Je m'éclate

À un moment donné durant mes courtes vacances estivales, j'ai été seul pendant TROIS JOURS chez moi dans notre coquette maison montérégienne.
Ça peut paraître banal, mais depuis que Désirée et moi habitons ensemble, et encore plus depuis que Jojoba est née, les moments où je suis vraiment seul sont devenus rares comme Donald Trump qui dit quelque chose de sensé.
Alors j'en profite : j'écoute de la musique fort, le volume de la télé au maximum, j'allume toutes les lumières et je dors en prenant toute la place dans le lit.
Comme si j'étais redevenu célibataire le temps d'un week-end, sauf que je ne cruise plus et quand une fille m'appelle, c'est généralement pour me dire d'acheter des couches (allô chérie !) ou pour me reprocher de ne pas l'appeler assez souvent (allô maman !).
Mine de rien, ces moments de solitude sont précieux. Même si j'ai été souvent seul dans ma vie, j'ai appris à apprécier ces instants où je peux, enfin, faire ce que je veux sans être sollicité aux 10 secondes.
J'aime ma blonde et notre enfant, mais un bébé demande de l'attention, et une blonde exige, euh, plusieurs attentions. En cumulant le tout, on trouve difficilement le temps de regarder un bon film d'horreur à petit budget en paix. 
Il m'arrive de me lever très tôt le matin, avant tout le monde, juste pour profiter de quelques minutes à moi. (Comment se lever AVANT un bébé d'un an et demi ? C'est simple : vous en fabriquez un qui ne se réveille pas avant 8 h l'été. Hé oui ! C'est la magie de Jojoba.)
J'ai du temps à moi aussi le soir, mais habituellement, c'est là que le Dieu Morphée reprend ses droits.
Cela dit, je ne me la suis pas coulée douce durant mes vacances, oh que non. La galerie arrière à peinturer, les vitres à laver, une chambre à aménager et une tringle à réinstaller, j'ai tout fait ça monsieur et j'en suis fier. Je ne suis pas le plus manuel des hommes, mais donnez-moi un rouleau à peinture ou une perçeuse et je bâtirai un empire plus ou moins droit.
Je trouve d'ailleurs très relaxant de faire un travail répétitif - en disant des niaiseries - quand ton boulot habituel implique de te creuser les méninges. Oui oui, je suis tout à fait capable de me raconter des affaires à moi-même - et même de les rire - à voix haute. Désirée me taquine chaque fois qu'elle me surprend à coups de « c'est intéressant ton auto-conversation ? ».
Le hic, c'est quand je me parle tout seul en auto. Je songe à me procurer un appareil de type bluetooth, histoire de justifier ce comportement étrange. Je suis d'ailleurs convaincu que c'est la principale raison pour laquelle cet affreux bidule se vend encore : servir de prétexte à ceux qui se parlent tout seul. C'est clair, ils ne font que semblant de parler à quelqu'un.
Éthique élastique
J'évoquais, dans une chronique précédente, que le responsable d'un théâtre d'été accuse La Voix de l'Est de tous les maux à la suite d'une critique tiède de sa plus dernière pièce. Il a exigé un dédommagement, un autre article pour « réparer » le précédent, et gna gna gna...
Cette semaine, je tombe sur une publicité qui vante les mérites de sa pièce à grand renfort de citation d'articles. Celle de La Voix de l'Est est coiffée du titre « un triomphe ». Après vérification, hé non, ce mot n'apparaît nulle part dans l'article.
Je sais que les concepteurs de ce type de publicité ont une éthique très élastique quand vient de temps de sélectionner les extraits qui serviront leurs intérêts. Leur sens est parfois détourné. Mais de là à rajouter des mots... Appelons un chat un chat : c'est poche.