On se croirait revenue au temps de Philippe Couillard et des compressions brutales dans les services publics. La réforme arbitraire du système scolaire que viennent de nous imposer François Legault et son ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, semble calquée sur celle du milieu de la Santé décrétée par l’ex-ministre Gaétan Barrette.

La loi 40 : scandaleux !

LA VOIX DES LECTEURS / On se croirait revenue au temps de Philippe Couillard et des compressions brutales dans les services publics. La réforme arbitraire du système scolaire que viennent de nous imposer François Legault et son ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, semble calquée sur celle du milieu de la Santé décrétée par l’ex-ministre Gaétan Barrette.

« C’est la pire réforme de la Santé qu’on ait vue au Québec », clame cinq ans plus tard le président de la Fédération de la Santé et des Services sociaux, Jeff Begley (Le Devoir, 8 février 2020).

La réforme du ministre Roberge est, quant à elle, un acte honteux, et pas seulement parce que la loi 40 a été adoptée sous le bâillon aux petites heures par l’Assemblée nationale, samedi matin, exactement comme l’avait été la loi 10 du ministre Barrette.

Abolir les commissions scolaires francophones et maintenir celles des anglophones est absolument scandaleux. Par ce geste, le gouvernement Legault crée deux manières de gérer le système scolaire pour deux classes de citoyens : les anglophones et les francophones.

Ce n’est sûrement pas par désir de subir un tel affront que beaucoup d’électeurs ont porté les caquistes au pouvoir. Maintenant, peut-être réaliseront-ils que leur commission scolaire restait leur dernier rempart contre l’ingérence de Québec dans certains dossiers.

De plus, cette loi accentue la ségrégation scolaire en permettant aux parents d’envoyer leur enfant à l’école de leur choix, surchargeant ainsi de demandes des directions d’école déjà débordées. Bonjour les emmerdes! Au revoir la mixité sociale !

Dorénavant, qui décidera du sort des écoles d’ici, de l’endroit où la prochaine sera construite ? Un fonctionnaire cantonné à Longueuil ? Combien d’anciennes commissions scolaires relèveront d’un même centre de service ? Et qu’adviendra-t-il de la taxe scolaire ?

M. Roberge nous maintient dans le brouillard. Pourquoi Québec ne l’a-t-elle pas abolie en même temps que les commissions scolaires qui détenaient seules le pouvoir de la prélever ? Est-ce le gouvernement qui lèvera directement cet impôt foncier pour financer une partie de ses services ?

Tout un précédent ! En tout cas, c’est ce que semblait craindre, lundi, la mairesse de Montréal, Valérie Plante. Là-dessus, on est tous dans la brume.

Sur le terrain, cette réforme approximative n’augure rien de bon pour les élèves, les parents et tous les professionnels de l’éducation qui serviront de cobayes au ministre Roberge.

Mais reste à voir si son tortueux projet, qui ouvre la porte aux contestations, tiendra la route.

Chantal Beauchemin

Granby