentionner, et pas seulement sur scène. Elle est omniprésente, dans notre belle ville !

Évidemment, cela n’enlève rien à la qualité des autres spectacles estivaux. On ne peut que souhaiter, qu’avec le jeune Olivier Chagnon, qui se débrouille fort bien comme présentateur en remplacement de France Arbour dont le départ exigeait de chausser d’énormes souliers, encore plus de ces spectacles de qualité nous soient octroyés dans le futur.

Enfin, ça bouge dans le bon sens à Granby. 

On peut affirmer sans vergogne que notre ville a véritablement pris un « coup de jeune » ces dernières années. Merci à notre maire, au conseil ainsi qu’aux responsables de la culture. Vous avez droit à notre profonde gratitude !

Jeannine Mailloux 

Granby