Une petite recherche sur Internet m’a alors appris que j’avais l’HL oisive.

1-0 pour Mélanie

Lundi matin, 8 h. En garant ma voiture dans le stationnement du bureau, Gloria Gaynor chantait Never Can Say Goodbye dans ma radio. Aïe, aïe, äie.

En entendant les premières notes, je suis retombée nauséeuse.

Une petite recherche sur Internet m’a alors appris que j’avais l’HL oisive.

Je m’explique.

Vingt-quatre heures plus tôt, coiffée d’un afro surdimensionné, de legging en faux cuir et d’une veste-pas-de-manches-en lapin-véritable beaucoup trop chaude pour un samedi de canicule, je célébrais le 50e anniversaire d’une amie.

Pour l’occasion, tout le monde avait sorti ses paillettes et sa bonne humeur pour vivre une belle soirée funk, soul, disco pop, psychédélique ! Il faisait beau, la musique était entraînante, on avait des chips et de la boisson en masse : la recette parfaite pour... l’échapper.

Et je l’échappai.

Le dimanche matin, quand le cadran s’est manifesté à 10 h pour me donner une petite chance de me « remettre sur le piton » avant mon match de hockey balle à midi (je vous rappelle que ce jour-là, il faisait 40 degrés Celsius à l’ombre), la seule chose que j’avais en tête était « Pourquoi ? ».

Pourquoi, même si je savais pertinemment que mon lendemain risquait d’être terriblement pénible et douloureux, je me surprends toujours à boire trop et à me réveiller avec la gueule de bois ?

POURQUOI ?

Il faut que je me procure de la volonté.

Surtout qu’une étude de l’Université de l’Utah publiée dans la revue scientifique PLOS ONE, éditée quotidiennement par la Public Library of Science, vient de m’apprendre qu’en plus, j’aurais l’habenula latérale (HL) paresseuse.

L’HL est une petite zone de l’épithalamus. Une expérience effectuée sur des rats démontre que l’activité réduite de l’HL empêche d’apprendre de ses expériences avec l’alcool. Curieux quand on pense que son nom ressemble comme deux gouttes d’eau à une certaine liqueur faite à partir du fruit d’un arbre répandu en Afrique...

Mais ce qui me surprend le plus, c’est que ma HL, en plus d’être fainéante, semble sélective.

Elle s’est activée pour le vin rouge. Très fort à part ça. Aujourd’hui, sa simple odeur me répugne. Même chose pour les shooters. Et le disco.

Mais pas pour le vin blanc ni la bière, que celle-ci vienne d’une microbrasserie ou non. Ma HL semble aussi tolérer le rosé.

Je pense pourtant à diluer. À boire beaucoup d’eau. Mais il m’arrive parfois, l’ambiance festive et le karaoké du beau-frère aidant, de dépasser mes limites... et de vivre des lendemains de veille difficiles.

Faudrait que je prenne exemple sur mon amie bientôt cinquantenaire (on l’a fêtée d’avance). Elle, elle « se maintient cocktail » une bonne partie de la soirée et elle arrête de boire vers 22 h, 23 h pour ne pas que ça tourne au moment d’aller au lit.

Et ça, elle appelle ça « de la sagesse ».

Je dois lui donner le point. Comme je suis plus jeune qu’elle, j’ai encore plein de choses à apprendre de la vie.

D’un autre côté, je suis rendue trop vieille pour les nuits écourtées et les matins de gueule de bois. C’est vraiment éprouvant.

Je compte donc mettre les enseignements de l’amie Mel en pratique, et ce, aussitôt que l’occasion se présentera.

Par exemple, le week-end prochain, trois amies et moi partons pour un voyage de pêche dans une zone d’exploitation protégée dans le coin de La Tuque. C’est clair qu’entre nos bagages et nos glacières se trouvent quelques bouteilles de bière et du vino pour accompagner nos soupers.

Mais l’abus n’est pas au programme. Croyez-moi !

Pas question que je passe un mauvais avant-midi enroulée dans mon sleeping bag à m’ennuyer de ma mère en me disant que je ne suis pas sortie du bois.