Un honneur

Parle, parle, jase, jase avec mon amie Marie-Pierre l'autre jour, elle m'apprend que dans la classe de sa petite, une de mes chroniques sert aux jeunes à se faire les dents sur un texte argumentatif.
Parle, parle, jase, jase avec mon amie Marie-Pierre l'autre jour, elle m'apprend que dans la classe de sa petite, une de mes chroniques sert aux jeunes à se faire les dents sur un texte argumentatif.
À partir d'un bout de Vincent et les autres, publié en décembre 2011, Madame Valérie et Madame Karine, les deux profs de sixième à l'école de l'Étincelle, invitent leurs élèves à défendre leur opinion.
Dans ce billet, j'abordais - sans grandes nuances - comment j'en avais gros sur le coeur contre les ados. Qu'elle n'était pas ma déception de voir ces « vieux enfants » se transformer en des êtres mous, nonchalants, paresseux, arrogants, capricieux, s'exprimant par onomatopées, zéro débrouillards, aucunement empathique (j'avais toutefois mis le h après le p...), qui veulent tout sans faire le moindre effort, etc. 
Non, ce n'était pas très tendre.
C'était ni plus ni moins une montée de lait sur cette période incontournable de la vie vers laquelle ma grande, encore petite à l'époque, se dirigeait à vitesse grand V. Mes craintes parlaient. Fort à part ça. Mais à la fin du texte, j'adoucissais mes propos en disant qu'il ne fallait pas généraliser. Que de bons ados, il y en avait tout plein autour de moi.
En découvrant qu'un de mes textes servait à des fins pédagogiques - ce qui était pour moi tout un honneur - j'ai joint Madame Valérie pour convoquer une rencontre avec ses élèves. 
Pour leur travail en classe, ils devaient réagir à la première partie de mon texte : celle où je ramasse les ados. 
Madame Valérie et Madame Karine font ça depuis cinq ans, les vlimeuses !
Une chance (et merci !) qu'elles ont pris soin de faire lire aux jeunes mon texte en entier avant ma venue. Dans le cas contraire, eux qui ont déjà le gros orteil dans l'adolescence, m'auraient ramassée à leur tour.
Oh qu'ils en avaient gros sur le coeur !
Dure. Voilà comment ils m'ont trouvée. Plusieurs plaignaient d'ailleurs mes filles d'avoir une mère aussi monstrueuse, fermée et critique que moi !
Chacun à leur façon, ils m'ont exprimé que l'adolescence représentait une étape importante et incontournable de la vie. Que celle-ci permettait de vivre des expériences et ainsi apprendre de nos erreurs. « Il n'y a personne de parfait, tu sais. Les adultes aussi ont leurs défauts ! », qu'ils m'ont dit.
Sandrine dans son texte de 319 mots, la petite ratoureuse, a d'ailleurs réussi à me prendre par les sentiments : « Je sais que ce n'est pas l'fun pour les parents (l'adolescence), mais je trouve que les ados sont autonomes. Ils sont capables de se garder tout seuls et les parents peuvent sortir au restaurant ! »
Bon point !
Autonomes, débrouillards, empathiques, respectueux, travaillants, débrouillards, aidants, matures, drôles, affirmatifs, actifs, émotifs, avec les valeurs à la bonne place, débrouillards, voire romantiques, voilà comment étaient les ados en devenir qui se trouvaient devant moi ce jour-là. Ils étaient une quarantaine. Tous des adultes de demain.
Ce que j'ai trouvé très réconfortant.
Je vous ai dit qu'ils étaient débrouillards ? 
Ensemble, ils se sont arrangés pour me convaincre que l'adolescence représentait genre, comme, style, le meilleur stade de la vie.