La police de l'Ontario est intervenue à Belleville, lundi matin, alors que les barricades érigées sur le chemin de fer de cette localité n’avaient toujours pas été démantelées, malgré l’ultimatum lancé par la police du Canadien National (CN) et la Police provinciale de l’Ontario.

La solution au blocus ferroviaire

LA VOIX DES LECTEURS / Actuellement, les discours portent sur les conséquences du blocus, mais très peu sur LA cause de ce dernier. Bien sûr, le blocus a d’importantes conséquences sur la vie de milliers de Canadiens. Le risque de tourner à la catastrophe humanitaire ou pire n’est pas à ignorer.

Quoi faire ? Respecter les droits contractuels de la compagnie ou respecter les droits ancestraux des Premières Nations ? Les avantages financiers de la TC Energy, l’entreprise derrière le projet de gazoduc Coastal GasLink, sont-ils plus importants que la qualité de vie des Premières Nations ?

Depuis 300 ans, on les a parquées sur des territoires minuscules. On a cherché à les occidentaliser de force et on les maintient dans une pauvreté scandaleuse et révoltante. On continue à les déposséder de leur territoire, de leurs richesses naturelles et de leurs droits.

En cette décennie où la catastrophe climatique touche durement la vie de millions de Canadiens, comment peut-on collectivement et individuellement jeter le blâme sur ceux et celles qui ont vécu en symbiose avec la nature ? Plusieurs l’ont déjà prédit, il est fort possible que les Premières Nations, autant en Amérique du Nord qu’en Amérique du Sud, et probablement ailleurs dans le monde soient les véritables sauveurs de l’environnement et des écosystèmes. Bien avant l’arrivée des envahisseurs étrangers, ils avaient compris que la Terre était leur mère. Ils avaient un respect sans borne pour la forêt, les cours d’eau, la faune et la flore.

Cette crise actuelle ne constitue-t-elle pas une occasion en or de réduire le réchauffement climatique dû aux GES produits par le combustible fossile ?

Nous sommes devant un choix humanitaire d’une importance absolue : la bourse ou la vie ; le pétrole ou l’environnement. Contrairement à bien d’autres civilisations, les nouvelles technologies en science et en communication font en sorte que tout le monde est au courant des causes et des conséquences liées au réchauffement climatique. Nous ne pouvons pas demeurer insensibles à ce problème et marcher froidement vers l’effondrement annoncé de l’Humanité.

Le gouvernement fédéral a déboursé 4 milliards $ pour l’achat d’un gazoduc et le ministre de l’Environnement du Québec a qualifié de « négligeables » les GES produits par certains projets miniers et autres. Ces faits illustrent très bien la vision dominante : la bourse d’abord ; la vie peut-être. La croissance économique aux dépens de la protection de l’environnement. Bien sûr, nos millions de petits gestes posés dans le but de protéger l’environnement et de réduire les GES sont une goutte d’eau très « négligeable » si on les compare aux émissions produites par les projets des gouvernements et des multinationales. Pendant que les rapports scientifiques rappellent que l’Humanité fonce dans le mur à une vitesse exponentielle, la volonté politique et sociale fait preuve d’une insouciance que l’on peut qualifier de criminelle.

Notre civilisation est à la croisée des chemins : voulons-nous vraiment respecter les Premières Nations, réduire les GES, protéger l’environnement, la paix sociale et la vie des Canadiens ? Si oui, la solution apparaît limpide : stopper totalement et immédiatement le projet de gazoduc et payer le milliard qui découlerait de cette décision.

André Beauregard

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