La Voix des lecteurs

Les activités parascolaires, une priorité

Nous apprenions la semaine dernière dans les pages de La Voix de l’Est, que l’école secondaire J.H.-Leclerc s’apprêtait à abolir ses équipes de basket-ball parascolaires pour la prochaine année à la suite du départ à la retraite de l’entraîneur responsable du programme.

Je suis littéralement tombé en bas de ma chaise lorsque j’ai appris la nouvelle. Certes, je comprends que les moyens, tant humains que financiers, de la direction soient limités. Je ne peux toutefois pas concevoir qu’en 2018, une direction d’école avec un minimum de vision ne fasse pas du parascolaire une de ses priorités. Pire qu’elle abolisse un de ses programmes les plus importants et les plus populaires chez les jeunes, le basket-ball.

J’ai eu la chance, lors de mon passage à J.H.-Leclerc, d’être un Incroyable et de faire partie d’un des meilleurs programmes de football de la région. J’étais fier de mon école. À l’instar de mes coéquipiers au football et de mes collègues au basket-ball, volley-ball et j’en passe, mon sentiment d’appartenance à notre école passait par là. C’est ce qui nous a poussés, en 2013, à nous battre pour sauver les voies à vocation sportive et artistique lorsque la direction proposait de couper dans ces programmes.

Les activités parascolaires, qu’elles soient sportives ou artistiques, sont primordiales dans la réussite scolaire des étudiants. Ses bienfaits sur la persévérance scolaire et la motivation à apprendre des jeunes sont connus de tous. Alors que le décrochage scolaire est un des fléaux de notre époque, surtout chez les garçons, cette décision me semble encore plus déplorable et mal avisée.

Dans cette optique, j’espère sincèrement que l’école reviendra sur sa décision. Il n’y a pas de compromis à faire avec la réussite scolaire de nos jeunes et les activités parascolaires qu’offre une école.

Elles sont les bases pour créer un environnement d’apprentissage stimulant et intéressant pour les étudiants.

Kevin Paquette, Ancien Président du Conseil Étudiant de J.H.-Leclerc et ancien Incroyable

Granby

Pierre Gibeau, un monument. Oui, un arc de triomphe !

La pugnacité, l’intégrité, l’humanisme sont des qualités qui restent rarement intactes chez les hommes de pouvoir. Le représentant du Procureur général du Québec à Granby, Me Pierre Gibeau, faisait en cela exception, et avec brio. D’autres côtoient le succès, lui côtoyait l’excellence.

Lorsque je l’ai vu, la première fois, pénétrant par la porte de côté dans la salle C du Palais de Justice de Granby, les bras chargés d’une centaine de dossiers empilés jusqu’au menton, j’ai pensé à un clown, au type qui, pour se faire remarquer, fait le fanfaron. Puis j’ai compris. 

Tels Sisyphe et son rocher, il portait un ouvrage à remettre cent fois sur le métier, le traitement judiciaire de la délinquance à Granby.

De lire une seule fois les demandes d’intenter des procédures des dossiers d’enquête de la Sûreté municipale et de la Sûreté du Québec lui suffisait pour qu’il mémorise les centaines de détails consignés. Voulant le contredire, nous devions appliquer une maxime chère à Daniel Lavalée, « L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt ! »

Les soirs de semaine, les samedis, les dimanches, aucun moment n’était sacré. Toujours disponible, son implication demeurait, en revanche, aussi neutre que la loi. Un dévouement d’un autre âge.

Dès ses premières années en fonction, il réalisa que les trois corps policiers sur le territoire n’échangeaient pas d’informations sensibles. Pour y remédier, le jeune procureur, brillant et visionnaire, songea à donner des cours de droit criminel aux policiers. Tous étaient bienvenus, la GRC, la SQ et la SM. De réunir ainsi les différents enquêteurs pour une première fois dans un tout nouveau contexte porta ses fruits, le dialogue recherché s’installa.

Personne n’est irremplaçable, bien sûr, toutefois certains sont plus difficiles à remplacer que d’autres. Est-ce pour cela que la magistrature lui échappa ? Malgré le fier coup de main qu’il rendit au ministre de la Justice au début des années 90 quand celui-ci, inquiet, lui confia la mission d’agir dans l’affaire délicate d’une plainte privée portée contre des policiers municipaux de Laval. Me Pierre Gibeau régla le tout à la satisfaction des plaignants sans préenquête.  

Sa ville, il l’aimait, roulant parfois au pas pour se rendre de chez lui au Palais. Et il veillait constamment à ce que l’humanisme prévale dans les décisions de la Cour. L’incarcération était pour lui, sauf de rares exceptions, un recours ultime venant seulement après avoir épuisé toutes les alternatives, de l’obligation de se trouver un emploi, à la surveillance judiciaire, à l’assignation à domicile, aux travaux communautaires, à la peine discontinue. 

Sans insister sur son humour cinglant et son sens aiguisé de la répartie ni sur les jeux de mots qu’il affectionnait tant avec son côté cabotin, je conclurais de préférence son éloge par une proposition.

Nous avons perdu ici un homme d’exception, tous en conviennent. 

Sa mémoire devrait, je vous le soumets, être désormais évoquée grâce à son buste installé sous verre dans la salle des Pas perdus du Palais de Justice de Granby.

Ma plus sincère sympathie à toute sa famille. 

Michel Barbant,

Criminaliste en poste à l’Aide Juridique de Granby de 1983 à 2006. 

Impôts et libéraux

Comme j’ai enseigné les mathématiques appliquées pendant trente-quatre ans dans un cégep, j’ai gardé cette habitude de jouer avec les chiffres surtout au mois d’avril, mois des rapports d’impôts, car j’ai toujours tenu à compléter personnellement ces fastidieux documents.

Comme cette année est une année électorale au Québec, si jamais les libéraux se vantaient d’avoir haussé la déduction personnelle pour 2017, j’ai trouvé amusant de vous donner ces quelques informations. En 2016, le montant personnel de base en ce qui a trait aux crédits d’impôt non remboursables était de 11 550 $ et en y appliquant le facteur de 20 %, ce qui vous donnait droit à une déduction de 2310 $. Pour l’année 2017, le montant personnel est, tenez-vous bien, de 14 890 $, mais en y appliquant le facteur de 15 %, ceci vous donne droit à une déduction de 2233 $, vous venez donc de vous faire voler un montant de 77 $. Comprenez-vous maintenant pourquoi ce gouvernement était si fier d’abolir complètement la fameuse taxe santé ? Nous pourrons leur attribuer ce que l’on peut appeler la taxe cachée ou déguisée.

Il y a un dicton qui dit que ce que l’on vous donne d’une main, on vous le reprend de l’autre. Quand vous signerez prochainement votre chèque à Revenu Québec de votre main, j’espère que vous vous en souviendrez en apposant votre « X » de l’autre main sur votre bulletin de vote au mois d’octobre.

Yvon Lavoie

Granby