La Voix des lecteurs

Merci à l’équipe du Centre Leclerc

Merci à la formidable équipe du Centre Leclerc, CHSLD de l’hôpital de Granby.

Comme vous le savez, vous qui avez été à ses côtés durant ces derniers jours, madame Angèle Parent, ma conjointe, vient de décéder dans votre unité de soins.

Pour sa famille et ses proches, son décès est une très grande perte et sa mémoire restera longtemps dans nos esprits et dans nos cœurs.

Lorsque ma conjointe a été hospitalisée dans votre unité, nous savions que la médecine ne pouvait plus apporter de guérison de sa maladie, mais que ses derniers jours seraient vécus de la façon la plus humaine et la plus confortable possible grâce à votre équipe, grâce à l’organisation et à l’aménagement du service adapté, grâce à la présence de personnes de cœur qui se dévouent corps et âmes jour après jour.

Je souhaitais, au nom de toute notre famille, vous remercier le plus chaleureusement possible pour la qualité de l’accompagnement, pour vos qualités médicales et humaines durant cette période. 

C’est au cours des derniers moments passés auprès d’elle que nous avons pu mesurer à quel point vous tous, équipe médicale, para-médicale et administrative, étiez si présents et attentifs à la personne humaine, sachant à tout moment écouter, rassurer, accompagner, même dans les moments les plus difficiles.

Nous n’oublierons jamais ce que vous avez su lui apporter, ces attentions, cette disponibilité qui, j’en suis sûr, lui ont permis une fin plus douce. 

Je vous prie de recevoir, Dr Lucie Roy et toute l’équipe infirmière ainsi que tous les préposés aux bénéficiaires, mes plus sincères remerciements.

Vous êtes des êtres d’exception. Ce fut un privilège de tous vous avoir sur notre route durant cette dernière année. Ce sont des équipes comme les vôtres qui nous rendent fiers de nos CHSLD et nous rassurent sur les possibilités d’être soignés ou accompagnés dans les conditions les plus respectueuses de la personne.

Merci d’avoir été présents, tous et chacun à votre façon. 


Adrien Gilbert

Granby

Différences culturelles et droits des personnes

Certains discours stigmatisent des personnes d’origine culturelle différente. Elles sont parfois suspectées de vouloir miner les valeurs démocratiques. Cette crainte traduit un biais implicite : la culture occidentale est considérée inconsciemment comme plus avancée que les autres. Personne n’échappe vraiment à cette perception spontanée. N’importe-t-il pas dans ce cas de reconnaître tout l’apport des échanges culturels dans le cheminement de l’humanité ? 

Cela s’observe dans l’élaboration de l’égalité des genres et la reconnaissance des droits. Les travaux de madame Osire Glacier, une québécoise spécialiste de l’histoire des femmes et des droits de la personne dans le monde arabe, m’ont amené à réviser substantiellement mon propre regard : la genèse des droits des personnes s’enracine dans l’histoire de toutes les nations, pas seulement occidentales, comme en fait foi son commentaire :

[…] en rapportant la contribution des délégués musulmans à la Charte internationale des droits humains. Entre autres exemples, elle cite l’article 3 des deux pactes [Les deux pactes concernant les droits économiques, sociaux, civils et politiques] qui doit son existence aux plaidoiries de Badia Afnan, déléguée irakienne, et qui exige que les États membres assurent une égalité entre les femmes et les hommes. Enfin, documentant le rôle central joué par le Sud global dans le développement des droits universels durant la période la guerre froide, les travaux récents du chercheur Steven Jensen confirment les origines multiples de ces droits. (Osire Glacier, 2018, pp.113-114).

Comment expliquer alors que plusieurs pays sont soumis à des régimes plus répressifs ? Cela résulte d’une histoire complexe issue du colonialisme, des rapports externes économiques et des enjeux internes supprimant des voix démocratiques. À cet égard, aucune culture n’a échappé à des croyances ou des pratiques archaïques, au cours de leur histoire, auxquelles les sociétés n’adhèrent plus du moins officiellement. Rappelons qu’au sein de tous les pays, il existe une pluralité de convictions. D’ailleurs, la reconnaissance des droits des personnes demeure toujours fragile. Des ressacs peuvent survenir en succombant, par exemple, aux sirènes de la démagogie comme au sud de notre frontière…

Rachida Azdouz souligne, avec un certain humour, que toutes les cultures comportent les mêmes caractéristiques humaines :

Dans les faits, les « autres » ne sont ni meilleurs ni pires. Il y a parmi eux des bons, des médiocres, des fourbes, des honnêtes gens, des travailleurs acharnés, des bras cassés, des opportunistes, des justes, des cracheurs dans la soupe, des « courbeurs » d’échine, des fauteurs de trouble, des semeurs de bonnes graines, des créateurs de richesse, des parasites, des sauveurs de vie et des criminels. […] Or, il y a lieu de faire la distinction entre l’éloge de la différence et l’éloge de la relation. (Rachida Azdouz, 2018, p. 142)

Un des principaux défis de notre époque ne consiste-t-il pas à refuser toute forme d’essentialisme ? Ne s’agit-il pas de nouer des relations fécondes fondées sur l’équité, la solidarité, la pluralité et l’égalité ? 


Patrice Perreault

Granby


Manifester en aval chez qui avale

Plus fréquentes eu Europe, les manifestations de groupes spécistes, végétariens ou simplement pour la défense des animaux se produisent de plus en plus en Amérique. 

Ces organismes qui ont à cœur le bien-être animal choisissent souvent un abattoir ou une boucherie pour faire entendre leur voix. Il faut bien un endroit pour tenir la manifestation, mais ce type de commerce qui se voit souvent ciblé pourrait, à tort, être confondu avec la cause de ce que l’on cherche à dénoncer. 

Qu’il s’agisse du boucher, du tenancier d’abattoir ou même de l’éleveur de porc, de poule ou de bœuf, tous exercent leur métier simplement pour répondre à une demande, avec un coût adapté au marché. Fermer les abattoirs ou interdire l’élevage d’animaux de boucherie ne ferait pas disparaître la demande pour leur produit ou service. 

Au début du siècle dernier, durant la prohibition, l’alcool, bien qu’illégal, coulait à flots dans les foyers. Plus récemment, avant l’idée du projet de loi C-45, quiconque tenait à consommer du cannabis savait comment s’en procurer, légalement ou pas. Bref, tant qu’il y a une demande, il y aura une offre. 

Le véritable enjeu pour les questions relatives au traitement des animaux dits de consommation repose donc sur les choix faits par chacun de vous au moment de remplir le panier d’épicerie. Il s’agit bien d’un choix, car la preuve est faite hors de tout doute qu’on peut vivre pleinement et en santé sans animaux dans l’assiette. 

Pour que cesse le non-bien-être animal industrialisé, il suffit de changer ses habitudes alimentaires. De plus, faire le choix végétalien c’est aussi résoudre une bonne partie des ennuis planétaires, tant humanitaires qu’environnementaux. 

Où devraient alors se tenir les prochaines manifestations de sensibilisation de la condition animale ? Peut-être devant les institutions gouvernementales qui représentent le peuple puisque croyez-le ou non, plus de 92 % de la population canadienne n’est pas encore végétarienne !


François Simard, Vegetal-alternatives.com

Bromont