La Voix des lecteurs

Hommage à l’abbé Léo Lemay

C’est avec tristesse que j’ai appris que monsieur l’abbé Léo Lemay, curé de la paroisse Saint-Alphonse et Saint-Ange-Gardien, s’est éteint le 6 mars dernier. 

J’ai eu la chance de le côtoyer à maintes occasions. Je souhaiterais dire un mot sur ce pasteur qui, comme bien des personnes de sa génération, s’inscrit dans les transformations progressistes opérées par le concile Vatican II. 

Je peux témoigner que monsieur l’abbé Lemay a toujours manifesté une curiosité et un regard bienveillant face à la société québécoise. Il se renseignait constamment sur des approches récentes, tant sur le plan social qu’ecclésial. 

Pour lui, l’attention portée à la pluralité des approches constituait le cœur d’une véritable recherche d’un sens à la vie et d’un parcours spirituel incarné.

Il a toujours encouragé, en phase avec l’esprit du Vatican II, l’exploration des voies spirituelles adaptées à l’évolution de la société québécoise. En cela, il prônait des positions personnelles d’ouverture, d’accueil et de confiance en la vie. Sur le plan théologique, il affichait des options qualifiées en Europe de « libérales ». C’est pourquoi l’abbé Lemay considérait la société québécoise comme un lieu primordial de manifestation de la divinité. Il y lisait « les signes des temps » selon l’expression consacrée. Pour lui, l’Église se devait d’être au service de la société québécoise. Un service qui devenait l’expression de l’amour divin.

Sur le plan pastoral, il se souciait du bien-être de chaque personne qu’il croisait sur sa route. Une de ses préoccupations foncières se centrait sur ses paroissiennes et paroissiens. 

La rencontre avec les gens, dans leur réalité de la vie quotidienne, l’inspirait grandement. Il s’est toujours montré attentif aux difficultés, mais également aux joies des communautés dont il avait la responsabilité.

L’abbé Lemay nous manquera très certainement. Je le remercie grandement pour le travail accompli, son dévouement, son oreille attentive et son soutien. Il entre désormais dans un repos bien mérité. Merci Léo !

Patrice Perreault

Granby

L’égalité dans l’entraide

J’aimerais joindre ma voix à l’opinion de M. Yvon Lavoie lorsqu’il plaide contre l’inégalité des sexes concernant le jugement des gens impliqués dans des drames criminels (La Voix de l’Est, 28 avril 2018, « L’égalité en toutes choses »). J’ai moi aussi remarqué cette différence de traitement qui provient non pas du « système », mais bien de l’opinion publique — c’est-à-dire, nous tous.

Mais contrairement à M. Lavoie, je ne souhaite pas voir plus de femmes être traitées durement lorsqu’elles font des choses répréhensibles. Je préfère nettement que nous aidions et accompagnions plus d’hommes qui ont commis l’irréparable et que nous cherchions, en tant que société, à mieux prévenir ce genre de débordement.

Du moins du point de vue de l’opinion publique. Car je sais que les acteurs du système canadien sont souvent nettement plus réalistes et compréhensifs que certains démagogues qui encouragent des opinions publiques trop souvent basées sur des inquiétudes irrationnelles. Homme ou femme, je crois que la société — nous tous — a abandonné ces personnes à un moment donné ou un autre pour que de telles tragédies surviennent. Qu’est-ce que ça donne de faire partie d’une société si elle vous abandonne au moment où vous en avez le plus besoin ? La vengeance et les punitions excessives n’ont jamais rien apporté de positif, bien au contraire.

En ce qui concerne l’égalité homme-femme, je crois que nous l’obtiendrons finalement lorsque nous cesserons de disgracier les hommes parce qu’ils sont des hommes et que nous cesserons de victimiser les femmes parce qu’elles sont des femmes. Ces comportements n’apportent absolument rien de bon, ni aux uns ni aux autres.

Denny O’Breham

Granby

La cheffe du Bloc québécois, Martine Ouellet

La tour de Babel souverainiste

Je croyais naïvement que le conseil général de Drummondville en fin de semaine dernière aurait pu être l’occasion d’un rapprochement entre Martine Ouellet et les sept démissionnaires du Bloc québécois. Pour cela, elle aurait pu tendre la main avec un projet de travail qui les aurait réunis. Mais il n’en fut rien. Au contraire, elle a remis de l’huile sur le feu en les blâmant non seulement de ne pas respecter la démocratie interne au Bloc, occasionnant une super perte de temps, mais elle les a surtout blâmés pour avoir donné l’occasion aux médias de s’en prendre à sa personne au point qu’elle a dû prendre l’avocat Guy Bertrand pour exiger, de la part de certains, des excuses à son endroit sous peine de poursuite pour diffamation. Dire après ces récriminations qu’elle tend la main aux sept démissionnaires n’était à l’évidence pas très crédible.

D’ailleurs, les sept démissionnaires, cette main tendue, ils l’ont plutôt reçue en pleine figure, ce qui a amené dès mardi leur retrait définitif du Bloc pour former un nouveau parti afin de défendre les intérêts du Québec à Ottawa. Une décision émotive et hâtive qui crée un inconfort pour tous les souverainistes membres du Bloc.

 Mario Beaulieu incarne bien cet inconfort, voire cette déroute. Que fera-t-il ? Il est le responsable de l’article 1 du Bloc sur lequel s’appuie Martine Ouellet pour, en priorité, faire la promotion de l’indépendance à Ottawa, qu’elle voudra voir se confirmer par le référendum prévu par les instances les 1er et 2 juin prochain en même temps qu’un vote de confiance à son égard en tant que chef. À ce titre, Mario Beaulieu a dit, au sortir de la réunion à Drummondville, qu’il ne faisait plus confiance à Martine Ouellet. 

La cohérence voudrait qu’il demeure au Bloc, mais qu’il vote contre elle en juin risquant de précipiter le Bloc dans une nouvelle course à la chefferie, ce qui, disons-le, ajouterait au ridicule de la présente situation où les souverainistes auraient à Ottawa deux partis sans chef qui prétendraient les représenter pour à la fois, prioritairement, promouvoir les intérêts du Québec (les sept) et aussi, prioritairement (le restant de Bloc) faire la promotion de l’indépendance.

Est-il possible de sortir de cette tour de Babel souverainiste qui n’aide en rien l’ensemble du mouvement ? Je ne vois qu’une option pour éviter un définitif ridicule jeté sur tout le mouvement : que Mario Beaulieu trouve une voie de réconciliation entre Martine Ouellet et les sept démissionnaires et que soit annulé ainsi le double référendum prévu pour le 1er et 2 juin.

Denis Forcier

Shefford