Étudiante recherche environnement stimulant

Étant étudiante à temps plein en sciences humaines au cégep, je passe en moyenne 20 heures par semaine entre quatre murs de classe blancs/beiges, dont un d’entre eux est muni de quelques fenêtres, des bureaux solos rivés vers l’avant et un éclairage artificiel blanc. Le tout ayant pour seule décoration un tableau interactif... blanc.

Le modèle des écoles a été créé au 19e siècle et pendant ce temps, c’était l’aspect pratique, soit l’apprentissage, et non l’aspect architectural qui primait. Depuis, ce sont toujours les mêmes dimensions, couleurs et matériaux qui sont utilisés encore et encore. Or, il est prouvé qu’une architecture scolaire de qualité améliore les rendements scolaires. La luminosité, la température, le confort acoustique, la qualité de l’air et l’architecture sont tous des éléments qui stimulent le cerveau.

Jan Gehl, architecte et urbaniste, a écrit dans son livre que nous faisons l’expérience de notre environnement naturellement et c’est ce qui me fascine en ce qui concerne l’architecture. C’est pourquoi il est essentiel que les écoles soient aménagées pour favoriser l’apprentissage. Ce sont les sens des élèves qui influencent leurs comportements, émotions et pensées. Afin d’influencer positivement ces derniers, l’espace doit être conçu pour provoquer des réactions positives. Il y a trois principaux éléments qui devraient être mis de l’avant, selon moi, lorsque vient le temps de créer ou de repenser une salle de classe : la luminosité, les couleurs et les plantes. Les salles de classe ont été construites de manière à ce qu’il y ait le moins de fenêtres pour ne pas distraire les élèves.

Toutefois, il est prouvé qu’il est bénéfique pour les élèves d’apprendre dans des milieux baignés de lumière naturelle. Pour ce faire, il faut ajouter des fenêtres allant du sol au plafond, sur plus d’un mur idéalement. Résultat : la lumière naturelle a des incidences bénéfiques sur la santé. De plus, les fenêtres créent une connexion entre l’intérieur et l’extérieur. Ensuite, la majorité des salles de classe sont peintes de blanc ou de beige. Paradoxalement, le blanc est une couleur ni activante ni relaxante. Les études démontrent que les humains travaillent moins rapidement et moins efficacement dans un bureau peint en blanc.

Alors, pourquoi l’utiliser dans les salles de classe ? Il serait préférable de peindre au moins un mur de couleur pour prévenir l’ennui et favoriser l’apprentissage. Il est possible d’utiliser autant des couleurs chaudes, qui favorisent l’apprentissage et la rigueur, que des couleurs froides qui, quant à elles, favorisent la création, la réflexion et la prise de décisions. Le bleu, le jaune et le violet sont donc de bonnes options. Les plantes vertes apaisent l’atmosphère, purifient l’air, apportent de l’oxygène et contribuent au bien-être mental, il faut donc les intégrer dans nos salles de classe. De plus, la couleur verte des plantes permet de diminuer la pression sanguine et a un effet rassurant pour les élèves, ce qui est bénéfique dans un environnement stressant. L’espace est considéré comme un deuxième enseignant, il est donc primordial qu’il contribue à l’apprentissage.

Laura Poulin, étudiante au Cégep de Granby