La Voix des lecteurs

Signes religieux : un problème inventé ?

Le premier ministre François Legault semble voir le rapport de la Commission Bouchard-Taylor, comme un buffet duquel on pourrait ne prendre que ce qui nous tente et jeter le reste à la poubelle, même s’il nous a coûté 3,7 millions de dollars.

Depuis toujours, nous avons cohabité avec les Juifs traditionnels qui portent la « kippa » et ceux orthodoxes, avec leurs longs favoris bouclés et leur grand chapeau noir ; les Sikhs et leur turban ; les Amérindiens et leurs plumes d’aigle ; et toutes sortes de gens d’autres origines, langues, cultures ou religions, sans aucun problème de grande conséquence. Pendant tout ce temps, le Québec avait déjà amorcé la laïcité de l’État dès 1964, en écartant les sœurs, les frères et les prêtres, donc tous les éléments du clergé, des deux domaines les plus proches de la société : la santé et l’éducation. Dès lors, ce furent des ministères gouvernementaux qui assumèrent la gestion et l’administration de toutes les écoles publiques et tous les hôpitaux du Québec.

Tous et chacun ont continué à vivre et à laisser vivre les autres, et notre peuple n’en a jamais demandé plus.

Il est permis de dire cependant que les déchirements qui nous hantent récemment sont issus de discussions animées, concernant des demandes qu’auraient faites certains groupes religieux il y a une douzaine d’années et que les politiciens ont convenu d’appeler « accommodements raisonnables » pour alimenter leurs débats. Le tout a éventuellement mené à la création de la Commission Bouchard-Taylor, par le gouvernement libéral de Jean Charest en 2007, et ces deux hommes chevronnés ont déposé leur rapport en 2008, contenant 37 recommandations bien étoffées.

Un premier dérapage est arrivé quand en 2013, le Parti québécois a concocté une Charte de la Laïcité, bien que cette « laïcité » n’ait été qu’un seul élément des conclusions de ladite commission, puisque son mandat était de se pencher surtout sur les accommodements raisonnables. C’est comme si l’absence de croyances religieuses chez la première ministre de l’époque, Mme Pauline Marois (ouvertement avouée athée) devait occuper le haut du pavé en mettant plutôt l’accent sur la laïcité, qui n’était pourtant pas très menacée à l’époque. Ce pourrait-il également qu’on ait manquer de courage et voulu faire avaler la pilule plus facilement en offrant de sacrifier tous les signes religieux du peuple québécois et de son histoire, croyant que les Québécois iraient tout bonnement s’asseoir dans le coin pour ronger leur frein ? Si oui, ils se sont trompés.

Il va sans dire que toutes ces années ont donné lieu à de multiples propos et déraillements souvent cicatrisants et que la campagne électorale de l’automne dernier n’aura rien offert pour inviter les citoyens et citoyennes à un débat social éclairé et digne de l’intelligence de la majorité des Québécois. Contrairement aux dires de M. Legault, il y a beaucoup de grogne un peu partout au Québec, et prétendre que la majorité des Québécois est d’accord avec lui est une fumisterie. Certes, il a remporté l’élection de novembre dernier, mais les chiffres ne lui donnent pas raison. Seulement 66 % des gens ont alors voté et la CAQ n’a récolté que 37 % des votes, ce qui veut dire qu’elle n’a reçu l’appui que de 25 % des Québécois. Il est donc correct de dire que 75 % des Québécois ne se sont pas prononcés sur un sujet d’une aussi grande importance pour leur société.

Pendant toutes ces années, plusieurs choses ont changé, ce qui a amené le philosophe Taylor à avouer récemment un certain changement de cap de sa part quant aux signes religieux, ce qui semble acceptable pour un homme de sa trempe qui a évidemment continué à se préoccuper de cet important dossier, et surtout considérant combien le rapport qu’il a copiloté a été malmené.

M. Legault et son entourage ont toujours prétendu s’appuyer sur les recommandations Bouchard-Taylor pour accoucher d’une loi qui devait traiter de ces signes religieux, et c’est sans doute pourquoi on voit maintenant François Legault déchirer sa chemise sur la place publique devant ces nouvelles révélations, lui qui, se sentant fort de sa majorité parlementaire, a guidé son jeune ministre Simon Jolin-Barrette à parrainer le projet de loi 21 et s’est même avoué disposé à utiliser le bâillon (on pourrait même dire « la cuillère à soulier ») pour empêcher tous les législateurs de débattre de ce projet qui affecterait la nation québécoise tout entière, et pour faire adopter sa loi coûte que coûte.

Mais voilà qu’on peut dévoiler que le premier ministre et son entourage ont caché au peuple québécois que leur projet de loi va directement à l’encontre des recommandations Bouchard-Taylor en matière de signes religieux, comme en font état ces extraits du texte de Radio-Canada du 23 mai 2008, comme suit :

• Concrètement, la commission propose d’interdire le port de signes religieux aux titulaires de fonctions qui doivent incarner la neutralité de l’État : magistrats, procureurs de la Couronne, policiers, gardiens de prison, président et vice-président de l’Assemblée nationale du Québec.

• Elle suggère par contre de laisser les enseignants, les fonctionnaires, les professionnels de la santé et tous les autres agents de l’État porter les signes religieux qu’ils veulent.

• Les étudiants devraient aussi être laissés libres de porter des signes religieux, comme le hijab, la kippa ou le turban.

• Ce souci de préserver la neutralité de l’État devrait par ailleurs se traduire par le déménagement du crucifix de l’Assemblée nationale vers l’Hôtel du Parlement.

• De la même manière, les conseils municipaux devraient abandonner la récitation de la prière avant les assemblées publiques.

Le prétendu problème des signes religieux est-il réel ou a-t-il été simplement inventé pour satisfaire l’agenda personnel de certains ?

L. Paul Masse, citoyen de Granby et ex-maire de Waterloo

Je veux rendre hommage à une infirmière qui a su être présente pour Yvon. Véronique était « son clown préféré » comme il le disait si bien.

Un homme qui voulait se battre

Je veux rendre hommage à une infirmière qui a su être présente pour Yvon. Il y a toujours des moments plus difficiles à accepter dans la maladie. Véronique était « son clown préféré » comme il le disait si bien.

Malgré la lourdeur de la tâche, elle prenait le temps de venir voir Yvon et de le faire sourire. 

Je la dérangeais pendant sa pause, je lui disais « ça va pas » et deux minutes après, elle était dans la chambre avec son nez de clown.

Merci Véronique d’avoir su détendre l’atmosphère et d’avoir pris le temps pour un simple câlin. 

Merci aussi à l’équipe des soins palliatifs, pour qui il est aussi difficile de répondre à la demande. Mon cœur avait mal de ne pas pouvoir soulager Yvon à la minute près.

Je m’excuse si j’ai eu des moments d’impatience. La fatigue, le stress et la maladie…

Merci !


Noëlla Fontaine

Granby