La Voix des lecteurs

La CAQ : quatre trente sous pour une piasse !

Les élections arrivent à grands pas et c’est un moment que malheureusement plusieurs citoyens ne prennent pas au sérieux. La démocratie est un droit précieux dont nous devons prendre soin. Dans plusieurs pays, les gens se battent et meurent pour pouvoir se débarrasser de dictateurs afin de réussir à devenir une démocratie ; on n’a qu’à penser à des pays du Moyen-Orient et d’Afrique. Bien des gens pensent que ça ne peut pas arriver ici, mais regardez ce qui se passe chez nos voisins les Étatsuniens ! Leur président « saccage » les relations qu’ils entretenaient avec plusieurs pays démocratiques et il se colle sur des pays comme la Corée du Nord ou la Russie où les droits de la personne ne sont pas respectés, il faut même l’éloge de leurs dirigeants.

Chacun d’entre nous doit s’informer pour les élections de cet automne et surtout, ALLEZ VOTER ! Vous devez lire, faire de petites recherches, écouter différents bulletins de nouvelles, diversifier vos sources. Allez dans les assemblées de cuisine et posez des questions. Faites un choix éclairé et ne votez pas parce que tout le monde vote pour un parti qui serait en avance dans les sondages sans même savoir pourquoi.

Présentement, si je demande à certaines personnes pour qui elles vont voter, plusieurs répondent pour la CAQ. Si je leur demande pourquoi, elles me répondent « parce qu’on veut du changement » et si je leur demande quels sont les changements que la CAQ propose eh bien, je n’obtiens aucune réponse !

Personnellement, je ne sais pas où est le changement, car dans ce parti on s’échange les députés avec les libéraux. Leurs idées sont très proches et lorsqu’on écoute ce qu’ils proposent, ils ont des idées bien plus à droite que les libéraux ; alors, expliquez-moi c’est quoi le changement ? Moi je vois seulement qu’on va échanger « quatre trente sous pour une piasse » ! Si je veux du changement, je voterais plutôt pour Québec solidaire, ça c’est du changement : leurs députés sont majoritairement des nouveaux venus en politique, leurs propositions sont collées sur les besoins de la population plutôt que sur les profits records des grandes entreprises et des plus riches.

C’est pour ça qu’on doit lire les journaux et regarder les nouvelles. Dans un reportage que j’écoutais à la radio de Radio-Canada, l’analyste disait que François Legault, lorsqu’il était au Parti québécois, avait fait un ministre de l’éducation et de la santé ; alors qu’est-ce qui me garantit qu’il sera bon comme premier ministre ? De plus, dans le Devoir du 23 juin, je lisais la chronique de Michel David qui disait : dans l’étude de François Legault sur les « finances d’un Québec souverain » parues en mai 2005, « elle dissipe les vieilles peurs sur la précarité économique d’un Québec souverain et remet en question les arguments à propos de la soi-disant rentabilité du fédéralisme », écrivait-il à l’époque et maintenant il nous dit qu’on devrait rester dans un pays qui n’est pas rentable pour nous selon lui ? Suite à mes lectures et aux reportages écoutés, je suis plus en mesure de me faire une opinion. Je serais incapable de faire confiance à une telle girouette, il me fait plus penser à un opportuniste qui veut absolument le pouvoir.

Les libéraux se « pètent » les bretelles de leur réussite quant aux finances de la province. Si on prend le temps de regarder en arrière, on s’apercevra rapidement que ceux qui en ont fait les frais et qui subissent encore les conséquences de cette « prétendue » réussite sont les pauvres, la classe moyenne, les malades, les élèves, les organismes d’aide à la population, les travailleurs de la santé (ici, bien entendu, les médecins et spécialistes sont exclus) pour ne nommer que ceux-ci. Les biens nantis et les grosses entreprises ne sont pas passés dans le tordeur eux ! De quoi devrions-nous nous réjouir ? Que le citoyen fût oublié au profit des salaires des médecins et des spécialistes ? Les pseudo investissements en santé et éducation ne sont qu’un léger rattrapage de plus de 15 ans de coupure sous leur règne.

On entend souvent que les gens sont tannés des vieux partis ; ici on sous-entend les libéraux et le Parti québécois. Les libéraux ont environ 150 ans et le Parti québécois 40 ans. Je ne sais pas si c’est parce que je vieillis, mais 40 ans, ce n’est pas si vieux que ça !

Ce qu’il faut, comme citoyen, c’est aller rencontrer les candidats et poser des questions, comme : qu’est-ce que vous proposez pour résoudre les problèmes d’attente dans les urgences, l’accessibilité à un médecin, l’aide pour les parents qui ont un enfant sévèrement handicapé, l’aide aux élèves en difficulté, l’aide et la reconnaissance aux professeurs, infirmières, préposés aux bénéficiaires. Qu’est-ce vous allez faire, rapidement, pour résoudre le problème des centres de tri, pour protéger l’environnement, est-ce vous allez autoriser l’installation de nouveaux pipelines ou le renversement du flux dans celles déjà existantes et qui sont très vieilles ? Quelle aide sera apportée à nos aînés ? Qu’est-ce qui sera fait pour améliorer l’intégration des nouveaux arrivants ? Et on peut encore rajouter toute une longue liste d’autres questions.

Je trouve ça dommage que plusieurs personnes refusent de parler politique parce « qu’elles ne veulent pas de chicane ». Un bon débat, dans le respect évidemment, il n’y a rien de mieux pour développer nos idées, apprendre et échanger sur plusieurs enjeux de la société.

Si je devais voter demain matin, je serais vraiment bien embêtée, car mon idée n’est pas faite encore, mais je vais continuer de m’informer et essayer d’aller rencontrer les députés lors de leur campagne. Je veux faire un choix éclairé !

Dans la chanson le « droit de chialer » des Vilains Pingouins, on dit « que le droit de voter ben c’est aussi le droit de chialer » ; donc il y a au moins 30 % de la population qui a perdu ce droit aux dernières élections provinciales !

Marie-Hélène Gagnon

Saint-Césaire