Des comportements inappropriés

«Vous avez couru après», «Il est certain que vous faisiez peur», «vous auriez pu attendre d'autres moments ou occasions», «prendre conscience d'une situation à risque», «je vous redonne les deux points négatifs, vous les avez bien mérités». Mais quel crime odieux a été commis pour mériter ces propos? Yves Racine nous le résume très bien:
«Un homme seul dérange» Un homme participe à une fête familiale sur une place publique, organisée et financée par la Ville. Horreur! Il prend des photos! Heureusement, Ronald Lesage nous propose un comportement qu'il considère plus approprié: «Je vous recommande donc d'aller faire de la photo dans des lieux de rassemblement du club de l'âge d'or.» Certains pourraient comprendre: «Sacre ton camp. Tu n'es pas le bienvenu.» Le problème est qu'un individu ne peut contrôler les peurs insensées des gens qui l'entourent.
Gisèle Robert pousse l'audace jusqu'à dire: «Je crois que vous ne comprenez pas bien les rapports entre individus d'une société comme la nôtre.» Mais, Mme Robert, ce sont des gens comme vous qui ne comprenez pas comment vous comporter en société. Voici le comportement approprié:
La prochaine fois que vous rencontrerez un autre M. Ferenczi dans une fête publique, au lieu d'imaginer le pire et de téléphoner à la police ou d'écrire des lettres blessantes dans les journaux, allez à sa rencontre et intéressez-vous à ce qu'il fait: «Bonjour, bel appareil photo! Travaillez-vous pour la Ville ou un journal local?» Je suis certain que les MM. Ferenczi de ce monde se feront une joie de vous expliquer ce qu'ils font. Et ce, même si vous êtes la dixième personne qui lui pose la question. Qui sait, peut-être ferez-vous un nouvel ami? On appelle ça socialiser. Et les M. Ferenczi de ce monde retourneraient à la maison avec un sentiment d'appartenance plutôt que de se sentir comme des exclus. En prime, on économiserait peut-être aussi en évitant d'envoyer des policiers payés pour faire votre devoir de citoyen, c'est-à-dire vous intéresser à votre prochain.
Entre-temps, les lettres de Yves Racine, Gisèle Robert et Ronald Lesage ont probablement renforcé le sentiment d'exclusion de M. Ferenczi et en ont fait de même pour d'autres personnes seules qui n'osaient déjà pas sortir de chez elles. Et en ces temps où l'on tente de contrer l'intimidation chez nos jeunes qui ont de la misère à comprendre ceux qui sont différents, vos comportements étaient injustifiés, inappropriés et paranoïaques. Donnez donc l'exemple à vos enfants et petits-enfants chéris: écrivez une lettre d'excuses publique adressée à M. Ferenczi.
Denny O'Breham
Granby