Isabelle Gaboriault

C'est ben'trop vrai !

Pour rassasier ma soif de lecture, une collègue m'a refilé cette semaine un des deux livres qui feront l'objet de ses chroniques littéraires dans La Voix de l'Est en juin.
Une vieille affaire parue en 2008. Elle l'a retrouvée parmi d'autres bouquins dans une des nombreuses boîtes qui l'ont suivie à sa nouvelle adresse récemment. 
Dix mille choses qui sont vraies, je l'ai dévoré d'un trait, drette-là, assise à mon bureau. 
L'auteur, Nicolas Langelier, y expose 100 vérités (les 100 premières : c'est le tome 1) liées au fait d'être, de faire, bref de vivre dans notre siècle où les choses tournent parfois carré. Il offre avec humour un ramassis de petits adages - qui à une époque donnaient vie à une chronique dans La Presse - qui font sourire et réfléchir par leur véracité.
Leur lecture m'a d'ailleurs inspiré une vérité : Quand un livre est bon, on se surprend en plein après-midi à avoir hâte d'aller au lit. L'idée de se replonger dans la lecture d'une bonne brique peut parfois devenir obsédante. Voilà pourquoi j'ai englouti le tome 1 de Dix mille choses d'un coup ! 
Après une petite recherche sur l'auteur, j'ai découvert qu'il avait étudié à la même université que moi, au même moment. C'est clair qu'on s'est croisés dans les corridors de l'UQAM un jour.
Ce qui me fait dire cette deuxième vérité : Avoir fréquenté la même école qu'une personne qui vous est inconnue, la rend soudainement familière. C'est la force invisible du sentiment d'appartenance. 
Plusieurs des vérités amenées par Nicolas Langelier sont de purs délices. Et ce qui est beau, c'est que malgré le temps qui a filé depuis leur publication, aucune n'a pris une ride. 
Je vous partage mes préférées.
Nous devons constamment réprimer une puissante envie de dire aux autres ce qu'ils devraient faire 
Vous imaginez le bordel si chacun se lâchait lousse ! Surtout que très peu de gens aiment se faire dire quoi faire...
Les chauffeurs d'autobus sont rarement sympathiques
Cette phrase m'a fait penser à mon chauffeur d'autobus au secondaire. Je pense l'avoir vu sourire deux fois en cinq ans.
On ne mange plus beaucoup de coquilles St-Jacques 
Un triste fait. Personnellement, jamais je n'en ai préparées à mes invités et jamais on ne m'a reçue à la coquille. On semble aussi bouder le boudin.
Les bâtons de baseball sont rarement utilisés à bon escient
L'auteur faisait référence au fait qu'ils sont - trop - souvent utilisés comme arme. Ça m'a rappelé avoir déjà vu toute une rampe d'escalier faite de bâtons de baseball. Une fusion de l'art et du sport: du spart.
La touche verrouillage majuscule ne sert à rien
Elle ne sert qu'à faire sacrer les gens comme nous, pitonneux, qui passons notre temps à l'accrocher avec notre auriculaire gauche trop musclé.
C'est en septembre que l'année débute vraiment 
Une évidence même avec laquelle on renoue rapidement quand on devient parents.
Vous jugez les gens à leurs souliers
La plupart du temps, les souliers des autres, je les envie plus que je ne les juge.
Vous n'avez pas besoin de la fonction « bacon » sur votre four à micro-ondes
Comme je n'ai pas besoin d'un capteur de rêves accroché à mon rétroviseur dans mon char...
Et c'est comme ça sur un peu plus de 200 pages.
Allez découvrir ses autres perles publiées aux éditions Les 400 coups.
Une dernière vérité de mon cru ?
Un journaliste vit toujours un petit stress en écrivant sur un autre journaliste.