La Voix des lecteurs

Ah! les élections! Ah! la politique!

Nous sommes presque toujours en périodes électorales… nationales, provinciales, municipales. Ces périodes électorales semblent constamment s’allonger. Et nous revivons chaque fois (ou presque) les mêmes vieilles stratégies de gouvernance, quelles que soient les équipes au pouvoir. 

Nous devons d’abord vivre successivement des périodes de promesses avant les élections, puis d’austérité et, à la fin du mandat, le beau moment des cadeaux. Ça frôle le ridicule, l’imposture. Les promesses, c’est la monnaie qui permet d’acheter des votes. « Si vous votez pour nous, ce sera le paradis ». Après les élections… c’est tout autrement. « Le lendemain des élections, y’avait oublié ton nom », clamait Félix Leclerc.

 On coupe, on coupe, on coupe, accusant le gouvernement précédent d’avoir laissé la caisse vide. Et on dit qu’il faut mettre de l’ordre dans les finances publiques, mais ce qu’on ne dit pas, c’est que cette démarche affectera surtout les plus démunis. 

Ainsi, comme toujours, on creuse l’écart entre riches et pauvres. Puis, vers la fin du mandat, on lance, avec tapage, des projets alléchants.

 En fait, l’on ne remettra aux citoyens qu’une partie de l’argent pris dans leurs poches. On leur présentera cela comme un cadeau d’un bon gouvernement. On jettera une poignée d’argent ici, une autre là. Une subvention à droite, une subvention à gauche. 

Encore là, le bon peuple oublie et entre dans le jeu. Il gobe les bonbons mielleux préélectoraux. « Vous voyez, disent les élus au pouvoir, nous avons eu une bonne administration et pouvons vous en faire profiter » … Et vogue la galère.

Bien sûr, on trouvera le moment le plus favorable à l’augmentation des rémunérations des élus. On parle alors de « rattrapage » en se comparant uniquement à ceux qui gagnent plus que soi. Il arrive aussi qu’on graisse aussi ses petits (ou grands) amis. Que penser des généreuses augmentations de salaires des médecins spécialistes, tellement que certains de ces spécialistes québécois ont manifesté leur malaise ? 

Il en va de même pour les élus municipaux. Nous en avons eu un bel exemple à Granby. Quel beau « rattrapage » ! Les élus savent que les bons citoyens auront quelques années pour calmer leur indignation et… auront oublié.

Malheureusement, on s’habitue aux stratégies gouvernementales, aux demi-vérités et même aux mensonges. On peut lire, sur la murale de l’entrée du Grand Théâtre de Québec, cette phrase lapidaire du poète Claude Péloquin : « Vous n’êtes pas écœurés de mourir, bande de caves ? » Cette parole provocante est certes un appel à refuser le mépris et à nous tenir debout.

En terminant, je m’empresse d’ajouter que tout n’est pas noir. Il y eut et il y a certes encore beaucoup de députés, de maires et de conseillers intègres, passionnés de servir et s’acquittant de leur fonction de façon exemplaire… malgré tout. 

Qu’on pense, par exemple, aux gouvernements de Jean Lesage, de René Lévêque et, chez nous, à de grands maires et d’excellents conseillers. Oui, il ne faut pas oublier que certains gouvernements ont réussi à briser cette façon fourbe et abusive de diriger l’État ou la Ville. 

Pour eux, ce ne fut pas facile de résister aux pressions du système. Courageusement, ils ont su agir, non pour l’argent, non pour leur avenir personnel, non pour faire plaisir au chef (premier ministre ou maire), mais d’abord pour le bien-être de leurs concitoyens.

Émile Roberge

Granby

Agir ici, concrètement, sur le réel défi du plastique

L’Atrium du Carrefour de la Coopération de la Caisse Desjardins expose actuellement des œuvres faites de bouteilles de plastique recyclées, illustrant des poissons et d’autres organismes marins. Ces objets décoratifs ont été réalisés par des jeunes du secondaire et du Centre Jeunesse Emploi, guidés par l’Atelier 19. 

Le but de cette exposition de Pop Art, qui cadre avec le Jour de la Terre du 21 avril, est celui de sensibiliser les clients et visiteurs de la caisse, à la pollution des océans par le plastique. L’objectif est très vaste et concerne toute la planète. Et si on faisait plus que sensibiliser ? Et si on passait à l’action, ici, chez nous, dans notre ville, dans notre MRC, et maintenant, comme le propose le préfet Paul Sarrazin ?

Quelle action poser ? Celle de recycler ses bouteilles de plastique ! Mais encore ? Je viens ici de proposer une action locale, déjà réclamée en mai 2017, par voie d’un article dans La Voix de l’Est. L’article portait sur la « Pollution des fossés » aux abords des commerces aux environs du Zoo de Granby. Je demandais que soient nettoyés ces fossés, des bouteilles, sacs de plastique, contenants de styromousse, et autres déchets. Je demandais que de nombreuses poubelles soient mises à la vue des passants, et qu’il y ait des affiches disant de ne pas jeter de déchets par terre, dans le fossé ou autres lieux. J’avais spécifiquement demandé à la ville de Granby d’agir, trouvant que ces déchets donnent une mauvaise image de nous. Aucun nettoyage n’a été fait !

Au printemps, les fossés sont moins enherbés ; il est donc plus facile de retirer ces objets de plastique et autres déchets du fossé. Je viens ici demander aux jeunes de passer de la sensibilisation à l’action et de réaliser le projet de sortir ces plastiques et déchets du fossé. Une telle action serait garante de propreté et d’une belle image pour notre ville, notamment aux visiteurs du Zoo qui se stationnent le long de ces fossés l’été. Il y aurait possiblement moyen de se faire supporter par les commerces et le Zoo dans cette action de nettoyage. 

Mais encore, cette action de nettoyage s’inscrit dans la vision éthique de protéger notre environnement des molécules qui la polluent quand les plastiques se dégradent dans l’eau, quand d’autres morceaux de plastique y flottent et sont retrouvés dans l’estomac des oiseaux, ou quand ils vont jusqu’à constituer des îles flottantes de plastique dans l’océan. Un petit geste concert posé ici, peut faire la différence. Oser agir, jeunesse du Pop art exposant à la caisse, ou autre jeunes de la génération en devenir.

Voilà ma proposition toute considérante de votre volonté de vivre dans un meilleur monde demain.

Luce S. Bérard 

Granby