Une autre lettre à mon ami du PQ

Salut Michel. J'espère que tu vas bien. Moi? Ah! Moi, moi, tu sais...
Non, ça ne va pas bien. C'est que je n'aime pas revenir sur ma parole comme je vais le faire. Je t'avais garanti ma loyauté mais là, j'en suis au point où je dois aussi être loyal à moi-même.
Je t'avais promis de voter pour toi et finalement, non, je ne voterai pas pour toi.
J'imagine que tu sais déjà pourquoi. Eh oui! PKP. Je ne pourrai pas voter pour le Parti québecor.
Vous avez beau essayer de me vendre l'idée que le PQ est d'abord un Parti souverainiste - ça n'a pas toujours été évident - ouvert à toutes les tendances et que, donc, pour faire le pays, il faut se regrouper. Après? Ben après, comme dirait François Legault: «On verra».
Je n'achète pas.
J'ai dit à un de mes jeunes collègues: «c'est comme si tu me demandais de marcher dans les pas de Jean-Marie Le Pen.»
- Wô! T'exagères, qu'il m'a répondu.
Ouais, évidemment que j'exagère. Le Pen, fondateur du Front national français, est raciste.
PKP n'est pas raciste. Ou alors juste un peu. Sauf que ce ne sont pas les noirs, les jaunes, les rouges ou quelque immigrant qu'il n'aime pas. Non! Pour lui, la race inférieure, c'est le travailleur, et de façon plus générale, le pauvre.
Et je t'avoue, Michel, que je rigole et que je pleure en même temps quand je vois tous ces journalistes et syndicalistes, qui hier encore pourfendaient PKP, se transformer en bobble head derrière Pauline Marois. Pathétique, mon ami.
Je vois bien qu'au sein des souverainistes, l'arrivée de M. Péladeau fait l'unanimité. Landry, Parizeau, Payette, Duceppe, name it, tout le monde est content.
Parlant d'unanimité, ça me fait penser à Kim Jong un qui, en Corée du Nord, a remporté ses élections avec 100% des voix.
Malheureusement, ça ne t'arrivera pas, Michel. Comme quelques autres, je vais voter Québec solidaire. Je vais perdre mes élections mais au moins, ça lui fera un peu de financement.
Cela dit, vous faites un bon calcul. M. Péladeau va en attirer plus qu'il en éloignera.
Sur ce, Michel, j'espère que tu ne m'en voudras pas et même que tu me comprendras. Je te souhaite quand même bonne chance et je garde pour toi le même respect que j'ai toujours eu.
Amitiés,
Richard
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Le gros trio
Une de mes nombreuses belles-soeurs, infirmière - je la prendrais bien comme médecin de famille -, qui a fini sa carrière dans l'administration, m'a assuré que le premier trio du PLQ en santé, les docteurs Couillard, Bolduc et Barrette, était là pour une seule raison: privatiser davantage le système de santé. Je vous dis ça comme ça. Moi, je n'y connais rien.
PS: Mon ami Michel du PQ, je voudrais m'excuser. Dans ma première lettre, quand j'ai parlé de PKP, ce n'était pas très bon. Ça me faisait penser à du Richard Martineau. J'hais ça quand je perds la tête.