J'ai idéalisé longtemps la maison de mon enfance - qui n'avait pourtant rien d'extraordinaire - comme si c'était la Mecque des bungalows, racontre notre chroniqueur Pascal Faucher.

Toiture à son pied

Quand on magasinait les maisons, il y a un peu plus d'un an, j'ai constaté que tous les critères que je recherchais correspondaient à la maison de mon enfance.
Une cuisine qui donne sur la cour arrière, un sous-sol avec télévision qui ne donne pas sous la chambre principale (pour ne pas trop déranger l'être aimé qui dort quand on écoute un film de nuit), une chambre pour chaque enfant, idéalement deux salles de bain, idéalement un garage, idéalement ci, idéalement ça...
Désirée, de son côté, avait des critères similaires avec, en tête, la maison de SON enfance. Heureusement, comme nous sommes tous les deux des enfants de la banlieue, nos aspirations se ressemblaient pas mal et on a trouvé toiture à notre pied. 
J'ai quand même idéalisé longtemps la maison de mon enfance - qui n'avait pourtant rien d'extraordinaire - comme si c'était la Mecque des bungalows. Le sous-sol, le garage, la cuisine, la cour arrière, tout me semblait parfait.
Jusqu'à ce qu'on me rappelle que ledit sous-sol brun et beige avait été souvent inondé (y'a des souvenirs qu'on oublie, comme ça...) parce que notre entrée était en pente descendante. Ah, l'entrée en pente descendante ! Idéale pour les embuscades en tous genres.
Mais ça a l'air que les entrées en pente ne sont pas recommandées du tout parce que l'eau de pluie se ramasse là et si les tuyaux ne suffisent pas à la tâche, ça peut créer des inondations...
Ben maudit. La maison de mon enfance n'était pas parfaite. Le choc ! Comme si une partie de l'insouciance de mon enfance s'était envolée. 
Puis j'ai regardé notre nouvelle maison et je me suis dit : elle n'est pas parfaite, mais nos enfants la trouveront sûrement idéale. Pour un temps, du moins, ça sera un havre de paix pour Jojoba et la future Anastasia (pas leurs vrais noms), qui s'amènera à l'automne.
Ce qui veut dire plusieurs nouvelles nuits blanches de mon côté. Attendez-vous donc à une absence de ma part en novembre, puis à une relative absence d'esprit par la suite (c.-à-d. des chroniques échevelées). C'est ce qui arrive quand on écrit avec peu ou pas de sommeil dans le corps et des enfants plein les bras.
Braire dans le désert
J'étais à l'assemblée municipale de Granby, cette semaine, quand le maire Pascal Bonin a appelé certains citoyens à plus de respect face aux nouvelles « sculptures ludiques » du centre-ville. 
La girafe, le gorille... Des oeuvres d'artistes locaux qui n'ont pas à subir les commentaires méchants ou méprisants d'internautes, a-t-il dit, ajoutant que ça pouvait être « blessant ».
Première interrogation : le maire lit tous les commentaires imbéciles qui paraissent sur Facebook ? En voilà une perte de temps ! Personnellement, il y a longtemps que je ne le fais plus parce que c'est du grand n'importe quoi. Pour une remarque sensée, il y en a 10 de défoulement collectif, avec erreurs de fait et français approximatif. Quel intérêt ?
Soyons fiers de ce qu'on fait, en le faisant le mieux possible, et laissons les ânes braire dans le désert puisque c'est ce qu'ils font de mieux. 
Et comme vous me demandez mon avis, je dirais que les tentacules, la girafe, les méduses et le gorille, je les trouve très jolis. Ça ne cadre pas à 100 % avec le paysage, bien sûr, mais c'est un effort d'ajouter un peu de folie dans un océan de bâtiments et de bitume et, surtout, de capitaliser sur la présence du Zoo de Granby, emblème de la ville et deuxième attraction touristique la plus populaire au Québec après, bien entendu, mon salon.
C'est une blague. C'est la deuxième attraction la plus populaire après La Ronde. C'était juste pour voir si vous étiez attentif.