Val-des-Cerf : et ça continue...

Pauvre commission scolaire du Val-des-Cerfs. Encore obligée de payer pour ses bourdes. C'est à se demander si elle ne le fait pas exprès.
Quarante mille dollars, donc, pour dédommager le vice-président du syndicat des enseignants pour cause de diffamation, atteinte à sa réputation. Faut-il rappeler que ce n'est pas une première. Le président du syndicat a lui aussi été dédommagé. Et pour la même raison. Après s'être fait une solide réputation en matière d'intimidation, Val-des-Cerfs cherche-t-elle à s'en faire une en matière de diffamation? Deux en deux : le président et le vice-président du syndicat en cause.
Et là, on ne compte pas les frais d'avocat que nécessitent tous ces affrontements. Vous savez sans doute que les avocats ne travaillent pas au salaire minimum.
 Malheureusement, il n'est pas possible de connaître les sommes que Val-des-Cerfs a consacrées à ses batailles juridiques au cours des dernières années, et ce, malgré la Loi d'accès à l'information. Mais on peut affirmer, sans crainte de se tromper qu'il s'agit non pas de dizaines de milliers, mais de centaines de milliers de dollars.
C'est votre argent, c'est le mien. Et c'est l'argent qui n'est pas investi dans l'éducation, mission  première d'une commission scolaire. Soulignons, au passage, que Val-des-Cerfs a terminé l'année dernière avec un déficit de trois millions de dollars. Déficit autorisé, il est vrai. Déficit quand même.
 Le jugement du tribunal d'arbitrage dans le cas de diffamation du vice-président du syndicat indique que la commission scolaire a admis ses torts. Comme elle a dû l'admettre dans le cas de diffamation du président des enseignants. Deux en deux, disions-nous.
Aussi, est-il étonnant de savoir, comme Val-des-Cerfs s'en est expliqué, qu'elle a réglé le litige « afin d'éviter un long débat judiciaire et démontrer au syndicat la volonté de la commission d'améliorer la collaboration et la poursuite de ses relations de travail dans un climat constructif. »
 Qui pourra croire cela ? Qui pourra croire cela ? quand on sait que c'est Val-des-Cerfs qui a lancé l'attaque contre le vice-président du syndicat et qu'une dizaine d'autres dossiers sont en arbitrage. Peut-on vraiment faire confiance à cette commission scolaire?
 Et il n'y a pas qu'avec le syndicat des enseignants que Val-des-Cerfs aime en découdre. Elle ne néglige pas ses cadres non plus. À cet égard, la cause du directeur d'école congédié l'an dernier est toujours en cours. Quelle en sera la conclusion ? Nous avons hâte de savoir. En attendant, eh bien ! Payons, chers contribuables. (Si j'étais avocat, je crois que j'ouvrirais un bureau, rue Court.)
Il n'y a pas si longtemps, je me demandais ce que Val-des-Cerfs nous réservait cette année. C'est sans surprise que je constate que rien ne change. Des affrontements, du gaspillage d'argent.
Le problème, et c'en est malheureux, c'est que les histoires de la commission scolaire n'intéressent personne. L'anémique participation aux élections scolaires en témoigne éloquemment. Elles n'intéressent personne à commencer par les commissaires. Qui ne voient rien. Qui n'entendent rien. Qui ne disent rien. Si dociles.
Si le député Bonnardel a besoin d'un bon exemple pour justifier la position de son parti, la CAQ, qui désire abolir les commissions scolaires, je lui recommande celui de Val-des-Cerfs.
Et dire que l'actuel président de Val-des-Cerfs a l'intention de se présenter aux prochaines élections scolaires. Misère.
Richard Plante
Chef de pupitre
La Voix de l'Est