La Voix des lecteurs

Mes excuses à Pierre Breton

Veuillez me lire totalement et noter que je m’exprime en mon nom personnel.

Monsieur le député, j’ai reçu votre feuille par la poste il y a plusieurs mois et l’ai lue complètement et à la fin vous avez daigné me laisser quelques lignes pour que je puisse vous adresser mon opinion.

À vous lire j’étais ravi de ce que vous disiez de nous : « Vous êtes des gens d’action et pour moi, il est primordial de vous soutenir et d’être à votre écoute. En tant que votre député, soyez assurés de mon soutien pour les projets et dossiers qui vous sont chers. »

Il est vrai que nous sommes (je m’inclus) des gens d’action et nous avons des dossiers qui nous sont chers. Nous reconnaissons que vous travaillez beaucoup. Vous dites à la fin : « … je poursuivrai mon travail acharné afin de défendre vos intérêts. »

Ici je veux vous exprimer la teneur d’un de mes dossiers et de mes intérêts.

Un de mes dossiers est la justice fiscale qui m’intéresse grandement. Il est dommage que je n’eusse pas pu vous exprimer mon point de vue avant le 26 octobre 2016 à ce sujet et même après.

Si je l’avais fait d’après vos propos ci-dessus vous auriez certainement voté pour la motion M-42. Cependant tous les députés de l’opposition plus un seul libéral ont voté pour cette motion. Pour la première fois dans l’histoire parlementaire, les députés pouvaient voter en ce qui concerne l’évitement fiscal et les paradis fiscaux. L’évitement est légal entre parenthèses. S’il se pratique en toute quiétude, ce sont les règlements passés sur la perception des impôts. Autrement dit, on est passé par la porte d’en arrière pour en arriver où nous en sommes.

Pour vous montrer que je ne parle pas à travers mon chapeau, voici le libellé de la motion tel que paru sur le site du parlement canadien :

« Conformément à l’article 93 (1) du Règlement, la Chambre procède au vote par appel nominal différé sur la motion de M. Ste-Marie (Joliette), appuyé par Mme Pauzé (Repentigny) — que, de l’avis de la Chambre, le gouvernement devrait mettre un terme à l’évitement fiscal généralisé qui se pratique par l’entremise des nombreuses coquilles vides à la Barbade mises en place par des entreprises canadiennes, notamment en modifiant le paragraphe 95 (1) de la Loi de l’impôt sur le revenu et le Règlement 5907 de l’impôt sur le revenu, de manière à spécifier que toute entreprise qui a droit à un avantage fiscal spécial accordé par la Barbade n’est pas exonérée de l’impôt par l’effet d’un traité fiscal, et ce, en conformité avec la Loi de 1980 sur l’Accord Canada-Barbade en matière d’impôt sur le revenu. La motion, mise aux voix, est rejetée par le vote suivant, etc.» 

En tant que membre de l’AQDR et comme simple citoyen je ne puis pas passer sous silence une telle omission dans la défense des droits non seulement des aînés, mais pour la société en général. 

Voici en quoi en quoi consiste mon excuse. C’est de ne pas m’être exprimé en octobre 2016 après le vote sur cette motion. L’avoir fait, mais je ne l’ai pas fait, cela vous aurait sans doute permis d’intervenir lorsque votre gouvernement dernièrement a conclu des ententes avec deux nouveaux paradis fiscaux soit Grenades et Antiguas-et-Barbades. Étant donné que vous nous dites : « … soyez assurés de mon soutien ». Après on nous dit qu’on va veiller au grain pour contrôler l’évasion fiscale ! Curieux contrôle ! Allez-vous arguez que c’est un problème mondial que le Canada ne peut pas agir seul ? Il est un fait, même si votre vote n’aurait pas changé grand-chose dans le court terme, mais il nous aurait exprimé votre souci pour les citoyens que vous représentez. Je ne renie pas tout le beau et considérable travail que vous effectuez. Cependant il y a des éléments de base sur lesquels il faut s’attaquer si nous voulons une société plus juste, équitable et humaine. Sinon le fossé entre les riches et les moins riches va en s’agrandissant. Quand on voit des dirigeants municipaux s’accorder des augmentations de 15, 17 % et certains veulent même 27 % c’est vraiment questionnable. On dirait que la pensée de plusieurs est : vive la légalité et au diable la moralité et la solidarité humaine un tant soit peu.

