La Voix des lecteurs

La société de Frankenstein

La vie est un perpétuel combat. C’est en jetant un regard sur le parcours de l’évolution de la matière jusqu’à l’arrivée de la conscience humaine que nous découvrons très facilement la confirmation de cette idée. Il y a un perpétuel combat entre la vie et la matière, entre le vrai et le faux, entre le bien et le mal, entre l’empathie et l’indifférence, entre la connaissance et l’ignorance, entre la solidarité et la cupidité. À court terme, il est parfois difficile de voir le progrès, mais, à très long terme, cela devrait être encourageant. Est-ce réellement le cas ?

À partir des années 1750, les développements scientifiques et technologiques avaient commencé à changer la face de la terre, mais depuis 1945, les avancées dans ces domaines ont progressé à une vitesse folle. Et depuis l’arrivée de l’Internet, les spirales scientifiques et technologiques font des progrès qui dépassent possiblement notre capacité à contrôler leur impact sur nos vies, nos relations humaines et nos principes éthiques. Nous sommes en partie débordés et c’est cette idée qui explique le titre de cette lettre. Serions-nous entrés dans une société gouvernée par Frankenstein ?

Devant toute nouvelle invention, on retrouve presque toujours ce même tiraillement dans son utilisation : tantôt des effets positifs, tantôt des effets négatifs. La question que l’on est en droit de se poser en ce 21e siècle : les effets négatifs sont-ils en train de bousiller les acquis obtenus de peine et de misère depuis des décennies ? Le caractère insensible et inhumain des avancées scientifiques et technologiques est-il en train de réduire à peau de chagrin les comportements spécifiques aux femmes et aux hommes de notre temps ? L’intelligence artificielle et les machines vont- elles remplacer le cerveau humain et le cœur humain ? Les exemples de dérapages sont déjà suffisamment nombreux pour commencer à nous inquiéter.

Nous pouvons jouer des heures et des heures devant notre écran, seuls et loin des autres ; nous pouvons détruire et tuer la population de villages entiers sans voir le visage des femmes et des enfants ; nous pouvons remplacer des milliers de travailleuses et de travailleurs par des machines dont l’efficacité et la rentabilité sont exponentielles, mais au prix de conséquences fatales sur les écosystèmes et la santé des humains. Cela se vérifie dans tous les domaines : pêcheries, foresteries, industries agroalimentaires, communications, transports, industries manufacturières. On ne peut faire autrement que de constater les conséquences de ces nouveautés et elles ne sont pas toutes positives, loin de là. Pouvons-nous encore changer les choses ? La sixième extinction sera-t-elle causée par nos extraordinaires progrès scientifiques et technologiques ? Aurions-nous créé un Frankenstein ayant pour cerveau le logiciel du libre Marché et pour cœur la cupidité néolibérale ?

André Beauregard

Shefford

Québec debout : c’est mal parti

Les sept dissidents du Bloc québécois ont décidé de former un nouveau parti politique à Ottawa, sage décision selon moi. Mais de la façon dont vous amorcez cette procédure, c’est bien mal parti puisque vous ne vous entendez pas tous sur le fait d’accepter ou non des fédéralistes dans vos rangs. Pour avoir milité longtemps autant au PQ qu’au Bloc, puis-je vous donner un petit conseil, car je me souviens encore de la formation du PQ où Messieurs Lévesque et Bourgeault s’affrontaient. Depuis ce temps, ce parti a été continuellement l’objet de chicanes alimentées par des factions internes.

Ma suggestion, c’est que vous formiez un parti des Québécois à Ottawa qui n’est ni souverainiste ni fédéraliste, mais qui est là pour défendre les intérêts québécois. Étant le seul parti qui n’est pas sous la tutelle d’un parti pancanadien, vous pourriez quand même encourager le développement des intérêts canadiens, mais pas au détriment de ceux des Québécois. Vous voulez être un parti rassembleur donc vous devez être ouverts à tous et toutes en respectant les opinions et suggestions de ces derniers, aussi variées soient-elles.

Humblement je crois qu’avec une telle plate-forme électorale, vous avez des chances de réussite aux prochaines élections et de plus, vous n’aurez même pas à vous soucier du Bloc qui d’après moi va disparaître à cette élection comme le souhaitait au départ son fondateur M. Bouchard.

Il fut un temps où ce beau projet était réalisable. Je regrette qu’aujourd’hui certaines personnes s’en servent à des fins personnelles. 

Yvon Lavoie

Granby