Entre les lignes

Question de couleur

CHRONIQUE / Le courriel d’un lecteur m’a fait réfléchir cette semaine. Bien qu’il ait trouvé intéressant mon billet sur le rayon de déplacement des enfants qui va toujours en rapetissant depuis les années 1950, il m’invitait à faire attention à mon choix de mots. Plus précisément, il espérait que je l’épargne sur l’utilisation de mots en anglais comme full face, ride, tomboy, open et gang.

« Dans le contexte actuel, vous devez penser à soigner le français, m’a-t-il écrit. Trop de startup, hipsters, to do list, geek, play list, gamer, foodie, dumpster diving, love money, think tank, fashionista, stunts, cocooning, staycation, war room, fest ou week-ci et cela, etc. dans les articles de vos collègues. Une véritable déferlante devant laquelle on fait le dos rond. »

Entre les lignes

Le terrain de jeu rapetisse

CHRONIQUE / En 1919, George Thomas avait huit ans. À l’époque, le petit bonhomme pouvait marcher jusqu’à dix kilomètres, simplement pour aller pêcher. Plus tard, dans les années 50, son fils, Jack, au même âge, avait la permission d’aller jouer dans le bois qui se trouvait à plus de 1,5 km de chez lui. En 1979, la fille de Jack, Vicky, toujours à huit ans, pouvait aller seule à la piscine de son quartier, à 800 mètres de chez elle. Pas plus loin. Aujourd’hui, l’arrière-petit-fils de George, qui est le petit-fils de Jack et le fils de Vicky, Ed, huit printemps, ne peut marcher que jusqu’au coin de sa rue, à moins de 300 mètres de sa maison.

Que s’est-il passé au fil du temps pour que le rayon des déplacements à pied autorisé aux enfants ait fondu comme neige au soleil ?

Hebdo

La reparación

CHRONIQUE/ Après des mois à faire attention de ne pas m’ouvrir le bout de l’index droit ou encore le coin de l’oreille gauche sur mon écran de cellulaire fracassé à la suite d’un vol plané, j’ai profité de mes vacances pour — enfin — le faire réparer.

Fait étrange: que la vitre de mon téléphonse soit brisée semblait vraiment agacer mon entourage. Plus que moi. Vous savez, ce sentiment de dégoût/incompréhension/jugement? Le même que l’on ressent quand on conduit une voiture rongée par la rouille ou qui sonne la cacanne.

Chroniques

Question de feeling

Quand on s’attarde sur la base de mon genou gauche, on peut voir comme un chiffre d’écrit. En fait, ça a plus l’air d’un pourcentage : 18%, pour être vraiment précise. En bleu. Bleu-gris poussière de roche.

Cette marque est née d’une plonge en vélo quand j’avais dix ans. Malgré une bonne dose de Peroxide, la guérison a emprisonné des particules de garnottes dans ma peau.

Entre les lignes

D’aventure en aventure

CHRONIQUE / Avant de partir, armée de chasse-moustiques et de sacs de chips pour tenir deux semaines, je n’avais aucune idée de la définition de l’acronyme ZEC. Maintenant, c’est clair comme de l’eau de roche de la rivière Saint-Maurice. ZEC sont les trois lettres qui veulent dire « Zone Éprouvante pour le Corps ».

J’aurais pourtant dû m’en douter.

Actualités

DJ Dave

CHRONIQUE / Sur la boîte, de grosses lettres colorées s’époumonent à vanter leur étonnante durée de vie.

Pourtant, j’ai vraiment l’impression que les mozus d’ampoules halogènes encastrées dans le plafond de mon balcon me narguent. Et ce, même si à la maison, « l’électricité » ne fait pas partie de mes ministères.

Entre les lignes

1-0 pour Mélanie

Lundi matin, 8 h. En garant ma voiture dans le stationnement du bureau, Gloria Gaynor chantait Never Can Say Goodbye dans ma radio. Aïe, aïe, äie.

En entendant les premières notes, je suis retombée nauséeuse.

Entre les lignes

Avec pas d’casque

CHRONIQUE / Un couple d’amis revient tout juste d’un voyage en Grèce. Dix jours de rêve où ils ont découvert la Crête, Mykonos, Santorini et leurs merveilles. Ils sont revenus revigorés et la tête remplie de souvenirs bercés par les vents marins desquels émanent un doux parfum d’oliviers.

Leur périple, ils nous l’ont fait vivre en images lors d’un souper ce week-end. C’était comme si on y était. (Faut ramener les diapositives ! Pour une fille comme moi, qui ne sort pas du territoire couvert par La Voix de l’Est, ces soirées « découvertes » sont tellement intéressantes, instructives et dépaysantes.)

Entre les lignes

Histoire d’une battante

Petite, Hélène aurait pu, comme ses camarades de classe, rentrer de l’école et aller manger un bon sandwich à la confiture devant Bobino ou Marie Quat’Poches. Mais non. La jeune fille allongeait son parcours de marche jusqu’au sous-sol de l’église de la paroisse voisine pour aller s’asseoir au bout d’un long métier sur lequel sa maman tissait une jolie couverture.

Sa mère lui a montré très jeune à coudre et à tisser. Des activités qui, fait-elle remarquer, demandent du temps, de la générosité et de l’amour.