La Voix des lecteurs

(Re) lecture obligatoire pour nos décideurs : un Québec fou de se enfants

En 1991, un rapport ayant pour titre « Un Québec fou de ses enfants » est déposé. « On insiste sur le fait que les sommes investies dans la prévention se révèleront économiquement et socialement très rentables à long terme. » (Bilan du siècle, site encyclopédique sur l’histoire du Québec depuis 1900)

Depuis ce temps, nous avons laissé les gouvernements successifs prioriser la réduction de taille de l’État (vision court terme). Déjà dans les années 2000, la détérioration des services sociaux à l’enfance avait rendu célèbre cette formulation provocatrice, mais ô combien évocatrice : « Un Québec qui se fout de ses enfants ».

Dans la foulée de cette réingénierie de l’État, se déploient successivement (sous la direction de deux médecins spécialistes qui auraient vraisemblablement été plus utiles à la société dans leur cabinet ou dans leur salle de chirurgie) deux grandes réformes de la santé et des services sociaux. Les résultats probants se font encore attendre. Les dommages collatéraux sont pourtant déjà palpables : une multitude d’acteurs aux mains liées qui n’ont plus les moyens de leurs ambitions pour intervenir en prévention ou en traitement afin d’assurer la sécurité et le développement des enfants.

Saluons néanmoins au passage l’instauration du modèle des CPE et des congés parentaux plus généreux qui sont des initiatives favorables à la famille et au développement de l’enfance. Malheureusement, ce modèle commence à s’effriter suite aux nouvelles orientations du gouvernement libéral de l’époque. Des initiatives communautaires visant l’intervention précoce chez les enfants et leurs parents jouent un rôle prépondérant dans la prévention de la maltraitance. Hélas ! Elles sont aussi sous-financées !

Petit rappel pour certains qui voudraient cibler un seul coupable : la loi sur la protection de la jeunesse est une mesure exceptionnelle pour les situations exceptionnelles. Ce qui veut dire que comme collectivité nous devons nous assurer d’offrir les ressources (communautaires, parapubliques et publique) et le filet de sécurité sociale pour favoriser le développement et la sécurité de nos enfants avant de mobiliser cette mesure exceptionnelle qu’est la LPJ.

Sur ce plan, le trop grand volume de cas de maltraitance et le tragique événement de Granby sont les symptômes d’une société qui a échoué à faire de ses enfants une priorité.

Olivier Babin, T.S. en pratique autonome et père de deux jeunes enfants qu’il souhaite voir grandir dans un Québec fou de ses enfants !

Entre préjugés et réalité

Réaction aux lettres d’André Beauregard-, les 6 et 27 avril, à propos du projet de loi sur la laïcité. Monsieur, vous accusez les Québécois de préjugés et d’ignorance. Or par une curieuse coïncidence, un article du même numéro du 6 avril, présente un sondage de Mainstreet Research qui contredit votre affirmation : « Ça déboulonne certains mythes, car, dans une grande proportion, les Québécois et les Canadiens ne considèrent pas les musulmans comme des extrémistes et les Québécois sont les plus ouverts et les plus tolérants envers la communauté musulmane ». Mais venons-en au fond de la question.

Il faut être capable de distinguer dans toutes les religions, y compris l’Islam, un courant fondamentaliste (attaché à une lecture littérale des Écritures) d’un courant ouvert, humaniste, historico-critique, qui sait aménager une évolution des doctrines et s’ajuster au pays où l’on vit. 

De plus, aucun droit n’est absolu. Ainsi, il existe au Canada  et au Québec de nombreuses limitations des droits individuels, y compris des droits religieux. Exemples : interdiction des crimes d’honneur, des mariages forcés, même si certains prétendent que ces actes sont demandés par le Coran. Interdiction de la polygamie, revendiquée par des Mormons en Colombie-Britannique. Interdiction d’obtenir un permis de conduire si on refuse de se faire photographier même au nom de sa religion. En l’absence de testament, partage de la succession de manière égalitaire entre les descendants masculins et féminins, même si la religion du défunt prescrit une discrimination sexuelle. Obligation de l’affichage commercial en français au Québec, alors que certains prétendaient que l’affichage dans la langue de son choix était un droit fondamental de la personne. Interdiction du port du kirpan à l’Assemblée nationale du Québec, entérinée par les tribunaux. Obligation pour les écoles privées, même religieuses, de suivre le Programme d’études officiel. Interdiction à un groupe juif dans les Laurentides d’enfreindre des règlements municipaux au nom de leur religion. 

Les « valeurs québécoises », que le Québec veut protéger et promouvoir, ne sont pas des valeurs exclusives au Québec, elles sont répandues dans tout l’Occident, mais elles y sont significatives et déterminent une identité qu’il est légitime de vouloir protéger. L’application de ces valeurs déterminent une différence entre le multiculturalisme canadien et l’inter-culturalisme québécois, ce dernier reconnaissant les valeurs des cultures des immigrants, mais dans le respect de la culture majoritaire.

Il est alors tout à fait normal de demander aux citoyens, anciens et nouveaux, d’accepter cette identité du pays, y compris le projet de loi 21, même si cela est difficile à mettre en œuvre.


Guy Durand

Dunham

Le patrimoine architectural du Vieux-Québec est-il en danger ?

Pas plus tard que le 4 avril, le gouvernement québécois a dû intervenir afin d’empêcher la démolition du monastère de Berthierville. La ville avait octroyé au nouveau propriétaire du monastère un permis de démolition. Cette situation s’est déjà vue avec la maison Boileau qui a malheureusement été détruite puisque la ville de Chambly trouvait plus économique de simplement la démolir à défaut de l’entretenir. Avec ces deux situations, il est possible de se poser la question suivante : devrions-nous nous inquiéter que le site du Vieux-Québec subisse le même traitement ? Plusieurs diront qu’il n’y a pas de quoi s’inquiéter puisque le site du Vieux-Québec est inscrit sur la liste du patrimoine de l’UNESCO, mais la Loi sur le patrimoine culturel, adoptée en 2011, donne beaucoup plus de pouvoir aux municipalités qui peuvent alors, comme mentionner plus haut, donner des permis de démolitions. Donc, si un jour la ville de Québec voulait démolir un bâtiment faisant partie du Vieux-Québec, elle en aurait légalement le pouvoir, ce qui est très inquiétant pour le futur de ce site historique. 

Dans un autre ordre d’idées, le Vieux-Québec est un site touristique reconnu et la présence de tous ses touristes dégrade de façon scandaleuse l’état des bâtiments, des rues et de l’environnement. Certaines personnes ne font pas attention à ce qui les entoure et jettent des déchets sur le sol ou vont même jusqu’à endommager les espaces verts. Déjà plusieurs bâtiments du site nécessitent des travaux de restauration. Je m’adresse donc à vous, chers lecteurs, puisque la survie du site dépend en partie de ceux qui le visitent. Lorsque vous y allez, essayez le plus possible d’éviter de jeter vos déchets par terre. De plus, essayez, dans la mesure du possible, de vous rendre sur le site du Vieux-Québec en marchant afin d’éviter que votre voiture cause de la pollution qui pourrait causer la détérioration des bâtiments et des rues environnantes. Si nous ne réagissons pas tout de suite face à la pollution, le site pourrait être fermé à la population pour garantir la conservation de ce vertige construit il y a déjà plus de 400 ans. 

Enfin, le Vieux-Québec fait la renommer de notre province et de notre pays. Tâchons de le garder le plus beau et le plus authentique possible afin que les générations futures puissent elles aussi s’extasier devant son histoire et sa beauté.  


Noémie Breton, étudiante au Cégep de Granby