Un incendie qui aurait pu être catastrophique

Les drames et les événements suspects, qu'ils soient catastrophiques ou sans sérieuses conséquences, ça n'arrive pas qu'ailleurs. Il s'en produit partout, y compris à Granby comme ce fut le cas samedi à l'hôpital local. D'où la nécessité pour nos services de sécurité et de santé, dont les policiers, les pompiers, les ambulanciers et le personnel des hôpitaux et centres d'hébergement, de veiller à la formation continue de leurs intervenants pour en assurer l'efficacité et de modifier, en suite logique aux événements et observations, les normes de sécurité à appliquer dans les établissements.
Fort heureusement, l'incendie survenu à l'hôpital de Granby n'a pas eu de fâcheuses conséquences. Ça s'est passé comme si on y avait fait une grosse pratique d'évacuation à en juger par les propos lus et entendus. Il n'en reste pas moins qu'on a repéré plusieurs foyers d'incendie au sous-sol, que la fumée a touché et dérangé au moins cinq services et qu'on a dû évacuer tout prêt d'une centaine de patients. Bref, ç'aurait pu être grave, beaucoup plus grave. Surtout que dans un hôpital, on est en présence de personnes dont l'autonomie est par définition réduite et dans certains cas inexistante. Et, dès lors, en plus des malades eux-mêmes, tous les proches sont inquiets.
Ceux qui ont détecté la fumée et le personnel de l'hôpital ont bien réagi. Comme s'ils avaient été préparés à affronter pareil adversité. Les pompiers, les policiers et les ambulanciers ont fait leur part. Tant mieux pour tout le monde, dont les patients et leurs proches, de même que pour l'institution qui doit, malgré quelques inconvénients, continuer à desservir les gens en quête de soins. Mais l'événement commande tout de même un examen de façon à savoir pourquoi et à cause de qui ou quoi il y a eu incendie et comment faire pour que ça n'arrive plus. Parce que ça pourrait se reproduire avec de plus sérieuses conséquences.
Dans un hôpital, des vêtements, de la literie ou d'autres articles pouvant allumer un feu, il n'y en a pas qu'à la buanderie. On en trouve sur tous les étages et dans tous les départements. Ce qui est également vrai pour les médicaments à surveiller. Et on ne peut pas constamment tout garder sous clé parce que le personnel passerait son temps à courir après les clés à moins d'avoir, dans tous les cas, un lourd trousseau à la ceinture. Et, nul ne l'ignore, les départements de services, comme les étages réservés aux patients, sont accessibles à tout le monde. On peut bien y mettre des caméras, mais il est impossible de faire suivre tous ceux qui en empruntent les corridors qui mènent à ces étages ou départements.
Un peu comme à Trois-Rivières, où une femme avait enlevé un bébé, on peut sans doute qualifier l'incendie survenu à l'hôpital de Granby de cas isolé. Et difficile d'ajouter aux règles à observer sans transformer les établissements de santé en prisons. Il faut miser sur l'observation, la détection des présences et mouvements suspects et limiter l'accès aux départements où les malades et les visiteurs n'ont pas affaire. En même temps que se méfier des individus (troublés ou non) qui peuvent mettre en danger la vie de ceux qui sont hospitalisés et de ceux et celles qui se dépensent auprès de ces derniers.
Cet incendie et la façon dont on l'a abordé et contrôlé prouvent la nécessité et les effets positifs des exercices de sécurité. La bonne volonté et les efforts ne peuvent toutefois pas assurer à eux seuls la sécurité des patients et du bien public. Il faut plus, dont la formation et la vigilance du personnel des services et des institutions. D'autant plus que dans notre société, il suffit d'un geste irréfléchi de la part d'un être troublé ou en quête de vengeance pour provoquer toute une catastrophe. Aussi, faut-il être toujours aux aguets, colmater toute brèche susceptible d'affecter la sécurité, revoir et perfectionner les techniques d'intervention parce que certains êtres sont imprévisibles et que les lieux et produits dangereux sont de plus en plus nombreux.