Être seules, c’est triste l’année durant, mais encore plus en cette période de réjouissances. Qu’ont-elles fait pour mériter un tel sort ?

La Voix des lecteurs

Une épidémie invisible : la solitude des personnes âgées

« Que j’ai hâte que les Fêtes soient terminées ! » Que de fois nous entendons cette réflexion de la bouche de personnes âgées. Être seules, c’est triste l’année durant, mais encore plus en cette période de réjouissances. Qu’ont-elles fait pour mériter un tel sort ? Rien de spécial. Elles sont parfois malades, elles ont de la misère à se créer des relations stables, elles n’ont pas beaucoup de ressources financières, elles n’osent pas parler de leur solitude et, finalement, par peur ou par lassitude, elles ne vont pas chercher d’aide. Pourquoi ? Probablement par peur du jugement, car si en plus elles ont déjà eu des enfants ou une famille, on les accusera de ne pas avoir eu une conduite adéquate et on ajoutera peut-être « qu’on récolte dans la vie ce qu’on a semé ». Le cas est réglé et tout le monde a bonne conscience.

La solitude et la perception d’être isolé socialement provoquent des changements physiologiques qui peuvent rendre une personne malade ou la faire mourir prématurément. Pourtant, on en parle si peu, en tout cas beaucoup moins qu’on ne parle d’obésité, de tabagisme, de l’impact du sucre ou du sel.

La crise du verglas avait amené beaucoup de stress, mais durant cette période, les liens s’étaient resserrés dans la société. On allait voir les gens, on s’informait s’ils avaient besoin de nourriture et surtout, on prenait le temps de les écouter, sans les juger. Pourquoi avons-nous besoin d’une catastrophe pour nous humaniser ?

Des bénévoles essaient à travers différents organismes de pallier cette solitude, mais ils ne peuvent pas détecter tous les cas, puisqu’ils n’en ont pas les moyens. C’est merveilleux que les médecins prescrivent de l’activité physique pour les jeunes, mais il faudrait également porter une attention spéciale aux personnes âgées isolées et leur prescrire de l’activité sociale et les référer à des organismes pour aînés bénéficiant d’un budget adéquat pour les prendre en main.

Comme je n’ai pas trouvé de vaccin pour cette terrible épidémie, je fais un rêve en cette fin d’année. Dès que l’on connaît dans son entourage une personne aînée qui est seule, qu’on prenne le temps de lui dire bonjour, qu’on essaie d’établir un contact qui pourrait la sortir de sa solitude... Peut-être que l’expérience sera satisfaisante intérieurement pour donner le goût de recommencer. Merci d’aider à endiguer cette épidémie !

Nicole Gagné, secrétaire AQDR 

Granby

Jean Lapierre

Une place du savoir Jean Lapierre… vraiment ?

De retour à Granby après une (trop) longue absence de 35 ans, j’apprends l’existence d’un projet de Place du savoir - Jean Lapierre, devant l’église Notre-Dame en train de changer de vocation. Sans faire offense à la mémoire de Jean Lapierre, je ne crois pas que cette appellation soit appropriée.

En tout respect pour Jean qui avait bien des qualités, et que j’ai connu dès le début des années 1980 à Granby, en plus de le côtoyer de temps à autre par la suite, je cherche le lien logique entre le « savoir » et sa carrière. Jean était un sympathique mélange d’expressions colorées, d’anecdotes, de rhétorique partisane, de rumeurs et d’informations. Mais le « savoir » c’est autre chose. 

Le savoir résulte le plus souvent de l’expertise acquise au quotidien dans un domaine précis, de méthodes de recherches rigoureuses ou d’une démarche scientifique qui conduit à des résultats probants pouvant être évalués par ses pairs. On le retrouve dans les sciences de la nature et de la santé, certes, mais aussi dans certaines sciences sociales. Il est le fruit de longues et méticuleuses recherches empiriques et de réflexion. 

Le savoir a très peu à voir avec le commentaire médiatique matinal sur tout et sur rien, aussi agréable soit-il.

Comme journaliste pendant 20 ans, puis comme professeur de journalisme depuis presque autant d’années, j’ai suivi la riche carrière d’élu, de communicateur, de commentateur et de journaliste d’opinion de Jean Lapierre. Personne ne peut lui contester son succès ni sa popularité bien méritée.

Mais comme chercheur rompu aux règles de la méthode scientifique, je sais que le savoir, on devrait même parler « des savoirs », exige une démarche plus exigeante, plus rigoureuse, avec des questionnements, des hypothèses et des méthodes d’investigation conséquentes. Il est une forme d’excellence, un dépassement intellectuel que les institutions d’enseignement cherchent à inculquer aux citoyens de demain. Il mérite donc un immense respect.

Le savoir s’exprime avec nuances et précautions, ce qui est à l’opposé de la communication médiatique au quotidien qui affirme, dénonce, divertit ou critique sans nécessairement offrir une démonstration solide et factuelle permettant de telles envolées oratoires.

Si on veut honorer de façon pertinente la mémoire de Jean Lapierre-, pour souligner ses années passées à Granby, on devrait plutôt parler de la Place de la communication, ou prendre quelques mois de réflexion afin de trouver un lieu plus approprié que la future Place du savoir, plutôt que d’agir sous le coup de l’émotion liée à sa disparition tragique. 

On pourrait par ailleurs se mettre à la recherche d’un homme ou d’une femme de Granby qui, autrefois, s’est fait connaître ou reconnaître pour sa contribution au savoir. La Société d’histoire de la Haute-Yamaska pourrait être mise à contribution dans cette quête.


Marc-François Bernier

Granby

Cessons le chauffage au bois à Granby

Il serait temps de passer un règlement interdisant le chauffage au bois dans une ville comme Granby !

La pollution, c’est l’affaire de tout le monde. Pour moi, et pour bien des gens quand nous sortons pour marcher ou nous entrainer, la qualité de l’air compte. Mais quand la gorge et les yeux sont affectés par cette pollution je me dis qu’aujourd’hui, avec l’électricité, il n’y a pas de raison pour continuer à polluer avec un chauffage au bois.

Il serait temps de passer cette loi pour faire notre part pour notre planète qui en arrache !


Denis Hébert

Granby