Savoir résister

Ce n'est pas d'hier que les comptoirs de dépanneurs sont de joyeux guet-apens.
Il faut être fait forts en mozus pour résister à la tentation. 
Là où je m'arrête mettre de l'essence, je pourrais, en une seule visite, m'acheter une bague en or, une tarte aux pommes faite maison, un étui à iPhone avec des chats dessus, un gratteux-pas-gagnant, des pastilles à saveur de canneberges et eucalyptus et une carte des meilleurs restos du Québec. Moi qui croyais que les magasins à grande surface avaient anéanti le magasin général...
L'autre matin, j'ai toutefois fait un doublé. Devant la caissière, j'ai testé ma force de résistance et respecté mon désir de ne pas remplir ma maison de cochonneries inutiles et de gadgets passagers. Ils se trouvaient pourtant là, juste à côté des paquets de gomme balloune, des barres de chocolat à deux pour une piasse et des sacs de fromage en crottes La Chaudière. 
Le spot pa-re-fait.
Dans un joli panier d'osier, il y en avait de toutes les couleurs. Je pense même que certains affichaient l'option glow in the dark.
- Ils sont combien, que j'ai demandé à la caissière en en faisant tourner un dans ma main. Un beau rouge et noir quand même straight.
- 9,75$, qu'elle m'a répondu.
Ma petite m'achale depuis plus d'un mois et demi pour en avoir un. 
Un quoi? Un ostifi de fidget spinner!
J'étais à deux doigts de lui en acheter un. À «ça» de céder, mais je n'ai pas succombé. Fière de moi j'étais.
Non, mais il est où l'enfant (ou l'adulte, c'est qui le cave, hein?) qui lance toutes ces modes stupides autour de jouets ou d'objets à la base insignifiants?
On a eu la folie du kendama il y a environ trois ans. Un jouet inventé en... 1920!
Là, les enfants en ont que pour ces petits gadgets tournant à trois bras qui ont failli rendre fous tous les profs du primaire ce printemps. Plusieurs écoles les ont d'ailleurs interdits tellement c'était dérangeant.
Mais la fièvre semble vouloir s'estomper. 
D'où ma stratégie de toujours repousser le moment de l'achat. Ainsi, la mode va avoir le temps de passer!
Des 860 ateliers de production présents en Chine ces derniers mois, seuls dix étaient encore en action la semaine dernière. Au début, tous avaient pourtant du mal à répondre à la demande.
Même si je trouve certains irritants, je préfère de loin tous ces défis aussi niaiseux qu'inutiles qui apparaissent chaque année sur les réseaux sociaux. 
Ok, le Bottle Flip Challenge a eu raison de mes nerfs à de nombreuses reprises, mais des trucs comme un Lip Dub, un Flash mob, un Harlem Shake ou un Mannequin Challenge, ça fait appel à la créativité et ça a le mérite d'être drôle.
Avec l'engouement, en 2013, du Cups song, je soupçonne que quelqu'un, quelque part, ait reçu la mission de raviver les ventes de verres de plastique. 
Le dernier défi qui risque de nous frapper de plein fouet, et ce avant même la fin des classes est le Cup Blowing Challenge.
C'est parti des États-Unis en mars. Ça ne devrait donc pas tarder à traverser la frontière.
Le principe est aussi simple qu'absurde. De deux verres empilés, il suffit de faire voler celui du dessus dans un troisième verre placé plus en retrait, simplement en soufflant fort dessus. Un défi sans doute plus facile à expliquer qu'à faire.  Mais au moins, ça reste ludique.
Plusieurs enfants se sont retrouvés à l'hôpital avec des cicatrices permanentes à la suite de défis complètement débiles qui, de temps en temps, enflamment malheureusement les réseaux sociaux. On a qu'à penser au Eraser Challenge ou au Ice & Salt Challenge
Le deuxième consiste à se saupoudrer du sel sur une partie du corps et d'y coller ensuite un glaçon. Le mélange des deux «ingrédients» provoque des brûlures importantes, le sel faisant baisser la température de la glace à -20 degrés Celsius.
Tout ça pour coller une photo sur Facebook!
Quand on vous dit de mettre du sel dans votre vie, les jeunes, c'est une métaphore!
Faites attention à ce qu'on vous propose sur les Instagram de ce monde. 
Faire la part des choses, il est là, le vrai défi.