La Voix des lecteurs

Val-des-Cerfs : sept souhaits pour 2019

Mes deux premiers souhaits s’adressent au gouvernement et je compte sur notre député et ministre pour les transmettre à son collègue de l’éducation.

1er souhait : maintenir Val-des-Cerfs. Je partage tout à fait les arguments énoncés par M. Sarrazin, président, et M. Racine, directeur général, publiés dans les pages de La Voix de l’Est en octobre dernier. Au Québec, les commissions scolaires ont un rôle essentiel à jouer et je nous souhaite le statu quo des structures scolaires.

2e souhait : abolir les examens obligatoires en lecture, écriture et en mathématiques imposés chaque année aux élèves de 2e et de 4e année du primaire. J’ai déjà fait valoir ce souhait dans une lettre publiée dans ce journal en octobre dernier. Les examens du ministère sont justifiés en 6e année et en secondaire 5. Mais le ministère abuse de ses pouvoirs en 2e et 4e année. Pour eux, un échantillonnage de 10 % des classes serait suffisant pour suivre l’évolution des acquis au fil des ans.

Les prochains souhaits s’adressent aux dirigeants de Val-des-Cerfs. Je reconnais vos bons coups et j’observe une gestion adéquate des dossiers au fil des semaines. Cependant, certaines de vos décisions sont nuisibles au bon fonctionnement des écoles primaires.

3e souhait : abolir l’obligation pour les enseignants de faire tous leurs achats dans vos catalogues. Imposée en 2017-2018, cette procédure oblige les enseignants à fouiller dans vos catalogues en espérant trouver les articles nécessaires, écrire une requête et attendre une livraison des semaines plus tard. Avant, ils pouvaient se procurer rapidement et à bon prix les bons articles dans le format et le nombre souhaité chez un commerçant local. Dans plusieurs cas, ils avançaient le paiement et se faisaient rembourser plus tard.

En 2018-2019, malgré les ratés et les nombreuses critiques, cette procédure a été maintenue. Sachez que cette procédure est contre-productive et frustrante pour les enseignants et les commerçants locaux.

Résultat : deux constats inquiétants.

Faute du bon matériel disponible facilement et au bon moment, plusieurs enseignants ont abandonné à contrecœur des activités pédagogiquement pertinentes et motivantes pour les élèves.

D’autres enseignants choisissent de ne pas pénaliser les élèves. Ils continuent à acheter directement chez les commerçants locaux devenus non autorisés et paient la facture. Cela peut représenter quelques centaines de dollars par année et ils en sont très conscients.

4e souhait : abolition de l’obligation de procéder par soumission pour effectuer une sortie éducative ou recevoir un animateur en classe. En 2016, Val-des-Cerfs a imposé la procédure des soumissions pour la réalisation des programmes optionnels. Les artistes locaux qui avaient initié et développé ces activités ont utilisé ce journal pour critiquer cette décision. Or, depuis mai 2018, cette procédure s’applique dans toutes les écoles.

Avant, la sortie habituelle chez le pomiculteur local était convenue en un seul coup de téléphone. Maintenant, il faut s’y prendre longtemps d’avance, écrire un appel d’offres détaillé, attendre qu’il soit traité et apprendre, plus tard, si un pomiculteur a complété une soumission et obtenu le contrat.

Cette procédure est contre-productive et frustrante pour les enseignants et leurs collaborateurs de longue date.

Résultat : plusieurs enseignants ont abandonné à regret des sorties intéressantes et mis fin à des collaborations formidables avec des personnes-ressources se présentant en classe à des prix souvent dérisoires pour des ateliers de cuisine, de peinture ou de sciences.

5e souhait : abolir les chantiers de construction qui se poursuivent après la rentrée. Certaines écoles ont connu les nombreux inconvénients des travaux non complétés se poursuivant en septembre et même en octobre. Je conviens que la sécurité a été maintenue et qu’aucun incident n’a fait la manchette. Cependant, il est intolérable qu’après la rentrée, des travaux extérieurs se poursuivent de jour et des travaux intérieurs après 16 heures et les fins de semaine. Les effets nuisibles étant le bruit, la poussière, la mauvaise qualité de l’air et les odeurs désagréables laissés par certains produits.

Résultats : Ambiance nuisible aux apprentissages. Accroissement chez les adultes et enfants sensibles des symptômes tels que l’irritation de la gorge et des yeux, la sinusite, le mal de tête, le mal de cœur et les problèmes respiratoires. Sentiment que la qualité de vie à l’école n’est pas une priorité pour nos dirigeants.

Solution : Au plus tard le 20 août, il faut arrêter les travaux, remettre les lieux en ordre pour redonner l’école à son personnel le 25 août. Les travaux se poursuivront quand l’école sera disponible.

6e souhait : stopper la prolifération des classes à deux degrés en milieu urbain. Au Québec, le maintien des écoles de village est toujours passé par les classes à deux ou même trois degrés. Cet inconvénient était compensé par le faible nombre d’élèves dans ces classes et l’expertise de l’enseignant qui y était présent depuis plusieurs années.

En 2004, ce type de classe était rarissime à Granby. Aujourd’hui, plusieurs écoles en ont une ou même deux. Ce choix éviterait quelques transferts à l’école d’à côté. Cependant, j’observe qu’en ville, les nombres d’élèves y sont souvent trop élevés et les enseignants n’y sont que de passage.

En milieu urbain, la classe à degré unique c’est mieux. Redonnons-lui la première priorité dans notre organisation scolaire.

7e souhait : mettre un frein aux demandes de révision de notes au primaire.

Le droit à la révision de notes est nécessaire au collégial et à l’université. Il a aussi sa place au secondaire dans le cas de la promotion par matière. Quelques points en plus peuvent éviter un échec dans une matière.

Or, Val-des-Cerfs a fait face à des demandes au primaire et, en août 2017, une directive a été transmise aux enseignants. Celle-ci les incitait à conserver durant toute l’année toutes les évaluations des élèves pour être prêts à prouver la rectitude des notes inscrites au bulletin.

Dans une école, les enseignants ont d’ailleurs été témoins des malheurs d’une enseignante qui, en pleine rentrée, a dû fouiller ses documents de l’année précédente pour prouver que la note dans une matière de son ancien élève était justifiée. Cette situation est troublante.

Je souhaite que nos dirigeants affirment qu’au primaire un parent peut exprimer son insatisfaction sur la note de son enfant et qu’il recevra les explications pour mieux la comprendre. Cependant, cela se fera autrement que dans une procédure de révision de notes.

Conclusion : Les enseignants du primaire sont des passionnés. Ils sont créatifs et dévoués. Depuis quelques années, je constate que plusieurs volent bas. Cela ne me surprend pas, car à Val-des-Cerfs vous n’arrêtez pas de leur couper les ailes.

Alors, en 2019, répondez à mes vœux et vous redonnerez des ailes à vos enseignants du primaire.

Jean Cadieux, retraité et directeur d’école à vie

Granby