Alyssa Milano a choisi une arme fatale qui fait feu à tout coup : les réseaux sociaux. Son hashtag #MeToo­ permet de faire sortir au grand jour des agressions blotties dans la honte, note Céline Massé.

La chasse est ouverte

Oyez ! Oyez ! La saison de chasse aux prédateurs sexuels est ouverte. Le gibier ne manque pas et il est sidérant de constater les ravages laissés après son passage. Alyssa Milano a choisi une arme fatale qui fait feu à tout coup : les réseaux sociaux. Son hashtag #MeToo­ permet de faire sortir au grand jour des agressions blotties dans la honte, des expériences sexuelles humiliantes, des violences physiques et mentales qui ont flagellé l’âme et marqué la vie de trop de personnes.

Beaucoup de victimes se sont réfugiées dans le mutisme et c’est maintenant l’heure de les ameuter pour les inciter à dévoiler des noms tapis dans le secret de la peur. La révélation des traumatismes vécus leur permettra de guérir des plaies encore au vif et de mettre un baume sur des cicatrices­ toujours douloureuses. 

Selon les déclarations of­ficielles, plus de la moitié de la population, incluant les deux sexes, a un jour ou l’autre au cours de son existence subi des assauts de nature sexuelle et à mon tour je tague plusieurs fois : #MeToo/#MoiAussi. 

Loin de moi l’idée d’englober toute la gent masculine. Je suis consciente que la majorité des hommes respectent les limites qu’imposent le respect et la liberté de chacun. Non, mon objectif vise ceux qui sont atteints du syndrome morpionique, ceux qui parasitent toutes les sphères de notre société. Je parle de ces mâles dominés par leurs bas instincts, qui sont affligés d’un égo surdimensionné et qui, abusant de leur notoriété ou de leur autorité, ne se gênent pas pour sauter et s’accrocher à tout ce qui s’approche de trop près d’eux, comme fait un morpion. 

Malheureusement, il y a toujours eu et il y aura encore toujours de vieux « mon oncle Léo », comme chantait Éric en 1966, des individus aux mains baladeuses, de vulgaires personnages à la langue sale, des mecs vicieux aux yeux cochons et des hurluberlus qui, tel un paon, exhibent sans vergogne la seule plume qui les pare. 

Par contre, je ne suis pas prête à jeter la pierre à qui que ce soit, ni aux victimes qui ont eu peur ou honte de réagir, ni aux harceleurs qui ont profité de leur position et de la faiblesse de leur proie. Je dis tout simplement, IL FAUT QUE ÇA CESSE et si c’est une maladie mentale, qu’on trouve au plus vite une pilule rose pour faire monter un peu de matière grise dans le cerveau du mâle infecté. En attendant mieux, le meilleur remède reste la dénonciation. 

Les prédateurs sexuels déclarés ne sont pas au bout de leurs peines. Ils paient très cher leur inconduite. Ils se retrouvent en enfer, diffamés, ruinés, condamnés au pilori, « abandonnés de Dieu et maudits de tous les messieurs », comme les pestiférés d’Albert Camus. Cruel comme châtiment, mais hélas, pour plusieurs, c’est le seul moyen de leur faire intégrer la leçon. 

Je doute fort que des cours obligatoires d’éducation sexuelle à l’école changent les mentalités, d’autant plus que les enfants sont aujourd’hui beaucoup plus au courant qu’on ne le croie. De plus, la morale et le respect de soi et de l’autre, ça s’enseigne par l’exemple et non pas dans les livres.

Céline Massé

Granby