What?

Ah les enfants, ces belles petites machines à idées.
Ah les enfants, ces belles petites machines à idées.
La dernière de notre plus jeune, après celle de nous harceler pour avoir un lapin: parler en anglais!
Comme c'est présentement English week à l'école, Laurencio a proposé que ce soit le même scénario à la maison.
Jusqu'à vendredi, défendu de s'adresser aux autres en français. 
Vous devriez entendre le silence qui règne chez nous depuis deux jours! C'est tellement apaisant.
Je l'ai souvent dit: ne pas parler anglais est mon plus grand regret. Je le comprends, je le lis, mais quand vient le temps de le parler, je cherche mes mots et je construis des phrases avec des temps de verbe abracadabrants, voire inexistants.
J'ai donc pris le défi lancé par notre petite à bras le corps en me disant qu'il ne pouvait que nous dégourdir la langue. Notre petit chat, avec ses palettes inégales de petite fille de sept-ans-et-demi, allait nous aider de toute façon.
J'ai frappé mon premier mur linguistique hier matin alors qu'on se préparait à partir pour l'école. En regardant ma plus jeune s'habiller, je me demandais si elle était confortable dans ses sous-vêtements. Je comprends que les Trolls trônent au sommet du palmarès par les temps qui courent, mais des 6X à l'aube d'avoir huit ans, ce n'est peut-être pas la grandeur idéale...
- Laurence, tell me, are you comfortable in your... petites culottes?!
JE NE SAVAIS PAS DIRE PETITES CULOTTES EN ANGLAIS!
Shame on me! 
- Mom, it's panties!, m'a donc appris ma fille, après avoir fait une recherche sur Google Traduction. 
Et c'est parti pour être comme ça toute la semaine. Mon chum et moi cherchons nos mots pendant que nos filles nous reprennent en riant de notre accent gros comme la planète. De vrais cabochons.
Pour vous montrer la sévérité de mon handicap, je me suis surprise à chercher la traduction de cafétéria.
Aïe, aïe, aïe!
À ma défense, je dirai que n'ai jamais l'occasion de parler en anglais. 
À la longue, on devient rouillé. 
Mon dernier cours dans la langue de Shakespeare remonte en 1995 alors que je fréquentais le cégep. Ça commence à faire loin. (En plus, pour faire augmenter ma moyenne générale, la cote Z à l'époque, je m'étais inscrite à un cours d'introduction à l'anglais. Revoir les verbes Avoir et Être au present simple m'a permis de péter des scores, mais fait aujourd'hui en sorte que je suis un peu intimidée quand vient le temps de téléphoner pour réserver une chambre avec deux lits deux places dans un hôtel aux États-Unis).
Pouvoir pratiquer mon métier en français est donc pour moi une vraie bénédiction. Juste cette semaine, j'ai parlé de déodorants faits à partir de produits naturels, de biomimétisme avec une sommité dans le domaine, de renouveau charismatique, des battures qui longent le fleuve Saint-Laurent et de la beauté de la langue française.
Aborder tous ces sujets en anglais de façon à être comprise et de manière à écrire des textes clairs et précis m'aurait demandé d'être bilingue. Rien de moins. Ce qui est très loin d'être mon cas.
Au rythme d'une english week par année, je devrais toutefois m'améliorer.
Notre petite a eu une bonne idée. Au cours de cette semaine, nous allons enrichir notre vocabulaire défaillant et surmonter notre gêne (c'est souvent ce qui nous bloque).
Ah oui, un autre beau côté à ce petit challenge: il nous pousse à réfléchir avant de parler!
Chose que l'on devrait faire plus souvent. 
Surtout dans notre jolie langue maternelle.