La Voix des lecteurs

Et si les jardins m’étaient racontés...

Avec l’arrivée du printemps, le beau temps s’installe. Dans plusieurs villes du Québec, des citoyens se regroupent pour l’entretien des jardins collectifs ou communautaires. Une activité rassembleuse où chacun apporte bénévolement sa contribution dans une atmosphère conviviale, où les classes sociales n’existent pas et où il n’y a pas d’experts pour faire des remontrances à des citoyens parfois maladroits, mais tellement pleins de bon vouloir.

Ceci m’inspire un récit que j’avais le goût de partager. Les événements se passent dans une ville quelconque du Québec où cette belle philosophie de partage est ternie par des éléments perturbateurs.

Tout débute avec la présentation du film Demain dans cette ville (un film à voir absolument qui démontre à travers les expériences de six personnes des initiatives citoyennes dans plusieurs pays du monde pour sauver notre planète). À la suite du visionnement de ce film, des citoyens se regroupent pour former demain cette ville. Ce regroupement fait une demande de subvention à cette ville pour maintenir des jardins sur une fermette désaffectée appartenant à celle-ci. Le maire de l’endroit déclare publiquement que cette subvention est trop onéreuse et qu’il faut trouver une solution moins coûteuse.

Or dans cette municipalité, il y a un citoyen qui a été par le passé l’initiateur de jardins collectifs sur un terrain en friche. Ce fut un immense succès. Il a été approché pour s’occuper bénévolement des jardins de la fermette appartenant à la ville. Ce qu’il accepta avec fierté par l’entremise des réseaux sociaux. Ce monsieur coloré, un peu rustre, aime bien faire les choses à sa manière. Des fonctionnaires ou des bureaucrates dans ses plates-bandes, très peu pour lui. Mais un riche citoyen de l’endroit, à la tête de demain cette ville, n’apprécie pas cette nomination et fait connaître de façon condescendante son désaccord en affirmant qu’un simple bénévole ne peut pas être à la hauteur d’une telle tâche. Pourtant, ce citoyen avait prouvé le contraire. Coup de théâtre, le riche citoyen réussit à orchestrer un désaveu de la ville pour avoir son propre jardinier, un expert qui pourra prodiguer son savoir au petit peuple. Depuis des millénaires que l’homme (et la femme) cultive pour se nourrir, mais dans cette ville, ça prend un expert. Ledit expert est le même qui s’occupait des jardins de la fermette avant qu’elle ne ferme, avec une facture de plusieurs millions de dollars, assumée par les citoyens de cette ville. En catimini, le riche citoyen, avec sa garde rapprochée, a fait du lobby auprès du maire de cette ville. Leur rencontre s’est conclue par un revirement de situation. Demain cette ville a réussi à soutirer une subvention au maire, aux frais des contribuables, pour payer le jardinier de son choix. Par ce fait même, on congédie le jardinier bénévole de façon cavalière en reniant la parole donnée. Le jardinier bénévole devient du jour au lendemain un citoyen abasourdi par ce qui vient de se produire.

Le riche citoyen n’a sûrement pas lu le livre Demain le Québec qui prône l’initiative citoyenne, le partage, l’entraide, l’abolition des statuts sociaux, etc. D’ailleurs, ce personnage fictif aurait eu avantage à s’attarder sur certains passages du livre comme :

— Ne doutez jamais qu’un petit groupe d’individus réfléchis et engagés puissent changer le monde. C’est toujours par eux que le changement arrive. (Margaret Mead)

— D’abord, ils vous ignorent, ensuite ils vous ridiculisent, puis ils vous combattent, mais à la fin, vous gagnez. (Mahatma Gandhi)

— Il faut combattre un monde où l’on tente d’isoler, de précariser les gens, de les dresser les uns contre les autres. Nous devons lutter contre l’idée pernicieuse et toxique que nous sommes impuissants, lutter contre le chacun pour soi, cette idée qui fait l’effet d’une camisole de force paralysant notre capacité d’agir ensemble. (Les auteurs du livre Demain le Québec)

— Il ne faut pas te fier sur les subventions qui prennent du temps et peuvent être retirées à tout moment. Si t’attends juste après les subventions gouvernementales, tu ne fais jamais rien (citoyen Jacques Proulx)

— On n’a pas réalisé d’études ni écrit des rapports, on n’a pas demandé l’autorisation des autorités pour le faire, on l’a simplement fait. (citoyen Paul Warhurst)

Quelle histoire, pour une toute petite parcelle de terre, toute cette politicaillerie, ce lobby, ce manque de classe, cet abus de pouvoir d’une classe d’élite qui se pense tout permis. Heureusement que c’est de la fiction. Est-ce que ce récit pourrait s’appliquer à Granby ?

Richard Dubé

Granby

Et Néron mit le feu à Rome

En juillet 64, l’histoire prétend que Néron fit mettre le feu à Rome. Cet acte débile, si évidemment tous les historiens s’entendent, est le fruit d’une ambition démesurée et de la pression politique exercée contre la gouvernance narcissique du fils d’Agrippine la Jeune. Il avait sans doute hérité de la folie maternelle.

Aujourd’hui, un autre narcissique s’apprête à mettre le feu au Moyen-Orient, à brûler le peu d’influence que détiennent encore les É.-U. dans cette partie du monde. Trump joue avec toutes les allumettes qu’il trouve : l’ambassade américaine à Jérusalem, l’Iran. 

Il ne semble pas mesurer la portée de ces gestes. Je doute d’ailleurs qu’il soit capable de comprendre la haine et la colère qu’il a mises dans la bouilloire. Bien sûr, Israël a une armée puissante et bien entraînée, financée par le peuple américain. Malheureusement, l’autre partie de l’équation est ignorée comme si elle n’existait pas. Une vie palestinienne vaut bien peu pour les Israéliens. La conséquence qui en résulte est que la mort d’un nombre de Palestiniens devient un choix pour redonner à leur peuple le droit de vivre.

Il y aura sans doute une autre guerre dans un Moyen-Orient dévasté par un manque de clairvoyance des hommes politiques américains. Le terrorisme se cherchera de nouvelles cibles flamboyantes, lesquelles, je crois, se trouveront en sol américain. Les États-Unis ont peu d’antennes dans ce monde en ébullition pour leur permettre de parer les coups. Personne ne souhaite un autre 11 septembre, mais je crois que la recette Trump a placé tous les ingrédients dans le chaudron que l’on a posé sur le feu.

Il faut être totalement inepte pour penser que le beau-fils Kushner a la trempe requise pour pacifier le Moyen-Orient. Le plus inquiétant demeure que 43 % du peuple américain croit que l’Amérique peut être grande sous ce type de gouverne.

À l’époque romaine, les empires vivaient plusieurs siècles. Aujourd’hui, les siècles sont devenus des décennies. La grandeur américaine est née avec la guerre 39-45. Cette grandeur est désormais en décadence. Les alliés de ce géant aux pieds d’argile ont perdu confiance et le président improbable actuel mène cette nation jadis grande vers un cul-de-sac d’où il sera difficile de sortir lorsqu’un autre Américain ou Américaine, présidentiable cette fois-ci, prendra le pouvoir.

Le mal que cette administration chaotique aura semé en politique, en environnement et pire encore à la vérité sera difficile à réparer, voire impossible.

Il faut souhaiter que quelqu’un dans cette Maison-Blanche perçoive la lumière. Hélas, les chances sont très minces.

Gilles Guay

Granby