Que faire pour provoquer l’accouchement sans intervention médicale ? Tout comme en matière de soigner les bébés ou d’élever un enfant, les conseils que l’on reçoit d’autrui sont au mieux farfelus, au pire entièrement contradictoires, note notre chroniqueur Pascal Faucher.

Qui-vive

Au moment d’écrire ces lignes, hélas, Désirée n’a toujours pas accouché. On est sur le qui-vive depuis deux semaines, ce qui est tout sauf relaxant.

Cet intermède utérin m’a permis de constater que, tout comme en matière de soigner les bébés ou d’élever un enfant, les conseils que l’on reçoit d’autrui sont au mieux farfelus, au pire entièrement contradictoires.

Que faire pour provoquer l’accouchement sans intervention médicale ? Facile, il faut bouger ! disent les uns. Laver le plancher à quatre pattes, marcher sur les talons, faire du hula hoop en bermudas avec un sac de jute sur la tête, c’est au choix.

D’autres disent plutôt qu’il faut se détendre, prendre un bain, boire une bière (oui oui, juste une c’est pas grave) et faire l’amour pendant des heures, ce qui est toujours une bonne idée.

Désirée a fait tout ça, la plupart du temps en ma compagnie, et pour l’instant rien ne se passe. Au moins, elle a perdu son bouchon muqueux. Qu’est-ce qu’un bouchon muqueux ? Ah, amis lecteurs, c’est ici que l’utilisation d’un outil de recherche internet prend toute son importance, parce que : 1) je n’ai pas le goût de vous l’expliquer, et : 2) vous êtes probablement en train de déjeuner.

À 41 semaines, ça veut tout de même dire que le moment fatidique approche. Ça tombe bien, on est prêts. Nos valises sont dans l’auto, la mamie est avisée, et mon patron hésite à me confier des enquêtes de longue haleine ou à m’envoyer à l’étranger étant donné que je peux m’éclipser à tout moment.

Donc, j’espère que c’est ma dernière chronique avant le congé parental. C’est pas que je n’aime pas travailler, mais je me sens comme un employé dont la promotion est sans cesse repoussée. Vite, une annonce !

Argent

Comme bien du monde, j’ai été touché par la victoire de Valérie Plante à la mairie de Montréal. C’est la victoire de David contre Goliath, de celle qu’on sous-estimait. C’est aussi la victoire d’une femme et d’une attitude enjouée qui détonnait avec l’air de bœuf de Denis Coderre en campagne électorale.

Pour l’instant, je n’ai qu’une réserve. En entrevue, Mme Plante n’arrête pas de dire « les argents » (sic), comme dans « les argents viendront de Québec et d’Ottawa ». L’argent, ça ne se met pas au pluriel. Et « les argents », c’est laid. Quelqu’un dans son entourage peut le lui dire ?

Spaghetti

Toujours soucieuse de me divertir, ma collègue Marie-Ève (celle qui s’occupe des arts et spectacles, et non l’autre Marie-Ève, celle qui s’occupe de Stukely-Sud) m’a fait cadeau du dernier CD de l’humoriste François Pérusse, vu qu’elle sait que j’aime beaucoup François Pérusse. Vous ai-je dit que j’aimais beaucoup François Pérusse ?

J’écoute ses blagues et chansons impossibles depuis le secondaire, c’est tout dire, et je peux citer plusieurs sketchs de mémoire. J’ai arrêté de l’écouter à la radio à un moment donné (vient un âge où les émissions « whoopee – yeah – la gang ! – FM » du matin ne passent plus), mais j’ai acheté chacun de ses 10 Albums du peuple, des compilations de ses meilleurs sketchs et chansons récents.

Cette fois-ci, il pousse le bouchon trop loin avec son Best Ove, une sélection de quelques-uns de ses meilleurs sketchs et chansons en carrière, parfois remixés et, fort heureusement, quelques inédits. Parce que ça reste une compilation de compilations. Bref, François Pérusse verse dans le recyclage à outrance. Pensez à du spaghetti qu’on aurait réchauffé deux fois ou plus au micro-ondes. C’est pas mauvais, mais on s’ennuie de quelque chose de frais.

Le résultat m’a arraché quelques rires, sans plus. Un gars avec autant de talent est capable de mieux, et surtout de ne pas chercher à faire de l’argent facilement.