Le maire de Granby, Pascal Bonin

Hausse de salaire, baisse de civisme

COURRIER DES LECTEURS / Pendant la dernière campagne électorale, le maire s’est targué de dire que la ville de Granby se voulait innovante, qu’il voulait faire de la politique différemment, entre autres par l’entremise de la participation des citoyens dans l’élaboration de ses pancartes électorales. Avec l’augmentation du salaire des élus municipaux, le maire et son conseil ont manqué une belle opportunité d’innover.

Ce n’est pas parce que la ville occupe les dernières places d’un classement que c’est nécessairement négatif. En ce sens, selon le Larousse, innover se veut être le fait d’introduire quelque chose de nouveau pour remplacer quelque chose d’ancien dans un domaine quelconque. Pourquoi ne pas utiliser le montant de cette hausse pour financer des projets culturels ou sociaux ? Après tout, la hausse représente une dépense d’environ 75 000 dollars par année. Si ma mémoire est bonne, un groupe de citoyen demandait le tiers de ce montant pour redresser la barque de la Ferme Héritage Miner. 

Certes, certains diront que sur un budget de plus de 100 millions par année, cette hausse est banale, voire infime. D’autres diront que de bons salaires pour nos élus limitent les risques de corruption. Cependant, quand nous prenons en compte la situation économique de la ville, la donne change. Avec cette hausse, le salaire d’un conseiller deviendrait supérieur au salaire moyen du citoyen ordinaire. C’est bien payé pour certains qui sont aussi visibles que des pancartes électorales en ce début de février. Bref, est-ce juste et équitable, la question n’est pas là. 

Seul à bord de son navire contre vents et marées, M. Nappert a encore une fois subi les foudres de M. Bonin pour son opposition à cette hausse. La relation houleuse entre les deux hommes n’est plus un secret. Cependant, la divergence de convictions n’excuse en rien l’attaque des convictions de M. Nappert par le maire. Chacun a droit au respect de son opinion. Finalement, pour graviter dans un milieu rempli de jeunes passionnés de politique, je ne crois pas que l’aspect financier est l’incitatif principal pour se lancer en politique. Des leaders visionnaires, innovants et rassembleurs sont une source de motivation beaucoup plus grande pour des jeunes politiciens en devenir. Malheureusement, le climat politique actuel présent à Granby n’est pas propice à la formation de la future génération d’élus municipaux.  

François Bélanger, étudiant à la maîtrise en Droit international et politique internationale appliqués

Granby