Jocelyn Dupuis est conseiller municipal à Granby.

La Voix des lecteurs

Réplique à M. Jocelyn Dupuis

Le conseiller municipal dans le district 4, M. Jocelyn Dupuis, a cru bon, dans La Voix de l’Est de samedi dernier, de nous faire part de sa décision de faire un don de 12 000 $ au cours des quatre prochaines années. Ce don, pour lequel il recevra la reconnaissance et les crédits d’impôt, ne lui coûtera rien puisque les 12 000 $ proviendront de l’augmentation salariale excessive que lui et ses collègues se sont accordés sur le dos des citoyens payeurs de taxes à Granby.

Si, M. Dupuis, votre augmentation salariale pèse sur votre conscience, vous auriez dû nous laisser notre argent. Je donne déjà à des causes charitables, merci beaucoup, je n’ai pas besoin de vous pour agir comme intermédiaire.

J’ai trouvé très trompeur le préambule de votre lettre : « Si vous n’êtes pas régi par une convention collective, en général, votre salaire devrait correspondre ou se comparer à celui des gens qui travaillent dans le même domaine que vous. Il peut également arriver, dépendamment des employeurs, que ce salaire augmente avec une évaluation annuelle. Pour nous, les élus municipaux, l’évaluation est aux quatre ans ! » Comme si votre salaire n’est pas augmenté (ou majoré comme certains élus préfèrent dire) d’au moins 2,5 % chaque année (résolution entérinée à l’unanimité par les élus en décembre 2014) !

Et si vous tenez à comparer le traitement des élus municipaux à celui d’autres travailleurs, parlons de votre allocation de dépenses, qui n’est pas censé faire partie de votre salaire, mais que vous empochez et que vous et vos collègues avez dernièrement bonifié de 50 % parce qu’elle sera dorénavant imposée, parlons de votre indemnité de départ et votre faramineuse prime de transition qui vous donnera une année de salaire pour quatre courtes années de service.

Dans votre texte, vous mentionnez « […] je sais très bien que pour certains, un élu sera toujours trop payé pour la besogne qu’il accomplit. » Je pourrais répliquer qu’en général, les élus profitent pleinement de chaque occasion qui se présente de s’enrichir personnellement. Votre tâche ingrate, comme vous l’appelez, vous est très bénéfique financièrement.

Moi aussi, M. Dupuis, je travaille fort pour mériter mon salaire et j’en donne déjà beaucoup aux niveaux municipal, provincial et fédéral. Je suis rancunière envers vous et vos collègues de m’en soutirer encore plus et contre mon gré (il existe un mot pour cela) pour satisfaire votre avidité et votre cupidité. Alors, s’il vous plaît, faites-moi grâce de vos justifications — « je le mérite, j’y ai droit » — parce qu’elles sonnent fausses et franchement égoïstes.

Lucie Brisson

Granby

Un don dont il n’aurait pas dû parler

Selon ses dires, le geste de Jocelyn Dupuis d’utiliser une partie de son augmentation salariale pour effectuer un don de 3000 $ par année à la communauté n’a aucun lien avec le branle-bas de combat des dernières semaines.

Pour que les motivations pures de ce geste soient crédibles, il aurait fallu faire le don sans dire un mot.

Le hic ?

Ne pas en parler du tout ne lui aurait pas permis de mettre une bonne distance entre lui et cette augmentation scandaleuse.

Alan Pridmore

Granby

À propos du don de Jocelyn Dupuis

Ce n’est pas son argent qu’il donne, mais l’argent de nous tous, citoyens de Granby, car il va venir le chercher dans nos poches. Les conseillers et le maire prennent les citoyens pour des cons. M. Dupuis joue du violon pour endormir les gens de son quartier.

Pierrette Duval

Granby

Avoir Granby à cœur

Après M. Nappert qui a décidé de donner une partie de son salaire pour contrer une hausse qu’il juge inappropriée, voilà que le conseiller Jocelyn Dupuis emboîte le pas, mais sans désavouer la hausse des salaires par contre.

Un point commun me saute aux yeux dans les deux cas : ils ne savent pas encore à quel(s) organisme(s) donner cet argent. Messieurs, j’aimerais ici vanter les mérites de mon organisme sans but lucratif favori : la ville de Granby.

En effet, la ville de Granby est reconnue par les ministères du Revenu fédéral et provincial comme étant « un organisme qui peut remettre des reçus officiels pour des dons que lui font des particuliers, des sociétés et des organismes de bienfaisance enregistrés ».

La ville de Granby redistribue généreusement — directement et avec l’aide de partenaires — sous de multiples formes. Selon l’article « Granby mise sur les jeunes » publié dans La Voix de l’Est du 15 décembre 2017, « Le total des subventions inscrites au budget 2018 s’élève à 9 millions $ ». La Ville de Granby investit dans toutes les sphères de notre communauté : culturelle, récréative, communautaire, sportive, touristique, commerciale et industrielle. Nul besoin de vous vanter les mérites du conseil qui gère cet argent et choisit les priorités, puisque vous en faites partie et êtes témoins au quotidien de la qualité des décisions qui y sont prises.

La cerise sur le gâteau : en redonnant à la ville de Granby, c’est comme si vous annuliez une partie de votre augmentation de salaire du point de vue des contribuables. Ainsi, aucun citoyen ne pourrait vous accuser de vous enrichir à leur détriment. Le fait que vous ne favorisez pas un organisme local au détriment d’un autre évite aussi les conflits d’intérêts qui pourraient être perçus dans la communauté. 

Messieurs, avez-vous suffisamment à cœur l’organisme qu’est la ville de Granby pour y investir vos dons de bienfaisance ?

Démontrez-nous à quel point vous croyez en la qualité de votre travail.

En écrivant ceci, ça me fait penser : si la ville diminuait ses revenus de taxes de 9 millions $ (soit environ 300 $ par logement) et qu’elle acceptait plutôt les dons des citoyens, ceux-ci pourraient bénéficier d’un crédit d’impôt. En prime, j’imagine que la valeur totale des dons annuels représenterait une excellente façon de mesurer :

1. La capacité de payer des citoyens ;

2. La générosité des citoyens ;

3. La confiance que les citoyens portent envers leurs gestionnaires/élus.

 

Denny O’Breham

Granby