Quand l'église de Béthanie était à vendre...

La Voix des lecteurs

Protéger les communautés, pas seulement les sols

Lettre ouverte au premier ministre du Québec (et à celle et ceux qui souhaitent le devenir), au président de l’UPA et aux membres de la Fondation David Suzuki.

Récemment, des municipalités ont demandé une révision de la Loi sur la protection du territoire agricole. En réponse, des écologistes et l’Union des producteurs agricoles dénoncent l’étalement urbain et souhaitent, au contraire, un renforcement de la loi dans son esprit actuel. Or, la réalité n’est pas si simple.

Depuis 40 ans maintenant, on protège les terres agricoles. Dans les faits, pendant cette période, j’ai vu Brossard se construire sur des terres de grande qualité, j’ai vu Repentigny rejoindre l’Assomption tout au long de la 40, j’ai vu Belœil faire pousser des maisons et des centres d’achats en plein champ, tout comme Drummondville. J’ai entendu le discours de régions qui récupèrent l’enjeu de la ruralité pour être mieux financées, j’ai lu les propos des uns et des autres pour défendre une agriculture répondant aux besoins des Québécois. Mais, surtout, j’ai vu et entendu mon village mourir.

Mon village meurt, car la loi interdit de rebâtir une maison après un délai d’un an. Mon village meurt parce que la loi interdit de prendre une grande terre inculte de 100 hectares (1 km carré) pour en faire 4 terres de 25 hectares achetables et exploitables par des jeunes de la relève qui veulent faire de la culture maraîchère, ou des petits fruits, ou du fromage. Mon village meurt parce que nous ne pouvons pas accueillir les nouvelles familles qui voudraient y venir. Alors, l’école a fermé. Alors, l’église est vendue. Nous reste le cimetière.

Je ne peux même pas déboiser ma terre pour la cultiver davantage.

Ce que je constate, c’est que la loi, en 40 ans, n’a pas protégé les terres agricoles autour des grandes villes, qu’elle n’a pas empêché l’étalement urbain, mais qu’elle a tué et continue de tuer le milieu rural.

Je suis pour la protection du territoire agricole, je suis contre l’étalement urbain, mais je suis d’abord pour la sauvegarde de la ruralité.

La Loi sur la protection du territoire agricole a été pensée et votée à l’époque où l’aménagement du territoire consistait à séparer les fonctions plutôt qu’à en favoriser la mixité, à produire des aliments de manière industrielle plutôt que de manière artisanale, à déplacer les produits de façon massive plutôt que de penser locavore (manger localement).

Le monde a changé. Je veux sauver mon village et la centaine d’autres qui sont aussi en train d’être tués par la loi telle qu’elle est actuellement. Alors, je demande au premier ministre du Québec et à ses trois émules de s’engager à enclencher des travaux pour que la Loi sur la protection du territoire agricole soit revue et changée pour devenir la Loi sur la protection de la ruralité dès la reprise des travaux parlementaires. Et au président de l’UPA ainsi qu’aux membres de la Fondation David Suzuki, je demande d’appuyer cette demande afin que le monde rural reprenne enfin vie.

Bernard Demers, conseiller municipal et agriculteur

Béthanie

Programme de stérilisation des chats errants

Alors que plusieurs grandes municipalités s’impliquent en établissant un programme de stérilisation responsable sur leur territoire, Granby se retire, profitant du fait que la vétérinaire à qui le contrat a été octroyé en 2016 n’a plus les ressources nécessaires depuis l’incendie. La Ville s’en lave maintenant les mains plutôt que d’offrir le même contrat à la SPA ou à d’autres cliniques vétérinaires, ce qui diminuerait grandement la misère féline sur son territoire. 

C’est une honte de constater l’indifférence de nos élus en place face à la souffrance animale. Les animaux ne devraient pas avoir à payer pour les gestes irresponsables de leurs propriétaires. La Ville devrait au contraire s’assurer qu’un programme de stérilisation soit non seulement mis en place, mais fonctionnel. Elle devrait, en plus, encourager et/ou imposer la stérilisation des animaux domestiques aux propriétaires d’animaux, aux animaleries ainsi qu’aux éleveurs, ce qui constitue le point de départ de la surpopulation féline. Les refuges débordent, ils ne reçoivent aucune aide, le problème est grandissant, et les fonds qui pourraient faire une grande différence sont retirés. Qu’est-ce que 15 000 $ sur le budget des fonds publics annuels quand si peu peut faire une si grande différence ?

Je le répète, c’est une honte !


Lucie Jodoin

Granby

Une Prochaine sortie à ne pas manquer !

On pourrait croire d’année en année que l’imagination débordante des gens de l’Ancien presbytère finira bien par faire défaut. Mais ce n’est pas le cas. Saison après saison, ils se surpassent et nous révèlent des trésors de créativité pour notre plus grand bonheur.

Prochaine sortie ne fait pas exception. Martin Gougeon signe ici un texte drôle, intelligent, sensible (peut-être son meilleur), qui sait faire rire, mais suscite aussi la réflexion sans jamais tomber dans la lourdeur. Sa mise en scène inventive et efficace est comme toujours réglée comme une chorégraphie (il le faut sur une scène aussi réduite !) et permet à chaque interprète de se mettre en valeur. 

Il faut souligner la performance remarquable des trois comédiens (Martin Gougeon, Benjamin Déziel et Patrick Golau) qui font défiler une trentaine de personnages, au gré du parcours emprunté par Sophie, à qui Andrée-Anne Lacasse prête brillamment ses traits en nous faisant partager avec brio ses doutes, ses réflexions et ses folies. Un changement de costume en quatrième vitesse, un geste qui s’installe, un ton qui varie, une mimique, un accessoire judicieusement utilisé, un décor qui bouge et voilà, on est transporté dans un univers différent.

Une soirée à l’Ancien presbytère, c’est un remède à la morosité, un antidote au poison des mauvaises nouvelles. Merci à toute l’équipe, sur scène et dans l’ombre, pour ce moment magique. Nous sommes privilégiés que vous choisissiez Granby pour nous faire profiter de votre imaginaire et de votre très grand talent.


Christiane Landry 

Granby