Contrer l’intimidation par l’exemple

À la fin novembre, un adolescent de 15 ans s’est suicidé tragiquement. Selon ses parents, il aurait été victime d’intimidation à répétition, par plusieurs jeunes de son école primaire-, et au secondaire.

Mais comment contrer l’intimidation quand, dans les médias, jour après jour, on rapporte le dénigrement fait entre élus des divers partis politiques ? En voici quelques exemples.

Les 25 et 26 novembre, la CAQ et le PLQ étaient réunis, chacun de leur côté. La CAQ a annoncé vouloir hausser le taux de natalité au Québec, par voie d’un soutien aux patents d’un deuxième ou troisième enfant. Le premier ministre Couillard a réagi en blâmant la CAQ d’agir comme les curés d’autrefois « qui visitaient les femmes pour s’assurer qu’un enfant était en chemin ». Cette opinion libérale ne repose sur aucun fondement actuel ; elle ne sert qu’à dénigrer l’adversaire.

Autre exemple : le chef du PQ, Jean-François Lisée, met en garde le public lors d’une entrevue de presse. Il attaque autant le PLQ que la CAQ qui font la « bêtise » de s’échanger des propositions de programmes. Le réel motif du PQ serait qu’il est au plus bas dans les sondages. Attaquer le rend visible ! Québec solidaire ne fit pas mieux. Le 4 décembre, dans la presse, on y lit que le jeune « Nadeau-Dubois tire à boulets rouges sur Couillard et Legault », du PLQ et de la CAQ, les partis les plus en avance dans les sondages.

Pour un jeune qui lit ces passages politiques très médiatisés, il peut interpréter qu’intimider l’autre est une façon de se valoriser soi.

Pourquoi les partis politiques ne donneraient-ils pas l’exemple ? En cours de mandat, chaque parti pourrait enrichir les actions posées par le parti au pouvoir par son apport de données probantes vérifiées. Les réactions intimidantes, basées sur des émotions dominatrices ou des données de sondage, devraient être exclues. Seul le moment de la campagne électorale pourrait ouvrir à des débats contradictoires.

Ainsi, le citoyen cynique, écœuré de la politique au point de ne pas aller voter, réviserait sa position et les jeunes, qui pensent se valoriser en intimidant, seraient plutôt mal vus. Ils s’abstiendraient donc de blesser un jeune vulnérable à répétition. ESPOIR ! 

Luce S. Bérard

Granby