À mon avis si vous vous attaquiez à la base du problème de la fiscalité vous auriez peut-être à moins vous acharner au travail. Vous savez, s’acharner c’est se décharner. Un être décharné peut m’être d’une moins grande utilité pour moi qui suis un être incarné.

Je rêve le jour ou nous aurons parmi la population des groupes de réflexion appelés « think tank » qui pourraient assister nos élus dans leur énorme tache en leur exprimant davantage nos besoins humains de base.


Roger Arbour 

Granby


Qu’est-ce qui se cache derrière le mur du conseil municipal ?

Il y a une question que plusieurs citoyens se posent : qu’est-ce qui arrive pour que les candidats aux élections, une fois élus, soient méconnaissables ? Ils renient leur passé, perdent tout contact avec la réalité, deviennent insensibles aux revendications de la population et sont toujours sur la défensive lorsqu’on les interroge sur des dossiers concernant les affaires municipales. Pourtant, lorsqu’ils étaient candidats, ils prônaient la transparence, la proximité avec les citoyens. Il y a même des personnes qui avant d’être élues m’ont affirmé la main sur le cœur qu’elles n’étaient pas là pour l’argent, mais pour servir la population et qu’elles étaient d’accord avec moi pour l’abolition de la prime de transition. Qui sont ces personnes ? Réponse dans un prochain texte. En clair, les citoyens veulent savoir pourquoi nos élus deviennent de simples messagers, des pions, des marionnettes, des yes-man. Pourquoi est-ce qu’il n’y a personne qui se démarque ? Pourquoi avons-nous un conseil municipal monochrome et sans saveur ?

Dernièrement, Joseph Facal disait dans le Journal de Montréal que le Bloc Québécois était devenu une secte. Il décrivait comme suit les caractéristiques d’une secte : c’est un petit nombre de gens où l’autorité du chef est absolue. Les plus fidèles forment sa garde prétorienne. L’organisation est ultra-centralisée. La loyauté est imposée au moyen d’une pression psychologique intense et malsaine. On s’isole progressivement en se convainquant qu’à l’extérieur de la secte, il n’y a que des méchants, des faibles ou des impurs. Est-ce que j’ai la berlue ? Pour ceux qui gravitent autour de l’appareil municipal, est-ce que vous pensez comme moi ? J’ai l’impression que le fonctionnement de notre système municipal s’apparente à cette définition. J’entends des lecteurs se demander si j’ai fumé un gros joint avant même la légalisation. Observez bien nos élus avant de me juger.

La liberté d’expression doit avoir préséance dans un conseil municipal sain. Il est inacceptable que M.Bonin fasse de la petite politique de village en discréditant tous ceux qui n’auront pas voté dans le sens de la majorité du conseil. L’ère Goulet ne doit pas refaire surface.

Dans une entrevue, l’ancien maire de Saguenay Jean Tremblay, mentionnait : « ce que je reproche aux villes, c’est que ce sont les fonctionnaires qui mènent. »  

Est-ce qu’on vit ce même phénomène à Granby ? Est-ce qu’il y a des hauts fonctionnaires qui ont une emprise démesurée sur nos élus et sur l’appareil municipal ? La question se pose en voyant nos élus se métamorphoser en disciples fidèles, allant jusqu’à renier leurs convictions profondes pour ne pas trahir la loyauté envers ces fonctionnaires.

La population de Granby a le droit d’exiger un conseil municipal plus transparent, à l’écoute, qui doit laisser s’exprimer les citoyens intéressés à prendre part aux décisions, pour bâtir une ville à l’avant garde. Dans une démocratie personne ne doit se sentir opprimé par quiconque. 


Richard Dubé

Granby