Or en barre

CHRONIQUE / Au moment où vous lirez ces lignes, ma famille s’est peut-être agrandie d’une nouvelle venue, Anastasia (nom fictif), attendue pour demain.

Désirée, en tous cas, a bien hâte que le nouveau bébé arrive afin de se libérer de ce poids supplémentaire et des multiples douleurs, désagréments et démangeaisons qui viennent avec.

Elle n’a pas trop hâte à l’accouchement en soi, étant donné que cela se passe habituellement dans d’affreuses douleurs auxquelles le conjoint ne peut que sympathiser en tenant le bras de l’être aimé et lui dire de pousser (ça, c’est utile !).

Chérie s’inquiète aussi de comment réagira Jojoba à la venue de la, euh, nouvelle venue. Sera-t-elle attendrie et compréhensive, ou jalouse et envieuse ? Boudera-t-elle parce qu’on lui accorde moins d’attention ? On essaiera de ne pas la négliger, mais un bébé naissant, c’est accaparant.

Cela dit, personne ne me demande comment moi je vais. Oui, MOI. MOI MOI MOI MOI. 

Je vais bien, merci. Un peu nerveux quand même. Je suis conscient que le peu de temps libre qui me restait sera anéanti. Qu’on dormira peu pour les prochains mois (à mon retour au travail, en décembre, attendez-vous à des chroniques semi-délirantes). Que les pleurs, cacas mous et innombrables changements de couches redeviendront notre quotidien.

Mais je mentirais si je disais que je n’ai pas hâte. Malgré tout, un bébé, c’est mignon et attendrissant. Et j’ai toujours voulu avoir deux enfants. Une famille de quatre, c’est parfait pour jouer au toc sans que personne ne se sente laissé pour compte.

Sans oublier que les enfants, c’est de l’or en barre pour moi parce qu’ils sont toujours disposés à jouer, faire des coups pendables et rire de mes blagues. Blagues que je renouvelle peu, alors renouveler les membres de ma famille devient une solution.

Oreilles chastes

Je savais que l’humoriste Mariana Mazza était drôle et vulgaire avant de la voir en spectacle à Granby, la semaine dernière, mais pas à ce point !

Elle sacre aux trois mots et ne respecte aucun tabou, mais c’est une vulgarité qui est utilisée pour exprimer des sentiments qui, eux, sont tout à fait nobles : le désir sexuel, l’acceptation de soi, les difficultés d’être une jeune femme, les relations parent-enfant, etc. 

Elle provoque et n’hésite pas à prendre les spectateurs à partie sur des sujets, ma foi, très intimes, mais c’est fait sans méchanceté. Honnêtement, j’ai eu l’impression d’entendre le spectacle d’une humoriste ayant 30 ans d’expérience, et elle n’a que 27 ans.

Oreilles chastes s’abstenir !

Le cow-boy

Il semble bien que René « Bill » Burelle, cet homme de 77 ans disparu depuis deux semaines, à Granby, ne reviendra pas.

Je connaissais Bill depuis environ 15 ans. Il s’était approprié ce surnom dans sa jeunesse, m’avait-il dit, en référence au célèbre cow-boy Buffalo Bill. Il n’aimait pas le prénom René.

Il était déjà dessinateur judiciaire quand je suis arrivé à La Voix de l’Est et le journal a continué à faire affaire avec lui pendant plusieurs années. Bill avait un don naturel pour le dessin. Ça sonne cliché, mais c’était vrai puisqu’il n’avait jamais étudié dans ce domaine. Ça ne lui prenait que quelques minutes pour croquer fidèlement un accusé, un juge ou un avocat. 

Je n’ai su que récemment que la dépression n’avait jamais cessé de le hanter — ainsi que plusieurs autres maladies — expliquant peut-être pourquoi il a quitté la résidence pour personnes âgées où il venait d’être placé.

Le dernier dessin qu’il a fait pour La Voix de l’Est, bien qu’il date d’avril, traînait encore sur mon bureau jusqu’à tout récemment (non, je ne fais pas le ménage de mon bureau souvent). Je n’aurais jamais pensé que ce serait vraiment le dernier.