La continuité dans la médiocrité?

Les voyageurs montent dans l’avion et dans un geste grandement démocratique, ils sont appelés à élire le pilote de l’avion. Ils décident de choisir une personne qui leur ressemble, une personne à l’image de la majorité des clients présents dans l’avion. La compétence pour piloter l’avion n’est tout simplement pas considérée comme un critère jugé utile. À la suite de ce geste démocratique, se retrouve assise sur le siège du pilote la personne librement choisie puisqu’elle est très cool. Et ensuite... boum !

En 2013, à Granby, si le candidat s’habillait cool et parlait cool, c’était amplement suffisant. Avait-il une véritable compréhension de la vie municipale en ce XXIe siècle ? Ce questionnement n’a pas été jugé très pertinent.

En 2017, l’électorat granbyen choisira-t-il la continuité dans la médiocrité ? Soutiendra-t-il à nouveau la médiocrité des initiatives actuelles face à la sauvegarde du patrimoine, la protection de l’environnement, la promotion de la vie culturelle et le soutien aux organismes communautaires ?

Depuis quatre ans, la salle du conseil municipal de Granby déborde de bourdes et d’opinions strictement personnelles et sans fondement sorties directement de la bouche du maire. Celui qui se vantait d’être à l’écoute des citoyens n’a jamais été capable de faire la distinction entre « laisser parler les citoyens » et « s’ouvrir l’esprit à leurs propos ». Ce n’est pas parce qu’on rencontre quelques citoyens le samedi matin ou parce que la période de questions s’allonge indéfiniment qu’il y a automatiquement une réelle écoute de la part de celui qui préside. Dans un nombre important de dossiers, il n’y a pas eu de véritables consultations. À la fin de processus souvent opaques et remplis de cafouillages, la plupart des décisions ont découlé de « l’omniscience infuse » et de « la pseudo logique implacable » du premier magistrat dont la seule et unique préoccupation se résume à laisser une marque visible de son passage à la mairie de Granby.

Les sommes engouffrées dans le poste du « paraître superficiel et illusoire » ont constitué le « branding surprise » du mandat qui se terminera le 5 novembre prochain. Des milliers de dollars ont été gaspillés inutilement dans les bébelles du parc Pelletier, dans les monstres géants éparpillés dans la ville, dans le faucardage effectué dans le lac Boivin, etc. Une ville transformée en parc d’amusement par des projets fourre-tout improvisés ! Beaucoup trop d’argent et d’énergies ont été consacrés à donner l’illusion d’agir ou à satisfaire le désir de paraître. De plus, comment qualifier cette volonté de prioriser la vie économique de la ville au détriment de la qualité de vie des citoyens ? Pourquoi laisser certains quartiers résidentiels être transformés en dépotoirs envahis par la fumée ou le bruit ?

En 2017, les Granbyens choisiront-ils la personne qui semble cool ou la personne qui sait piloter ? La personne qui improvise ou la personne qui présente de véritables projets sociaux et environnementaux ? Un héros de bandes dessinées ou un candidat compétent et responsable ? Un leader loufoque ou un leader éclairé ? Au matin du 6 novembre, les citoyens en lien avec Granby, ville-centre, seront-ils fiers du choix des électeurs ?

André Beauregard

Shefford