La Voix des lecteurs

Et les horodateurs, qu’en est-il ?

À Monsieur François Bonnardel, député de Granby et ministre des Transports

L’an dernier, l’AQDR et ses partenaires ont fait signer une pétition pour demander un correctif face à la façon de payer le stationnement dans le réseau de la santé sur le territoire de l’Estrie. Comprenant la frustration des aînés qui ne peuvent pas deviner combien de temps prendra leur rencontre, qui considèrent payer une taxe déguisée, votre bureau a appuyé notre démarche.

Dans notre recherche, nous avons appris quelques changements très favorables. Premièrement, les personnes visitant régulièrement des membres de leur famille dans les CHSLD sont fichées dans les ordinateurs et peuvent stationner gratuitement lors de leurs visites. C’est une excellente nouvelle pour les personnes hébergées. Elles se sentiront moins seules.

Deuxièmement, les personnes handicapées ont maintenant une vignette leur donnant le même privilège. C’est un plus pour ces personnes vivant différentes problématiques. On peut donc affirmer que la pétition a eu des suites heureuses.

Cependant, les aînés ayant occasionnellement besoin de soins doivent encore deviner le temps de la consultation pour choisir le montant à débourser. C’est un irritant. La majorité n’est pas habile à payer à distance à l’aide d’un cellulaire. Ou elles déboursent pour une journée complète sans revoir le surplus ; où elles donnent moins, mais demeurent inquiètes, surtout quand la rencontre avec un ou plusieurs médecins s’étire.

Le précédent ministre de la Santé, monsieur Gaétan Barrette, avait annoncé la gratuité pour les deux premières heures de stationnement et un plafond entre 7 $ et 10 $ selon les régions. De plus, il avait indiqué qu’il souhaitait que les machines remettent le trop-perçu. Nous avons appris que rien n’a été fait dans ce sens.

Qu’est-ce qui peut être entrepris à ce sujet ? Comment satisfaire cette clientèle qui doit recourir assez souvent au système de santé sans qu’elle se sente exploitée ? Nous laissons la réflexion à votre gouvernement et demandons de ne pas oublier les aînés avec leur capacité de payer, surtout les femmes qui ne reçoivent que la sécurité de vieillesse et le supplément de revenu garanti.

Nous vous transmettons, monsieur le député et ministre, nos sentiments les plus cordiaux et nous vous remercions de l’attention que vous porterez à cette demande.

L’AQDR Granby est un organisme de défense des droits collectifs des personnes retraitées et préretraitées. Elle compte 815 membres. Elle est soutenue par plusieurs organismes au service des personnes aînées dont l’AGÉAUTAG, l’AREQ, la FADOQ et le Club d’âge d’or Princesse. Ensemble, ces organismes comptent près de 6000 membres.

Pauline Robert, présidente de l’AQDR 

Granby

Quand le Zoo fait concurrence au privé

Ainsi le Zoo va investir plein d’argent sur son site pour offrir des services de réception et de traiteur. Quelle bonne nouvelle pour les payeurs de taxes de notre ville. Donc, cet organisme largement subventionné, qui ne paye aucun loyer à personne, ne paye aucune taxe, sauvé d’une quasi faillite sous l’administration Duchesneau, va venir compétitionner le privé. Le Castel, qui investit des millions ces temps-ci, doit être content de voir ça, lui qui va sûrement avoir un petit ajustement de taxes une fois les travaux finis. C’est quoi cette manie de notre ville de toujours vouloir mordre la main qui la nourrit ? Car le Zoo, c’est la ville, mais déguisée en girafe. À l’image du golf Miner, qui a couvert ses frais pendant 100 ans et qui maintenant ne survit que grâce aux taxes de ses concitoyens, je serais curieux de voir ces administrations passagères rentabiliser de tels investissements. 


Gilles Couture

Granby

Encore le débat sur les signes religieux

Pour s’opposer au projet du gouvernement québécois concernant les signes religieux, on peut évoquer trois arguments, mais aucun ne tient la route.

On peut évoquer d’abord les droits de la personne. Mais on oublie qu’aucun de ceux-ci n’est absolu. Ils admettent des limites et/ou des exceptions en réflexion philosophique, comme dans notre droit (Charte canadienne, art.1). Ils sont à mettre en équilibre avec les droits collectifs et historiques, voire concrètement l’identité d’une société. 

On peut évoquer la laïcité, mais ce concept de laïcité n’est pas univoque : il est plutôt analogue. Autonomie de l’État et neutralité, oui, mais dans le respect de l’histoire et de l’identité du pays. Chaque pays européen a ainsi développé son modèle particulier de laïcité. Et la Grande Chambre de la Commission européenne des droits de l’homme, la plus haute instance judiciaire du Conseil de l’Europe, a reconnu cette responsabilité de l’État en mars 2011, à la suite d’une longue saga juridique sur la présence du crucifix dans les écoles.

Quant à l’accueil des immigrants ? Oui, mais ceux-ci ont aussi le devoir de respecter la culture du pays d’accueil. Comme nous le faisons nous-mêmes généralement quand nous allons dans un autre pays.

Et pour éviter une période d’insécurité suite à une contestation judiciaire et une querelle publique prolongée, il est pertinent, voire important de faire appel immédiatement à la clause nonobstant, prévue aux deux chartes des droits, canadienne et québécoise. Cette disposition fait partie de l’équilibre des pouvoirs dans une saine démocratie et assure la suprématie du Parlement sur la Cour dans certaines circonstances. J’emprunte la justification suivante à un énoncé de la Cour suprême du Canada. Dans la confrontation entre le Parlement et les tribunaux, la clause « nonobstant » assure, comme il se doit, la primauté du premier sur les seconds. Dans l’ensemble de la vie civique, notamment dans les conflits entre individus et dans l’évaluation de la responsabilité criminelle, les juges jouent un rôle indispensable. Il n’est pas question de minimiser leur rôle ni leur compétence. Mais cela n’est pas nécessairement vrai pour les questions d’intérêt général, pour des sujets hautement délicats qui appellent une solution de sagesse politique plutôt que théorique (par exemple, connaissance précise du milieu, reconnaissance des droits collectifs, protection de la paix sociale, conséquences pour la société). (Cour suprême du Canada, Loi sur la possession de marijuana pour usage personnel, 2003)


Guy Durand, auteur de Six études d’éthique et de philosophie du droit, Liber, 2006

Dunham