La Voix de lecteurs

Granby, ville rayonnante mon œil !

Je suis une citoyenne de la ville depuis un certain temps, mais j’ai habité dans plusieurs villes du Québec et de l’Ontario depuis ma naissance. Je n’avais pas encore vu une ville dont le service de police et/ou de stationnement est aussi à cheval sur le respect du règlement municipal sur la circulation et le stationnement, surtout près d’un hôpital.

En octobre 2017, ma mère était à l’hôpital de Granby, et je me dépêchais pour arriver à temps afin de l’aider à prendre son petit déjeuner. Je me suis donc stationnée près d’une intersection en pensant que je respectais la distance de 5 mètres, mais j’aurais dû penser à mettre un ruban à mesurer dans mon auto et à m’en servir. En effet, quand je suis retournée à ma voiture, un beau constat d’infraction m’attendait sur mon pare-brise. L’employé de la ville, lui, il a pris son ruban à mesurer ? Si j’avais été si près de l’intersection, je peux vous assurer que j’aurais stationné ailleurs. En bonne citoyenne que je suis, j’ai payé le constat, et je n’ai rien dit.

Je suis maintenant en invalidité de longue durée (perte d’autonomie et mobilité réduite), et je dois me rendre régulièrement à l’hôpital pour des prises de sang. En juillet, j’ai stationné mon auto sur la rue (stationnement durée de 60 minutes), et tout a bien été. Aujourd’hui, je me suis stationné au même endroit pensant que tout irait aussi bien qu’en juillet, mais non. Le nouveau système informatique de l’hôpital pour la salle d’attente de la section des prélèvements a planté. Vous pouvez vous imaginer le délai du temps d’attente ? Ce que j’ai pu faire en moins d’une heure en juillet m’a pris deux heures aujourd’hui. Quand je suis retournée à ma voiture, un autre beau constat d’infraction m’attendait sur mon pare-brise. Encore 43 $ de contribution à la ville rayonnante de Granby !

Vraiment ? Est-ce que l’hôpital de Granby est une trappe à constats ? Je fais quoi dans trois mois quand je vais devoir aller quelque part pour mes prélèvements ?

Sincèrement,

Lyne Hallé

Granby

La souveraineté alimentaire, qu’en est-il ?

Les dernières concessions canadiennes dans le nouveau traité avec les États-Unis et le Mexique nous amènent à réfléchir sur notre souveraineté alimentaire. Pour notre gouvernement, cet objectif devrait être une priorité incontournable, car elle est essentielle à la survie et à la qualité de vie de nos familles.

Souvenons-nous que la population mondiale est passée de 1 milliard à 7 milliards depuis le début du 20e siècle. Le problème démographique ajouté au réchauffement de la planète a de tristes conséquences : en effet, 22 % de la population du globe sont incapables de subvenir adéquatement à leurs besoins alimentaires de base.

Depuis de nombreuses années, les gouvernements canadiens qui se sont succédé ont bien compris l’importance de cet enjeu de la souveraineté alimentaire pour le peuple canadien. C’est pourquoi en concertation avec le monde agroalimentaire, ils ont appliqué la gestion de l’offre qui garantit aux consommateurs un approvisionnement de produits frais tout en ne faisant pas de surproduction.

Parce que la santé des consommateurs constitue la principale préoccupation des producteurs québécois, ceux-ci tiennent à respecter des règles strictes de température d’entreposage, d’hygiène, de niveau bactérien, etc. Les résultats des analyses de qualité qui sont en dessous des normes en vigueur entraînent des pénalités et peuvent conduire au refus du lait. Les échantillons de lait sont également testés pour s’assurer qu’ils répondent aux normes concernant les bactéries, les cellules somatiques et les sédiments. De plus, le lait ne doit contenir aucune trace d’adultération par l’eau ou par les antiseptiques. Oui, c’est sévère ! Oui, c’est strict !

Depuis 40 ans, les consommateurs ont largement profité de la qualité et de la diversité des produits issus de nos entreprises agroalimentaires familiales qui se transmettent de génération en génération. De plus en plus sensibilisés aux exigences environnementales et au respect de la vie animale, ils saluent avec joie l’application des nouvelles normes. Mais, faut-il le rappeler, celles-ci exigent des investissements financiers qui se comptent par centaines de milliers de dollars. 

Lors des traités signés avec l’Europe et l’Asie, le gouvernement de M. Harper a fait des concessions qui ont grugé la gestion de l’offre. Pour réduire les conséquences négatives, ce même gouvernement a mis en place un système de compensation pour des projets de modernisation, mais... la date butoir a fait en sorte qu’un grand nombre de producteurs n’ont pu profiter du programme. 

De plus, l’industrie agroalimentaire canadienne subit des pressions importantes de la part des producteurs américains. Ils sont les plus grands producteurs de lait au monde et, par conséquent, ils sont aussi de grands exportateurs. Ils exportent 40 % de leur production. Leur situation n’est pas comparable : des centaines de fermes comptant plus de 10 000 vaches, absence de normes environnementales, absence de normes concernant le bien-être animal, normes bactériennes extrêmement faibles, etc. 

Suite à ces considérations, la question se pose : pourquoi le gouvernement de M. Trudeau a-t-il concédé des parts du marché canadien dans un secteur aussi efficace et aussi rentable et qui fonctionne sans aide gouvernementale ? Pourquoi fragiliser un secteur prospère qui fonctionne bien et dessert toutes les entreprises de transformations, des entreprises qui emploient des milliers de travailleurs canadiens ? À ces questions, M. Trudeau, quelles réponses honnêtes allez-vous nous donner ?


Jérôme Ostiguy, producteur agricole, Président des producteurs de la Haute-Yamaska

Shefford