La Voix des lecteurs

Vive le changement ! Quel changement ?

L’austérité néolibérale du gouvernement libéral de 2003 avec Jean Charest jusqu’à Philippe Couillard en 2018 connaît maintenant son effet boomerang. Voilà que la CAQ et le PLQ viennent de découvrir l’importance de l’environnement, de l’éducation et de la santé et promettent non pas de « dépenser mais d’investir » dans ces piliers de l’économie. Évitons de nous laisser prendre au piège comme de vulgaires souris. La trappe qui tue tient sa force de notre naïveté et de notre crédulité.

La campagne électorale sera essentiellement le fromage qui camouflera la trappe. Il faut comprendre que peu de mesures pourront réparer le tort fait aux plus vulnérables et à toutes ces générations qui ont été obligées de vivre dans des conditions misérables pour permettre à ces partis politiques de transformer les surplus budgétaires en baisses d’impôts. Appauvrir les pauvres et enrichir les riches, exactement le programme de Donald Trump et de tous les partis de droite qui attirent les banquiers, les spécialistes en santé et les riches entrepreneurs.

Actuellement, dans plusieurs pays d’Europe, les citoyens votent librement et volontairement pour donner le pouvoir presque dictatorial à cette oligarchie de droite et parfois d’extrême droite. Nous, comme ces populations, nous nous apprêtons à voter pour un pseudo changement qui, autant sur le plan de l’économie que des valeurs humaines, n’est qu’un mirage, un triste mirage. Nous nous apprêtons à choisir bêtement des loups cachés sous des airs de moutons. Comme certaines nuées d’insectes ou de volées d’oiseaux ou de bancs de poissons, nous virevoltons de manière tellement grégaire et injustifiée : tantôt à droite, tantôt à gauche, tantôt en haut, tantôt en bas.

Normalement, dans un monde intelligent, la politique devrait être le cerveau qui gère le monde de l’économie et faire en sorte que l’économie soit au service de la société et non le contraire. Quand nous réfléchissons un peu, il nous est aussi ridicule d’adhérer à l’idée que la société n’existe pas que de croire que le soleil tourne autour de la terre. Mais voilà, il semble que tout près de 50 % des humains croient, 400 ans après Galilée, que le soleil tourne autour de la terre. Il ne faut pas donc pas être surpris de constater que certaines personnes soient convaincues qu’elles n’ont pas besoin de la société pour vivre et que leur bien-être dépend uniquement de leurs capacités personnelles, intellectuelles et physiques.

Et pourtant, à moins de faire preuve d’imbécilité, nous reconnaissons que, sans la société, nous ne serions rien, absolument rien et que 90 % de nos vies dépendent d’éléments sur lesquels nous n’avons pas beaucoup de pouvoir. Pourquoi tendre l’oreille à ces charlatans et pire encore élire ces gens qui veulent détruire la société en anesthésiant son cerveau, c’est-à-dire son gouvernement et la fonction publique ?

L’hérésie néolibérale qui nous a été enfoncée dans la gorge depuis 1979 a élevé les lois du marché sur le trône de la divinité et a réduit la démocratie en adoratrice de cette idole aveugle, sourde et sans cœur. Voilà le changement que nous appuierons probablement au mois d’octobre : blanc bonnet, bonnet blanc.

André Beauregard

Shefford

Terrassée par un triple attentat

Dimanche, Martine Ouellet avec seulement 32 % d’appui au référendum tenu par le Bloc vient politiquement de rendre l’âme. Elle aura été victime d’un triple attentat : 

1) Attentat à sa rigueur, intellectuelle et politique par les sept députés démissionnaires appuyés par 20 ex-députés sous la gouverne de Gilles Duceppe. Ceux-ci ont voulu l’empêcher de parler d’indépendance, à temps et à contretemps, comme étant la seule solution au traitement actuel du Québec au sein du régime fédéral trop souvent inéquitable malgré le travail du Bloc dossier par dossier avec parfois un certain succès mais aussi avec la conséquence trop souvent de rendre ce régime tolérable. 

2) Attentat à sa candeur, parce qu’elle osait, avec l’esprit d’une « femen » et le cœur nu, au sein même de la Chambre des communes, l’institution centrale du régime fédéral, vouloir que le Bloc exprime à l’occasion de différents dossiers qui désavantagent le Québec que la seule solution pour l’équité était l’indépendance. 

3) Attentat à sa pudeur démocratique, alors que les 27 « putschistes » auxquels s’est ajouté Mario Beaulieu qui l’avait recrutée, de même que l’aile jeunesse du parti, ont finalement imposé leur « FAUTQUAPARTE » en forçant la tenue hâtive d’un vote de confiance à son endroit et qu’ils ont finalement gagné en fin de semaine. 

Les conclusions que je tire sont les suivantes : le Parti québécois ne s’est-il pas contenté d’être le spectateur lâche de cette « crucifixion » d’une femme politique indépendantiste ? Le Bloc, après avoir sacrifié au nom de la charte des valeurs cette autre femme de grande valeur qu’était Maria Mourani — qui a fait par la suite une profession de foi fédéraliste —, la question se pose : que fera Martine Ouellet à titre d’indépendantiste désavouée et finalement terrassée ?  

Denis Forcier 

Shefford

Les jambes du maire de Granby

Le samedi 2 juin, je profitai de la journée portes ouvertes de certains immeubles publics de la municipalité de Granby. 

Lors de ma visite, en avant-midi, à l’hôtel de ville, je fus accueillie chaleureusement par une équipe d’hommes et de femmes. Monsieur le maire Bonin était dans le hall en discussion avec quelqu’un. Il portait un bermuda, malgré le matin frisquet. Le contraste était frappant entre les hommes à l’accueil portant des pantalons longs et le maire en bermuda. 

Parmi mes visites, je signale celle du Service de police. Le directeur, Marc Beauregard, lui, recevait les groupes par un court discours et laissait, par la suite, le soin à son équipe de policiers de guider les visiteurs. Bravo au directeur et à son équipe pour les informations intéressantes, pertinentes et leur professionnalisme !  

À tous les endroits que je visitai, les guides portaient des uniformes ou des vêtements conventionnels appropriés aux circonstances. 

Avez-vous vu, en personne ou en photo, l’ex-maire Coderre de Montréal ou le maire Labeaume de Québec en bermuda lors d’événements publics ?  

Je vous laisse le soin de répondre à cette question.

Jeanne Boulianne 

Granby